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Les francophones de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick veulent maintenir la pression

Une foule avec des pancartes contre les politiques.
Les positions du premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, au début de son mandat, ont réveillé la fierté francophone partout au pays. Photo: La Presse canadienne / PATRICK DOYLE
Julien Sahuquillo

Après les vives mobilisations, en 2018, pour défendre les services en français attaqués en Ontario et au Nouveau-Brunswick par leurs gouvernements, les francophones des ces provinces continuent de se battre pour défendre leurs droits et s'organisent.

En Ontario, rien n’est encore joué. Pour le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, il faut encore se battre.

Pour sauver le projet d’université en français mis à mal par le gouvernement de Doug Ford, les Franco-ontariens ont obtenu le soutien du gouvernement fédéral pour financer la moitié du projet.

« Le fédéral est prêt à financer les quatre premières années de l’université. Ça devrait permettre au gouvernement provincial d’assainir ses finances comme voulu », explique Carol Jolin.

Le gouvernement Ford doit encore formuler une demande officielle au fédéral pour obtenir les 50 % du financement proposé par Ottawa.

« On pousse le gouvernement pour faire cette demande et on est dans l’attente du budget [provincial] qui va être présenté au début du mois d’avril », affirme Carol Jolin.

Concernant la perte d'autonomie du commissaire aux langues officielles de l'Ontario, l’AFO a fait appel à deux firmes d’avocats spécialisées en droits linguistiques pour étudier les recours judiciaires possibles.

« Le commissaire est très proactif pour le développement des services en français. On veut faire valoir qu’avec la Loi 57, on perd cette proactivité du commissaire », argumente Carol Jolin.

Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement a reculé face à la remise en question du bilinguisme des services d’ambulance. Pour le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Robert Melanson, ce n’est pour autant pas la fin du combat.

« Dans notre province, ils vont continuer à s’attaquer à nous, mais ça va être sournois. On va trouver toutes sortes de façons de détourner la loi, trouver toutes sortes de prétextes pour nous accuser », assure-t-il.

L’égalité c’est l’égalité, il n’y a pas de question économique dans l’égalité.

Robert Melanson, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick

Robert Melanson rappelle que les droits des Acadiens au Nouveau-Brunswick sont protégés par la constitution canadienne. Selon lui, cette particularité rend leurs acquis plus solides qu’ailleurs.

« Pour l’instant, on n’a perdu aucun droit, et ils ne pourront pas. S’ils essaient, on les traînera en justice, mais c’est du temps perdu. C’est du temps qu’on n’investit pas dans le développement économique du bilinguisme », regrette-t-il.

Miser sur la solidarité

Les francophones des deux provinces ont connu une forte mobilisation de l’opinion publique en faveur de leur combat. Pour les responsables des organismes francophones, il faut continuer à alimenter cette solidarité.

On demande aux gens d’afficher les couleurs francophones. Le but c’est de peindre la province en vert.

Carol Jolin, président de l’assemblée de la francophonie de l’Ontario

L’AFO prévoit également d’avoir un crieur qui irait lire un manifeste dans les principales villes de l’Ontario.

À la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, le président Robert Melanson regrette que les représentants politiques ne s'opposent pas plus aux discours anti-services bilingues.

« Il faut qu’on remette les pendules à l’heure et qu’on serve un contre discours. Il faut conscientiser et trouver une façon de rendre les politiciens du Nouveau-Brunswick responsables », souligne-t-il.

Selon lui, il faut gagner l’appui des anglophones. « On a commencé à organiser des forums où on invite la communauté anglophone pour avoir des conversations réelles », donne-t-il en exemple.

Il ajoute qu'il est nécessaire que les anglophones comprennent ce que le bilinguisme peut leur apporter et qu'ils le « définissent d'eux-mêmes ».

« Le bilinguisme, ce n'est pas que la langue. C'est un contrat social entre les deux communautés », conclut-il.

Manitoba

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