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Financement du transport en commun : Gatineau partage les craintes de Québec

Esquisse du projet de train léger de la Ville de Gatineau

Ottawa doit financer le projet de train léger sur rail de Gatineau à la hauteur de 800 millions de dollars.

Photo : Société de transport de l'Outaouais

Louis Gagné

Après le tramway du maire Labeaume, le projet de train léger sur rail de la Ville de Gatineau pourrait à son tour faire les frais de la mésentente entre Québec et Ottawa sur le financement du transport en commun.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, invite les deux gouvernements à s’entendre le plus rapidement possible sur l’utilisation des subventions fédérales dédiées aux projets de transport collectif.

Il affirme que sa municipalité a déjà pris des engagements financiers à l’égard de son train léger sur rail, convaincu que l’argent des deux paliers supérieurs de gouvernement suivrait.

« Non seulement on n'arrive pas, mais on dépense déjà. Nous, on fait [pour] 2 millions d'études, on va avoir d'autres études qui s'en viennent. Donc, on se met la main dans le tordeur, on dépense puis on ne sait pas si à la fin, on va avoir le montant suffisant », déplore le maire.

C'est un message assez fort à Ottawa puis à Québec : "Arrangez-vous […] pour qu'on puisse faire ces grands projets-là qui sont nécessaires pour tout le monde."

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Divergence

Québec et Ottawa ne s’entendent pas sur la répartition des subventions fédérales en infrastructures. Le gouvernement Trudeau met deux fonds à la disposition du Québec pour l’aider à financer ses projets.

La première enveloppe de 5,2 milliards de dollars est dédiée au transport en commun. Comme l’argent est versé en fonction de la densité de la population et de l’achalandage dans les réseaux de transport publics, Montréal se retrouve avec la part du lion.

Maxime Pedneaud-Jobin répond aux questions des journalistes lors d'une mêlée de presse au Centre de congrès et d'expositions de Lévis le 22 février 2019.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Photo : Radio-Canada

Québec recevra 400 millions de dollars de ce fonds pour financer son tramway, tandis que Gatineau aura droit à un peu moins de 200 millions pour son train léger sur rail.

Dans les deux cas, ces montants sont nettement inférieurs aux sommes promises par Ottawa : 1,2 milliard pour Québec et 800 millions pour Gatineau.

Pour combler le manque à gagner, Ottawa propose au gouvernement Legault de puiser dans l’enveloppe fédérale dédiée aux infrastructures vertes, laquelle contient une somme de 1,8 milliard réservée pour les projets du Québec.

« C’est prévu comme ça »

Le gouvernement Legault s’y oppose, arguant que cet argent doit servir à financer différents projets en région tels que la construction d’usines de biométhanisation ou l’installation de bornes de recharge pour les voitures électriques.

Il demande à Ottawa de réduire la part de l’enveloppe de 5,2 milliards allouée à Montréal afin de pouvoir en donner davantage aux villes de Québec et Gatineau.

Le ministre fédéral de l'Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, refuse toutefois de revoir les modalités d’allocation des fonds.

« Ce dont on parle aujourd'hui, ce n'est rien de nouveau. C’est prévu comme ça. C’était pensé comme ça dans les programmes. C’est la même chose qu’on a faite en Ontario. C’est la même chose qu’on fait en Alberta », a déclaré M. Champagne, jeudi, en entrevue à Radio-Canada.

François-Philippe Champagne, en studio

François-Philippe Champagne, ministre fédéral des Infrastructures et des Collectivités

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Unis face à Québec et Ottawa

Réunis à Lévis pour une réunion du conseil d'administration de l'Union des municipalités du Québec, les maires des grandes villes ont fait front commun, vendredi, pour exiger que les deux paliers de gouvernement supérieurs investissent davantage dans le transport en commun. Ils refusent d’opposer les projets des uns à ceux des autres.

« C'est sûr qu'on ne prendra pas moins d’argent à Montréal […] mais il n'est pas question qu'on tire chacun sur notre bout de la couverte. Chacun a le droit d’avoir des projets de transport collectif structurants », a tonné la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Il faut être solidaires et demander aux gouvernements supérieurs d'investir davantage.

Valérie Plante, mairesse de Montréal
Valérie Plante répond aux questions des journalistes lors d'une mêlée de presse au Centre de congrès et d'expositions de Lévis le 22 février 2019.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante

Photo : Radio-Canada

Si les gouvernements veulent prouver qu’ils sont sérieux dans leur volonté de réduire les gaz à effet de serre et d’encourager le transport collectif, ils doivent délier les cordons de leur bourse, insiste Valérie Plante.

«  On est cassés  »

Le maire de Gatineau abonde dans le même sens. Maxime Pedneaud-Jobin rappelle que les municipalités n’ont pas les moyens de financer à elles seules les réseaux structurants de transport en commun.

Il mentionne que le gouvernement du Québec dispose d’importants surplus budgétaires et qu’« Ottawa a beaucoup d’argent ».

« Eux ont de l'argent. Nous autres, on est cassés [et] ce n'est pas le monde municipal qui est capable de payer [des] milliards pour le transport en commun », insiste le maire de Gatineau.

Avec les informations d’Olivier Lemieux

Transport en commun

Politique