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De travailleurs étrangers à citoyens de la Beauce

Les 32 travailleurs devant les bureaux de la municipalité de Vallée-Jonction.

Les 32 travailleurs vont commencer à travailler la semaine prochaine.

Photo : Radio-Canada / Marie Maude Pontbriand

Marc-Antoine Lavoie

Venus prêter main-forte à l'usine Olymel de Vallée-Jonction depuis maintenant un an, une centaine de travailleurs temporaires de l'île Maurice et de Madagascar s'intègrent tranquillement au petit village beauceron de 2000 résidents. Un processus qui a entraîné son lot de défis.

Embauchés à la suite de missions de recrutement, les 119 nouveaux travailleurs d'Olymel arrivent au pays en vagues successives depuis mars 2018.

Jusqu'à présent, 97 travailleurs immigrants se sont ajoutés au petit village du sud de Québec où ils construisent petit à petit leur nouvelle vie.

Je me disais que ça allait être super dur et super difficile. Ç'a été le cas.

Lisley Jean-Michel Anicet, nouveau travailleur chez Olymel

Lisley Jean-Michel Anicet évoque ainsi les différents efforts d'adaptation qu'il faut faire dans un nouveau pays, mais surtout dans une région qui n'a pas l'habitude d'accueillir de nouveaux arrivants.

L'homme de 33 ans et sa conjointe Marie Jefanie se sont établis dans un petit appartement de Vallée-Jonction depuis un peu plus de 6 mois.

«  Il faut être combatif  »

En dehors de son travail à l'usine de transformation de porc, Lisley Jean-Michel occupe une partie de son temps à la salle d'entraînement de Sainte-Marie dans le village voisin.

C’est une façon pour lui de décompresser, mais aussi de s'intégrer à son nouveau mode de vie beauceron.

Lisley Jean-Michel Anicet fait des exercices physiques.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lisley Jean-Michel Anicet occupe une partie de son temps dans une salle d'entrainement de Sainte-Marie.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Il compare son intégration à l'entraînement physique. Atteindre un objectif ne se fait pas sans effort. Il doit notamment s'adapter à son horaire de travail, développer de nouvelles amitiés et se déplacer sans voiture dans une région rurale.

« J'avais déjà préparé mon mental à ça. Je pense que dans la vie, il faut être combatif. Peu importe les problèmes, il faut pouvoir les surmonter jusqu'à ce qu’on arrive à un point d'adaptation et que tout devienne normal », philosophe M. Anicet.

La recherche d’une vie meilleure

Les nouveaux travailleurs permettent à Olymel de surmonter la pénurie de la main-d’œuvre et ainsi poursuivre la production sur deux quarts de travail, de jour comme de soir.

L'usine Olymel de Vallée-Jonction en Beauce.                 Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les nouveaux travailleurs permettent à Olymel de poursuivent la production sur deux quarts de travail, de jour comme de soir.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Cette carrière leur offre en échange l'occasion de refaire leur vie ici et l'espoir qu'un jour, leur permis de travail temporaire se transforme en résidence permanente. Un rêve que caresse la majorité d'entre eux.

À 28 ans, Marie Véronique André a décidé de ne pas suivre la trace de ses parents mauriciens. Confrontée à la pauvreté à l’île Maurice, elle rêvait de jours meilleurs au Canada.

Marie Véronique André à la chorale de Vallée-Jonction.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La chorale est un moment de détente pour Marie Véronique André.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

La jeune travailleuse a réussi à se faire des amis, notamment en intégrant la chorale de la paroisse.

La chorale, c'est un moment de détente. J'adore me sortir du monde du travail. Ça me permet de connaître un peu de monde aussi.

Marie Véronique André, travailleuse immigrante chez Olymel

S'apprivoiser

Il y a un an, l'annonce de l'embauche des travailleurs temporaires avait créé une certaine méfiance en Beauce, une méfiance qui maintenant s'est dissipée. De la sensibilisation a été effectuée, notamment pour informer la population sur les besoins en main-d'œuvre.

Marie Véronique affirme toutefois que les échanges qu'elle a avec les autres citoyens traitent régulièrement de son origine.

Sans laisser place au racisme, sa présence en Beauce suscite la curiosité. « Il faut toujours s'expliquer pourquoi on est ici. Tous les jours, c'est comme ça », relate-t-elle.

Marie Véronique André est à l'église de Vallée-Jonction.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'arrivée d'une centaine de travailleurs étrangers n'est pas passée inaperçue en Beauce.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Lisley Jean-Michel croit pour sa part que cette curiosité est normale et qu’il faut laisser aux Beaucerons le temps d’apprendre à les connaître.

C'est important de faire le pas et d'aller vers eux. On ne connaît pas le pays. Ce sont les meilleures personnes pour nous guider et nous aider.

Lisley Jean-Michel Anicet

L’épicier du village fait partie des citoyens qui ont participé à l'accueil des travailleurs. Après un an à les côtoyer, Sylvain Roy croit que la région en tire une expérience positive.

« Il n’y a pas de différence. C'est vraiment comme si ça fait longtemps qu'ils sont ici », commente-t-il.

Le village de Vallée-Jonction.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Beauce gagne tranquillement le cœur de ses nouveaux arrivants.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

La nature qui réchauffe le cœur

Plus éloignée des grands centres urbains, la Beauce, avec sa nature, sa tranquillité et son hiver rude, gagne tranquillement le cœur de ses nouveaux arrivants.

Les saisons qui défilent devant eux, leur permettent de vivre aujourd’hui de nouvelles expériences qui deviendront leurs souvenirs de demain.

« Des camarades à mon travail m'ont fait connaître le spa, le spa d'hiver! Il y a de la neige tout autour et on est dans l'eau chaude. C'est fantastique! », évoque avec enthousiasme Marie Véronique, bien étonnée d’avoir apprécié cette habitude québécoise qui lui semblait bien étrange auparavant.

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