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La fin du monde, version Ballet de l’Alberta

Des danseurs devant une planète en feu.
La musique de « Caelestis », signée Andrew Staniland, est la première partition orchestrale composée pour le Ballet de l'Alberta. Photo: Ballet de l'Alberta
Maud Cucchi

Trois chorégraphies en une soirée avec, en toile de fond, des jeux vidéo et la fin du monde. C'est ce que propose le Ballet de l'Alberta à l'auditorium Jubilee d'Edmonton jusqu'au 23 février.

Le menu en trois services mise sur la danse fusion et l’efficacité des chorégraphies qui ne dépassent pas la demi-heure. La soirée s’ouvre comme on allumerait sa console PlayStation, avec la musique du jeu Infamous et l’écriture chorégraphique énergisée de Wen Wei Wang.

À l’épreuve du plateau : les danseurs chevronnés du Ballet de l’Alberta, catapultés sur scène comme des héros Marvel. Futureland amorce la soirée en plaçant la barre haut, indique le directeur artistique du Ballet de l’Alberta, Jean Grand-Maître, qui a concocté ce programme triple avec deux reprises et une chorégraphie inédite.

Des danseurs alignés sur une scène sous une lumière plongeante. Dans « Futureland », Wen Wei Wang imagine une chorégraphie inspirée des jeux vidéo. Photo : Ballet de l'Alberta

« Wen Wei Wang développe une danse très dynamique, organique et en même temps d’une énorme souplesse », précise M. Grand-Maître. Une trentaine de danseurs sur scène sont soumis aux influences aussi variées que les arts martiaux, la danse contemporaine et les pas classiques, qui font l’illustre signature du chorégraphe chinois établi à Vancouver.

C’est l’une des chorégraphies les plus physiques et précises jamais exécutées par nos danseurs.

Jean Grand-Maître, directeur artistique du Ballet de l'Alberta

Trou normand

Entre deux pièces à l’énergie explosive, le directeur artistique a choisi d’insérer « un sorbet » intermédiaire. Un ballet plus intimiste et lyrique créé pour sept danseuses de la compagnie, toutes des étoiles très expérimentées. Sixth Breath convoque les pointes et les matières soyeuses, mais revendique aussi une ligne athlétique.

Quatre danseuses étoiles sur une scène. La pièce « Sixth Breath », de Christopher Anderson, met en scène sept danseuses du Ballet de l'Alberta. Photo : Ballet de l'Alberta

Cette parenthèse enchantée a été confiée au directeur associé de la compagnie, Christopher Anderson, qui dévoile sa chorégraphie en première aux spectateurs albertains.

Rarement les ballets ne sont consacrés qu’aux femmes.

Jean Grand-Maître, directeur artistique du Ballet de l'Alberta

Dessert au goût apocalyptique

Jean Grand-Maître reconnaît, non sans gourmandise, s’être « payé la traite » avec Caelestis. La chorégraphie est issue d’une commande que le Centre national des Arts à Ottawa a passée à des chorégraphes et des compositeurs canadiens pour souligner le 150e anniversaire de la Confédération. Le Ballet de l’Alberta avait pu repartir avec une partition inédite pour orchestre, composée expressément pour lui en 2017.

Notre toute première oeuvre orchestrale en 53 ans d’existence.

Jean Grand-Maître, directeur artistique du Ballet de l'Alberta
Des danseurs courbés en arrière sous un globe lumineux Dans « Caelestis », le chorégraphe Jean Grand-Maître imagine la fin de l'humanité, dissoute dans l'univers technologique. Photo : Ballet de l'Alberta

L’occasion valait bien une chorégraphie « céleste » et ambitieuse à la hauteur de l’événement. Caelestis nous plonge dans un univers interstellaire qui embrasse l’histoire de l’humanité : du début des temps et des premières peintures rupestres à la projection pixelisée de la vitesse numérique. Le thème? La dissolution de l'humanité dans l'univers technologique.

Jean Grand-Maître s’est éloigné de ses ballets narratifs pour oser une écriture plus abstraite, mais pas moins engagée. Le spectacle s’achève sur une image de désolation qui rappellera à certains spectateurs les étés albertains.

Edmonton ressemblait à Blade Runner à cause des feux en Colombie-Britannique.

Jean Grand-Maître, directeur artistique du Ballet de l'Alberta

Une dernière danse céleste avant la fin du monde, en somme.

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