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Une friperie pour les personnes trans ou non conformes de genre à Québec

Des vêtements sur des tables chez Divergenres

Une fois par mois, l'organisme Divergenres ouvre le Garde-robe, une friperie qui permet aux personnes trans ou non conformes de genre de garnir leur garde-robe sans se ruiner.

Photo : Courtoisie/Divergenres

David Rémillard

L'organisme Divergenres, de Québec, offre aux personnes trans ou non conformes de genre la possibilité de faire le plein de vêtements à peu de frais et sans subir de jugements grâce au Garde-robe, une friperie qui leur est réservée.

Le Garde-robe ouvre ses portes un jour par mois dans le quartier Saint-Roch.

Dans des locaux situés sur la rue du Roi, des dizaines de pièces de vêtements sont disposées sur des tables, sans section homme ou femme.

Il y a des « hauts » (robes et autres chandails), des « bas » (jupes et pantalons), mais aucune catégorie liée au sexe. Seules la taille ou la pointure sont précisées.

Les vêtements offerts sont pour la plupart des dons, qui seront ensuite « vendus » en échange d'une contribution volontaire des usagers de la friperie.

Transgenre : se dit d’une personne dont le genre ne correspond pas à celui assigné à la naissance.

Non-binaire : se dit d’une personne dont le genre n’est pas strictement « homme » ni strictement « femme » ou qui n’est aucun des deux.

Non conforme de genre : se dit d’une personne qui n’adhère pas aux normes, rôles et stéréotypes que la société associe à certains genres.

Source : Divergenres

Besoin psychologique

Chaque mois, environ une quinzaine de personnes profitent du service, selon Alexys Guay, qui se présente comme « cofondateurice » de Divergenres.

« Pour une personne en transition, le besoin est d’acheter beaucoup de vêtements, tout en même temps », explique Alexys Guay.

Cette personne souligne que les transgenres ou les non conformes de genre peuvent vivre de la détresse psychologique par le simple fait de ne pas pouvoir exprimer leur identité de genre.

« [C'est] la dysphorie de genre, qui est une détresse psychologique qui va être causée par le fait de ne pas être en accord avec ce que son corps projette ou l'extension de son corps. Ça peut être la voix par exemple. »

Si on a une garde-robe qui est plus adéquate, ça va aider à contrer la dysphorie.

Alexys Guay, de Divergenres

Toutefois, refaire une garde-robe au complet peut coûter cher, ajoute Alexys Guay, qui avance que les personnes trans ont de plus faibles revenus que la majorité de la population.

D'où l'idée d'offrir les vêtements contre un montant laissé à la discrétion de chaque visiteur.

« Ça peut être 2 $ pour une poche de linge ou 40 $. Ça dépend de la capacité financière des gens. »

Éviter les jugements

L'autre fondement du Garde-robe est de permettre à ces personnes de magasiner leur linge sans tracas, à l'abri des regards, des jugements ou d'un commentaire déplacé.

Jusqu'ici, le seul rempart, selon Alexys Guay, était « l'ouverture du vendeur ou de la vendeuse » devant le client.

« On est un peu à la merci des personnes qui sont dans le magasin. [...] Les endroits où on peut faire ça de façon sécuritaire et sans jugement, il n'y en a pas assez. »

Dans un monde idéal, Alexys Guay croit qu'il faudrait retirer les sections « homme » et « femme » des magasins.

L'approche plus « réaliste » passerait par l'éducation. « Si la société veut continuer dans une lignée binaire, ok, on garde ça côté homme et côté femme, mais on s’éduque et on s’ouvre sur la différence », plaide Alexys Guay.

Mon plus grand souhait ça serait qu’on ait plus besoin de faire le Garde-robe.

Alexys Guay

Le Garde-robe ouvrait ses portes le 24 février. Le meilleur moyen de connaître les dates d'ouverture est de vérifier auprès de Divergenres (Nouvelle fenêtre) ou par Facebook (Nouvelle fenêtre).

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Société