•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Défi 28 jours : quand la bière sans alcool a la cote

Défi 28 jours : quand la bière sans alcool a la cote
Radio-Canada

En février, plus de 10 000 Québécois ont laissé de côté leur boisson alcoolisée préférée pour relever le Défi 28 jours. Plusieurs d'entre eux ont malgré tout savouré une bière froide... sans alcool. L'engouement profite aux brasseurs qui estiment que leurs produits non alcoolisés ont désormais la cote à longueur d'année.

Il y a à peine deux ans, la microbrasserie Le BockAle, à Drummondville, s’est lancée dans la production de bière sans alcool.

Depuis, les ventes de ces produits ont connu une croissance soutenue. Elles représentent désormais 75 % du chiffre d'affaires de l'entreprise.

Les études nous disaient que c'était un marché en très grande croissance, indique le copropriétaire, Michael Jean. On a décidé de revirer notre stratégie pour concentrer l'ensemble de notre marketing sur les bières sans alcool. On a développé plusieurs nouveaux produits.

L’an dernier, en plein Défi 28 jours, Le BockAle a même été victime de son succès. L’entreprise s’est retrouvée à sec; la demande était trop importante.

On a été pris les culottes à terre, se souvient le copropriétaire.

Cette année, il n’était pas question de vivre un autre problème d'approvisionnement. Dès le mois de décembre, la cadence de production a été accélérée afin de faire des réserves pour traverser le mois de février sans pépin.

On s’attendait à un mois de janvier et février rock and roll et c’est vraiment ce qu’on a vécu. C’est certain que le Défi 28 jours n’est pas étranger à notre succès.

Michael Jean, copropriétaire de la microbrasserie Le BockAle

Le pari a aussi été gagnant pour les commerces qui ont accepté de faire une place sur leurs tablettes aux différentes bières sans alcool du Québec et d’ailleurs.

Il y a une semaine où j’ai été à sec. J’ai manqué de stock. Je me suis dit qu’il fallait réagir. Je pourrais estimer que j’ai probablement doublé mes ventes depuis le début de l’année pour ce type de bières, avance Émile Cardinal, le propriétaire du Vent du Nord, un commerce spécialisé en produits de microbrasserie.

Il est penché au-dessus de ses installations.Le copropriétaire de l'entreprise, Michael Jean (à gauche) dans la salle de brassage de la microbrasserie BockAle. Photo : Radio-Canada

Au-delà des 28 jours

Un autre constat s'impose : l’engouement pour la bière sans alcool ne se limite plus exclusivement au mois de février.

Au BockAle, les clients sont au rendez-vous et pas seulement 28 jours dans l’année. Les ventes sont soutenues de janvier à décembre dans plus de 1500 points de vente au Québec.

D’ailleurs, l’entreprise vient tout juste de signer une entente pour exporter ses bières dans les Beer Store ontariens.

On croit dur comme fer à nos produits. Après l’Ontario, on vise le reste du Canada, lance Michael Jean.

Une autre raison pourrait expliquer cette popularité. Le mythe de la bière sans alcool et sans saveur s’estompe peu à peu, croit Émile Cardinal. En plus d’être moins calorique, le goût est aussi au rendez-vous ce qui permet de diversifier la clientèle.

À l’aveugle, pour des gens moins connaisseurs, ça peut même passer inaperçu. Donc oui, maintenant, ça se fait de la bonne bière sans alcool qui n’est pas insipide.

Émile Cardinal, propriétaire du Vent du Nord

Le créneau du non alcoolisé reste encore peu développé au Québec, les joueurs sont peu nombreux, mais la compétition risque de s'accroître rapidement.

Il y a assurément un créneau à développer, Le BockAle l’a déjà fait assez tôt. Je pense qu’il y aura de la place pour d’autres joueurs. Il va y en avoir de plus en plus, croit Émile Cardinal.

Avec les informations de Marion Bérubé

Estrie

Consommation