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Entre symbiose et choc culturel : Hubert Lenoir revient sur son triomphe en France

Noir et blanc. Le chanteur se penche et prend appui sur les mains de ses admirateurs.
Hubert Lenoir en concert Photo: Radio-Canada / Mathieu Catafard
Radio-Canada

Au début du mois, Hubert Lenoir s'envolait pour la France afin d'y donner sa première série de cinq spectacles, en même temps qu'il lançait Darlène de l'autre côté de l'Atlantique. Salles combles, spectacles électrisants et choc culturel : l'artiste de Québec revient sur une épopée « vraiment malade », selon ses dires.

Un texte de Justine de l’Église

Après avoir effectué un crochet à Montréal le temps d’enflammer le Quai des Brumes, dimanche dernier, Hubert Lenoir est pour l’instant à Québec. Ce bref hiatus lui offre un peu de temps pour se consacrer à la création.

Déjà en mars, il s’envolera pour une série de premières fois, à commencer par un spectacle à Tokyo, puis au Texas, où il jouera au festival South by Southwest (SXSW). Il se rendra ensuite à Toronto pour assister au gala des prix Juno, où il est en nomination dans trois catégories, dont celle de l'album de l’année. Ce ne sont pas des jours tranquilles pour l’auteur-compositeur-interprète flamboyant, dont la carrière a démarré sur les chapeaux de roues, il y a à peine un an.

Succès français

Déjà, l’étendue de son succès est évidente; du moins, c’est ce qu’on peut retenir de son passage chez nos cousins français.

C’est cliché à dire, mais c’était vraiment au-delà de mes attentes. C’est vraiment malade.

Hubert Lenoir

Il parle des salles pleines, du public qui chante chaque parole de chaque pièce, de l’ambiance survoltée de La Boule Noire, à Paris, et de la foule « vraiment, vraiment hot » à Belfort, où le Québécois partageait la scène avec le groupe de post-punk new-yorkais Bodega.

Les médias français lui ont également déroulé le tapis rouge. En janvier, il faisait déjà la une des Inrocks, « Nos espoirs 2019 ». Puis, France Info a parlé d’un « personnage fascinant » dont la scène française avait « décidément bien besoin ». De plus, RFI Musique lui prédit une « conquête radieuse », TV5 Monde le décrit comme « une véritable bête de scène », et la liste est encore longue.

La couverture du magazine montre les trois artistes de la relève assis côte à côte sur un fond bleu. Hubert Lenoir a fait la une des Inrockuptibles, aux côtés de Vendredi sur Mer et de Lean Chihiro. Photo : Couverture des Inrockuptibles

Vous pouvez le questionner sur ce sujet, mais cela l’intéresse peu.

Ce n’est pas intéressant à commenter. C’est sûr qu’on peut s’intéresser au fait que je suis dans les magazines, mais je trouve que cette discussion-là est un peu plate, des fois.

Hubert Lenoir

On fait juste parler de “ouais, c’est big”, “ouais, je suis big”. Ce n’est pas vraiment là que je retire une satisfaction, précise-t-il.

La symbiose, de Longueuil à Paris

Ce qui le fait vibrer, c’est plutôt le sentiment de « perpétuer le travail déjà entamé avec Darlène », ce « goût de faire quelque chose de grandiose ». Et ce sentiment, il l’atteint dans la parfaite symbiose qu’il ressent avec le public, que ce soit à Longueuil ou à Paris .

Chaque humain est différent, mais il y a une espèce de truc universel avec la musique, la communion, qui fait que pour chaque personne, peu importe le bagage culturel, quand le spectacle commence, ça fait les mêmes effets.

Hubert Lenoir

Les réflexes sont les mêmes, dit-il.

Cela est d’autant plus important que, du côté de la langue, Hubert Lenoir note que la communication avec les Français achoppe souvent.

Je ne comprends rien de ce qu’ils disent, et ils ne comprennent rien de ce que je dis. La pire chose, c’est communiquer avec un Français. Je déteste. J’aime 10 fois mieux parler avec un anglophone, tranche-t-il.

La différence pour lui est culturelle, bien plus que langagière. C’est dans le sens de l’humour, les niveaux de langage et la façon d’aborder les conversations qu’il perd ses repères.

Ce petit choc culturel lui a fait réévaluer l’importance de la langue dans la définition de son identité, et lui fait dire que finalement, « la langue, ce n’est tellement rien ».

Gros plan. Hubert Lenoir chante de profil. Juste à côté de l'anneau qu'il porte à l'oreille, on voit le mot inscrit en crayon noir sur sa joue.Hubert Lenoir Photo : Radio-Canada / Mathieu Catafard

Je pense que je suis plus attaché à ce que je suis en tant que Québécois et Nord-Américain. Si j’essaie de savoir d’où je viens et c’est quoi mes racines, c’est bien plus ça que de parler français. C’est sûr qu’il y a crissement (sic) du monde qui ne va pas m’aimer de dire ça, croit-il, d’où la nécessité de la musique pour abattre les barrières et rallier les personnes.

Pour Hubert Lenoir, la communion se poursuivra encore dans les prochains mois. En plus des spectacles nommés précédemment, il jouera dans plus d’une dizaine de festivals européens cet été. Puis, il y aura cette petite tournée en France, en Belgique et en Suisse en avril, et encore une dizaine de concerts au Québec, pour l’instant.

L'année 2019 ne sera pas reposante pour l'autoproclamé « French Canadian nightmare ».

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