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Stanley Donen, le réalisateur de Chantons sous la pluie, est mort

Stanley Donen serre sa statuette contre sa joue lors de la cérémonie des Oscars, le 23 mars 1998.
Le réalisateur a reçu en 1998 un Oscar des mains de Martin Scorsese pour l'ensemble de son œuvre. Photo: Reuters / Sam Mircovich
Agence France-Presse

Il était une des dernières figures de l'âge d'or hollywoodien. Stanley Donen, mort jeudi à 94 ans, a révolutionné la comédie musicale en faisant grimper Gene Kelly aux lampadaires dans Chantons sous la pluie et danser Fred Astaire sur le plafond d'une chambre d'hôtel dans Mariage royal.

L'ancien danseur et chorégraphe avait, en 1998, reçu un Oscar des mains de Martin Scorsese pour l'ensemble de son œuvre « marquée par la grâce, l'élégance, l'humour et l'innovation visuelle » d'un genre regardé aujourd'hui avec nostalgie.

Le maître de la joie de vivre à l'écran, alors âgé de 73 ans, avait effectué quelques pas de claquettes avec la statuette d'or contre la joue, face à un parterre de célébrités l'applaudissant à tout rompre.

« Toutes ces comédies musicales appartiennent au passé », avait-il dit au New York Times en 1996. « Si l'on retournait aujourd'hui la scène où Gene Kelly danse sous la pluie, il regarderait partout autour de lui de peur d'être arrêté par la police. »

Né le 13 avril 1924 à Columbia, en Caroline du Sud, Stanley Donen trompe son ennui en dansant et en fréquentant très jeune les salles de cinéma où la vie lui semble plus belle. À 9 ans, il découvre Fred Astaire emportant Ginger Rogers dans la danse endiablée de Carioca (1933). L'acteur devient son idole.

Le petit garçon commence par danser en cachette, puis obtient de ses parents de s'inscrire à un cours. À 16 ans, il quitte Columbia pour New York avec l'espoir de faire de la danse son métier. Il fait ses débuts à Broadway en 1940 dans la distribution de Pal Joey. La vedette du spectacle est alors Gene Kelly.

Duo avec Gene Kelly

Gene Kelly se tient à un lampadaire en chantant sous la pluie.Gene Kelly dans une scène de « Chantons sous la pluie » Photo : MGM

À eux deux, ils vont faire sortir la comédie musicale des salles de spectacle, car ils souhaitent montrer que l'on peut exprimer joie ou chagrin par des pas de danse et des ritournelles qui échappent à la pesanteur du quotidien.

En 1949, ils réalisent ensemble Un jour à New York. Très moderne pour l'époque, cette comédie musicale, qui se déroule en extérieur pour la première fois ou presque, marque une évolution du genre qui était en train de passer de mode.

Stanley Donen n'a que 28 ans lors de la sortie en salles de Chantons sous la pluie, en 1952. Le duo se réunit par la suite une dernière fois avec un troisième film intitulé Beau fixe sur New York, cosigné en 1955.

« Donen a amené la comédie musicale dans une direction brillante et personnelle : non seulement il a osé transposer des habitudes des studios à l'extérieur, mais il a également été capable de filmer avec la même liberté qu'en intérieur », estime l'historien du cinéma David Thomson.

Des films personnels

Le réalisateur signe ensuite des films plus personnels : le fluide et poétique Donnez-lui une chance (1953), le western chanté Les sept femmes de Barbe-Rousse (1954), et Drôle de frimousse (1957), avec Audrey Hepburn et Fred Astaire.

Dans le registre de la comédie, Stanley Donen s'illustre avec Charade (1963), mettant en vedette Audrey Hepburn et Cary Grant, et Arabesque (1965). Ces deux films combinent intrigue à rebondissements et style volontairement artificiel.

Il signe par la suite trois films personnels : Voyage à deux (1967), la parodie de Faust Fantasmes (1967) et L'escalier (1969), qui porte sur l'effritement d'un couple homosexuel. Ses réalisations se raréfient par la suite. Après La faute à Rio, en 1984, il se retire du cinéma.

Père de trois garçons, il a été marié cinq fois et a vécu une brève idylle avec Elizabeth Taylor. Son décès a été confirmé samedi au journal Chicago Tribune par l'un de ses fils.

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