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Le Collège des médecins reconnaîtra les diagnostics des infirmières spécialisées

Le reportage de Michel Marsolais
Radio-Canada

Le Collège des médecins du Québec fait volte-face et accepte que les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) posent des diagnostics médicaux, a-t-il fait savoir samedi matin.

Dans un communiqué, le Collège indique que les membres de son conseil d'administration ont adopté vendredi une résolution « qui aura pour effet d'améliorer l'accès aux soins en modifiant sa position à l'égard du diagnostic ».

Selon cette résolution, les IPS « seront autorisées à diagnostiquer les problèmes de santé courants » ainsi que six maladies chroniques, soit le diabète, l'hypertension, l'hypercholestérolémie, l'asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique et l'hypothyroïdie.

Le Collège avait tenu un tout autre discours en début de semaine : alors que la ministre de la Santé, Danielle McCann, avait annoncé vouloir miser sur les IPS pour désengorger le réseau de la santé en leur permettant de poser des diagnostics, l'ordre professionnel avait opposé une fin de non-recevoir.

« Poser un diagnostic, c’est complexe. Nous pensons que seuls les médecins ont les connaissances et les compétences requises pour ce faire », avait alors affirmé le président du Collège, Mauril Gaudreault.

Un projet de règlement déposé prochainement

Selon ce dernier, l'« objectif » a néanmoins « toujours été de répondre le mieux possible aux besoins de la population », a-t-il mentionné samedi.

Un projet de règlement sera déposé prochainement au conseil d'administration du Collège afin que cette orientation puisse entrer en vigueur.

De son côté, la Fédération des médecins omnipraticiens a dit par courriel « prendre acte » de la décision du Collège. Elle « analysera les impacts dans les jours à venir avec nos instances », avant de préciser que « c'est le Collège des médecins qui, au bout du compte, est l'instance décisionnelle dans ce dossier ».

La ministre McCann a pour sa part accueilli favorablement l'adoption de la résolution, évoquant « un pas important dans la bonne direction », dont les effets pourront être constatés « dans quelques mois » par la population.

Une décision saluée

Cette décision a été très bien accueillie par le milieu médical. Selon Christine Laliberté, présidente de l'Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec, cette déclaration du Collège des médecins « représente une ouverture à laquelle nous nous attendions ».

[La décision] comporte certaines balises, mais il y a une belle ouverture. Nous sommes disposées à collaborer avec le ministère, l'OIIQ [Ordre des infirmières et infirmiers du Québec], qui est notre ordre professionnel, et le Collège des médecins pour échanger sur le sujet et voir comment l'ensemble des infirmières praticiennes pourront faire la différence auprès de la population.

Christine Laliberté, présidente de l'Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec

Le président de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Luc Mathieu, a quant à lui évoqué « une ouverture sans précédent qui va avoir un impact sur les soins au Québec ».

Ce dernier, qui était à la table des discussions avec le Collège des médecins, estime lui aussi qu'il est important de poursuivre les pourparlers afin, à l'avenir, de sortir de la logique « des listes de diagnostics ». La pratique de la médecine et des soins infirmiers évolue constamment, a-t-il spécifié.

Sur son compte Twitter, l'ancien ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a affirmé que « cette avancée majeure » a été obtenue par le gouvernement libéral « parce que j'avais menacé [le Collège des médecins] de légiférer ».

« J'ai fait mûrir le fruit. Il tombe maintenant et c'est bien ainsi. Même menace, même résultat. J'ai toujours dit que ça prenait deux mandats pour terminer ma réforme », a-t-il écrit.

Plusieurs élus de la Coalition avenir Québec (CAQ) ont salué eux aussi cette décision sur les réseaux sociaux. « Quelle bonne nouvelle », a souligné la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. « Bravo », a déclaré le député Lionel Carmant.

Le Québec était l'une des seules provinces du pays où les infirmières praticiennes ne pouvaient pas poser de diagnostic médical de façon autonome. En Ontario, par exemple, quelque 3000 infirmières praticiennes spécialisées peuvent entre autres gérer des cliniques indépendantes.

Avec les informations de La Presse canadienne

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