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Juan Guaido dit avoir été aidé par l'armée vénézuélienne

Juan Guaido parle au micro.

Le président chilien, Sebastian Pinera (à gauche), et le président colombien, Ivan Duque, entourent le chef de l'opposition vénézuélienne, Juan Guaido, lors de la conférence de presse de ce dernier à Cucuta, en Colombie.

Photo : Reuters / Edgard Garrido

Radio-Canada

Le chef de l'opposition vénézuélienne Juan Guaido, qui s'est déclaré président par intérim le mois dernier et a été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays, affirme que l'armée vénézuélienne a « participé » à l'opération qui lui a permis d'arriver vendredi à Cucuta, en Colombie.

Juan Guaido est sous le coup d’un ordre judiciaire qui lui interdit de quitter le pays, chose qui est en plus rendue difficile par le fait que le gouvernement a coupé les routes permettant de traverser les frontières.

« La question est : comment nous sommes arrivés ici aujourd'hui, alors qu'ils ont interdit l'espace aérien, tout type de traversée maritime, barré les routes? [...] Nous sommes là précisément parce que les forces armées ont aussi participé à ce processus », a déclaré Juan Guaido aux médias, aux côtés des présidents de la Colombie, du Chili, du Paraguay, ainsi que du secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA).

Peu de temps après ce point de presse, le président Nicolas Maduro a ordonné la fermeture de la frontière avec la Colombie, comme il l'a fait avec le Brésil jeudi.

Delcy Rodriguez, vice-présidente vénézuélienne, en a fait l'annonce vendredi soir sur son compte Twitter. « En raison des menaces sérieuses et illégales proférées par le gouvernement de Colombie contre la paix et la souveraineté du Venezuela, le gouvernement a pris la décision d'une fermeture totale temporaire » de tous les ponts qui relient les deux pays dans l'État de Tachira, a-t-elle expliqué.

La normalité aux frontières sera rétablie quand les actes grossiers de violence contre notre peuple et notre territoire seront sous contrôle.

Delcy Rodriguez, vice-présidente vénézuélienne

L’aide humanitaire envoyée des États-Unis entrera samedi, a pour sa part promis Juan Guaido. Cette aide s'accumule depuis le 7 février dans des entrepôts de Cucuta.

Deux morts à la frontière brésilienne

Les deux groupes sont face à face.

Des gens attendant de pouvoir entrer au Venezuela se tiennent devant la Garde nationale vénézuélienne, à la frontière entre le Venezuela et le Brésil, à Pacaraima, dans l'État brésilien de Roraima.

Photo : Reuters / Ricardo Moraes

À la suite de l'ordre de Nicolas Maduro de fermer la frontière avec le Brésil, au moins deux personnes sont mortes et plusieurs autres ont été blessées lors d'affrontements dans cette région. Les victimes tentaient d'empêcher des militaires vénézuéliens de bloquer une route permettant l'entrée d'aide humanitaire dans le pays, selon une ONG de défense des droits de la personne.

En dépit de cette décision du président vénézuélien, qui veut éviter que toute aide humanitaire envoyée par les États-Unis puisse être acheminée dans le pays et qui considère l'initiative de faire entrer cette aide comme une « provocation » et un prétexte à une intervention armée pour le renverser, le Brésil a décidé de maintenir son soutien logistique.

Il imite ainsi la Colombie, où des avions et des camions transportant des tonnes d'aide américaine sont déjà stationnés à Cucuta, du côté colombien du pont Tienditas, qui rejoint le Venezuela.

On ignore comment cette aide pourra maintenant être acheminée au Venezuela, mais selon Juan Guaido, elle franchira les frontières de son pays coûte que coûte samedi, à partir de Cucuta, mais aussi de la ville brésilienne de Boa Vista et de l'île caribéenne néerlandaise de Curaçao.

M. Guaido a exhorté les Vénézuéliens à se mobiliser en masse et à former des « caravanes » et une « avalanche humanitaire » à la frontière.

Les 50 tonnes de vivres et de médicaments qui attendent à Curaçao semblent pourtant devoir y rester. Les autorités de l'île ont empêché vendredi les opposants vénézuéliens de les charger à bord d'un navire. « Les expéditions à partir de Curaçao ne se feront que quand les autorités du Venezuela seront d'accord. En attendant, l'aide restera entreposée », a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Le président Maduro, qui nie l'existence d'une crise humanitaire, aurait de son côté reçu une cargaison d'aide de la Russie au début de cette semaine, selon les médias d'État russes.

Appel au calme de l'ONU

Devant ce bras de fer vénézuélien, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a tenté de calmer le jeu vendredi.

Il a appelé toutes les parties à « éviter la violence », un message qu'il a transmis au secrétaire d'État américain et à son homologue vénézuélien, Jorge Arreaza.

M. Guterres a aussi exhorté le Venezuela « à ne pas recourir à la force létale contre les manifestants ».

« L'ONU continuera à agir en accord avec les principes humanitaires d'humanité, de neutralité, d'impartialité et d'indépendance, en travaillant avec les institutions vénézuéliennes pour aider la population dans le besoin », a-t-il ajouté dans un communiqué publié après sa rencontre avec Jorge Arreaza.

Le chef des Nations unies a déjà fait savoir plusieurs fois son opposition à toute « politisation » de l'aide humanitaire envoyée au Venezuela.

Un concert pour chacune des factions

Une foule immense attend.

L'assistance du concert Venezuela Live Aid, à Cucuta, en Colombie.

Photo : Reuters / Luisa Gonzalez

Par ailleurs, deux concerts rivaux se sont déroulés vendredi de part et d'autre du pont Tienditas, à 300 mètres de distance l’un de l’autre.

L’événement du côté colombien, « Au secours du Venezuela » (Venezuela Aid Live), a été organisé par l'entrepreneur britannique Richard Branson, à la demande de Juan Guaido. Il visait à recueillir des fonds pour le Venezuela, où l'opposition affirme que le manque d'articles de base a laissé des milliers de personnes en danger de mort.

Les organisateurs avaient invité 32 artistes, dont les vedettes latines Rudy Mancuso, Juanes et le chanteur de Despacito, Luis Fonsi, de même que le DJ suédois Alesso.

Quelques célébrités – notamment la chanteuse et actrice américano-vénézuélienne Lele Pons ainsi que le chanteur vénézuélien Danny Ocean – de même que des politiciens ont également participé à l'événement.

« C'est un concert humanitaire. Tous les pays, tous les peuples du monde veulent la liberté », a déclaré M. Branson. « Quiconque fait quelque chose pour de bonnes raisons sera toujours critiqué, a-t-il poursuivi. Ce qui est positif, c'est que 99 % des gens dans le monde sont d'accord avec ce qui se passe ici aujourd'hui. »

Le gouvernement du président Maduro a aussi organisé son propre concert du côté vénézuélien du pont, un festival de trois jours qui s'est amorcé vendredi et qui a été intitulé « Ne touchez pas au Venezuela » (Hands Off Venezuela).

Des informations non confirmées affirment qu'environ 150 artistes doivent y participer.

Avec les informations de BBC, et Agence France-Presse

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