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Baleine noire de l’Atlantique Nord : un baby-boom porteur d’espoir

Une baleine noire de l'Atlantique Nord et son baleineau.
Une baleine noire de l'Atlantique Nord et son baleineau (au bas de l'image). Photo: La Presse canadienne / Ralph Bundy / Marineland Right Whale Project, permis de recherche #20626 de la NOAA/NMFS
Radio-Canada

Après des années de mauvaises nouvelles, une lueur d'espoir pointe à l'horizon pour la baleine noire de l'Atlantique Nord.

On sait que l’espèce est en voie de disparition. Selon les dernières estimations, il ne resterait plus que 411 baleines noires dans le monde.

Jusqu’à présent cet hiver, les chercheurs ont aperçu sept nouveaux baleineaux en compagnie de leur mère dans les eaux du sud-est des États-Unis, où les baleines noires séjournent avant de remonter vers le Canada. C’est une nouvelle réjouissante, après des années où le nombre de mortalités a dépassé celui des naissances.

Une baleine noire de l'Atlantique Nord émerge des eaux de la baie du Cap-Cod.Une baleine noire de l'Atlantique Nord dans la baie de Cape Cod, au large du Massachusetts, le 28 mars 2018. Photo : Associated Press / Michael Dwyer

Le septième baleineau a été aperçu à la mi-février, mentionne Barb Zoodsma, biologiste marine à la NOAA, l’agence américaine responsable de l’étude des océans et de l’atmosphère

De Fernandina Beach, en Floride, Mme Zoodsma souligne qu’aucun baleineau n’avait été aperçu l’hiver précédent et qu'on en avait vu à peine cinq celui d’avant, mais que la moyenne des 10 dernières années est de 17 duos mère-petit par saison. Nous ne sommes pas encore dans la moyenne, dit-elle.

L’hiver 2008-2009 a été le meilleur pour les scientifiques à l’affût de nouvelles naissances, avec 39 nouveau-nés observés.

Peut-être plus de nourriture en eaux canadiennes

Une baleine noire en santé peut donner naissance à un baleineau tous les trois ou quatre ans. En 2017, cependant, les chercheurs ont commencé à remarquer que certaines femelles ne mettaient bas qu’une fois tous les 10 ans.

Barb Zoodsma affirme que cela est attribuable à plusieurs facteurs, dont le stress causé par l’activité humaine et la difficulté à trouver des sources de nourriture.

Si les femelles n’ont pas assez à manger, elles ne vont pas se reproduire, renchérit Laurie Murison, directrice du Centre de recherche sur la vie marine de Grand Manan, au Nouveau-Brunswick.

Mme Murison avance que le nombre de baleineaux aperçus cette année est peut-être signe que les baleines noires trouvent leur nourriture en quantité suffisante dans le golfe du Saint-Laurent, où elles se dirigent une fois l’hiver terminé.

Cela nous donne un peu d’espoir que les ressources en nourriture s’améliorent, dit-elle. Aussi, beaucoup d’interactions sociales ont été observées l’été dernier dans le golfe du Saint-Laurent, alors c’est de bon augure pour la prochaine année.

Des baleines noires de l'Atlantique Nord dans la baie du Cap-Cod le 10 avril 2008.Des baleines noires de l'Atlantique Nord dans la baie de Cape Cod en avril 2008. Photo : Associated Press / Stephan Savoia

Mesures pour protéger la baleine noire cette année

Victime, entre autres, de collisions avec des navires ou d’enchevêtrement fatal dans des cordages de pêche, la baleine noire de l’Atlantique Nord vient de traverser une dure période marquée par un nombre inhabituellement élevé de mortalités, rappelle la biologiste américaine Barb Zoodsma. Elle espère que d’autres baleineaux seront observés d’ici la fin de la période de mise bas, vers la mi-avril.

En 2017, pas moins de 17 baleines noires de l’Atlantique Nord avaient été trouvées mortes dans les eaux canadiennes et américaines, dont 12 dans le golfe du Saint-Laurent.

D’importantes mesures de conservation de l’espèce ont ensuite été mises en place, comme la limitation de la vitesse des navires et la fermeture de zones de pêche. Aucune mort attribuable à l’activité humaine n’a été signalée en 2018 dans les eaux canadiennes.

En 2019, la zone fermée à la pêche dans le golfe du Saint-Laurent afin de protéger la baleine noire sera 63 % plus petite.

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouvelle-Écosse

Protection des espèces