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Peine d'Alexandre Bissonnette : la communauté musulmane accepte le jugement

Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamique de Québec, après le prononcé de la peine d'Alexandre Bissonnette
Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamique de Québec Photo: Radio-Canada / Maxime Corneau
Fanny Samson

Plus de deux semaines après le prononcé de la peine d'Alexandre Bissonnette, les familles décimées dans l'attentat contre la grande mosquée de Québec veulent tourner la page. La décision de porter le jugement en appel ou non sera respectée.

« La justice a fait son travail et il faut vraiment qu’on soit raisonnable et qu’on accepte la décision », a affirmé lundi le président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), Boufeldja Benabdallah, au nom de la communauté musulmane de Québec.

Le 8 février, le juge François Huot a imposé une peine de prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 40 ans. Il s'agit de l’une des peines les plus lourdes jamais imposées au Canada depuis l'abolition de la peine de mort en 1976.

La décision avait suscité une vive déception dans la communauté musulmane.

« J'ai été très déçu et surpris, à un point tel que j'allais vraiment m'évanouir », avait déclaré Aymen Derbali, devenu tétraplégique après l'attentat.

Depuis, le Centre culturel islamique de Québec a déclaré que les familles et les membres de la communauté souhaitent tourner la page.

« Sur le moment, c’était un choc humain, on ne comprenait pas après six heures de lecture, ce qui était fort complexe pour nous, et imaginez les familles qui étaient déjà dans l’esprit du chagrin », souligne Boufeldja Benabdallah.

Il croit que peu importe la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCQ) de porter le jugement en appel ou non, ce sera justifié. « On s'en remet à la justice », ajoute-t-il.

Nous n’avons pas compris le dosage de la sentence qui a soufflé le chaud et le froid durant les six longues heures de présentation.

Extrait du communiqué du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ)

Pas de satisfaction ni d’insatisfaction

Les familles des victimes ne parlent ni de satisfaction ni d’insatisfaction, mais plutôt de résilience.

« Nous souhaitons tout simplement reprendre la vie normale et protéger nos enfants », peut-on lire dans le communiqué du CCIQ, qui a organisé des rencontres avec ses membres.

La communauté musulmane en profite aussi pour réclamer aux gouvernements d'adopter des mesures appropriées pour demeurer inclusifs.

Armes à feu

Le CCIQ demande également aux élus de mettre en place les moyens nécessaires pour protéger les citoyens contre les types d’armes à feu « qui ont tué et blessés » au pays.

Boufeldja Benabdallah est d'ailleurs à Ottawa afin de prendre la parole devant le comité sénatorial concernant la Loi modifiant certaines lois et un règlement relatifs aux armes à feu.

L'auteur de la fusillade avait en sa possession une arme semi-automatique qui s'est enrayée et qui aurait pu faire plus de victimes, rappelle-t-il.

« L'individu s'est présenté à la mosquée avec une arme de guerre quasiment pour tirer 50 balles [...] On veut dire aux sénateurs : imaginez si cette arme ne se serait pas enrayée, elle aurait fait un carnage. »

Il souhaite que ce type d'arme soit prohibé et que les armes de poing soient restreintes et contrôlées.

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