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L’Ontario ne veut pas davantage d'électricité québécoise

Le barrage Daniel-Johnson et la centrale Manic-5
L’Ontario a refusé la proposition d’approvisionnement énergétique d’Hydro-Québec, qui aurait notamment inclus la participation de travailleurs ontariens. Photo: iStock / melking
Hugo Lavallée

Quatre jours après avoir reçu l'appui de l'État du Maine pour ses projets d'expansion énergétique, le Québec essuie le refus de l'Ontario qui ne veut pas d'un nouvel approvisionnement en hydroélectricité.

De passage à Toronto en novembre dernier, François Legault avait proposé à son homologue Doug Ford un partenariat nouveau genre : Hydro-Québec construirait de nouveaux barrages pour produire de l’énergie destinée à l’Ontario, en échange de laquelle des travailleurs ontariens seraient invités à participer à leur construction en territoire québécois.

Le premier ministre ontarien ne s’était pas prononcé publiquement à l’époque. Trois mois plus tard, l’Ontario semble toutefois avoir fait son lit.

« Je n’ai pas l’intention de parler [avec] Hydro-Québec comme un fournisseur d’hydroélectricité pour la province de l’Ontario, a déclaré jeudi dernier en français le ministre ontarien de l’Énergie, du Développement du Nord et des Mines, Greg Rickford. Notre position maintenant est claire. »

Deux hommes assis devant des drapeaux de l'Ontario et du Québec discutentLe premier ministre du Québec, François Legault, et le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford Photo : La Presse canadienne / Chris Young

« Aucun bénéfice pour les résidents de l'Ontario »

Sollicité par Radio-Canada pour confirmer les propos de son ministre, le premier ministre ontarien Doug Ford a fait savoir, par la bouche de son porte-parole, qu’il n’était pas intéressé par la proposition de son vis-à-vis québécois.

L’offre de François Legault « ne comporte aucun bénéfice pour les résidents de l’Ontario », écrit Simon Jefferies, ajoutant que le gouvernement de l’Ontario « n’a aucune intention d’aller de l’avant avec cette proposition du Québec dans le contexte actuel ».

Le cabinet de Doug Ford blâme Kathleen Wynne. L’ancienne première ministre souhaitait acheter plus d’énergie du Québec, une mauvaise idée selon son successeur.

« Kathleen Wynne et les libéraux nous ont laissé un véritable dégât », écrit-on.

On rappelle aussi que Doug Ford a fait campagne en promettant « de ne signer aucun nouveau contrat d’approvisionnement en énergie ».

Québec ne se laisse pas démonter pour autant. La stratégie d'exportation se poursuivra, quitte à devoir se tourner vers d'autres marchés.

« Comme vous le savez, le Québec est en situation de surplus énergétiques et notre priorité est d’augmenter nos exportations et de contribuer à la lutte aux changements climatiques », a réagi le cabinet du ministre de l'Énergie, Jonatan Julien.

Des discussions sont présentement en cours avec plusieurs clients potentiels.

Quant à l'idée d'exporter vers l'Ontario, le ministre assure que « le Québec sera toujours là si nos voisins souhaitent en acheter ».

La proposition de François Legault avait été mal accueillie au Québec l'automne dernier.

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale, de même que des syndicats, avaient accusé le premier ministre de vouloir priver les travailleurs de la construction québécois de milliers de bons emplois.

Il y a deux ans, François Legault avait promis une « Baie James du XXIe siècle ». Le chef caquiste s’était engagé à augmenter de façon importante les exportations d’hydroélectricité dans les provinces voisines, ainsi qu’aux États-Unis, afin de faire d’Hydro-Québec « le producteur d’énergie le plus important dans le nord-est de l’Amérique ».

Avec la collaboration d’Ève Caron

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