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Trans Mountain : soupirs de soulagement sur fond d’impatience en Alberta

Des manifestants brandissent des slogans propipelines.
Des manifestants propipelines attendaient la décision de l'ONE devant ses bureaux de Calgary vendredi matin. Photo: Radio-Canada
Simon-Pierre Poulin

L'Office national de l'énergie (ONE) a tranché vendredi : l'expansion du pipeline Trans Mountain peut aller de l'avant. Bien que des travailleurs du secteur pétrolier et gazier expriment leur soulagement, l'impatience demeure en Alberta quant à la réalisation du projet.

Devant les portes des bureaux de l’ONE à Calgary, environ 200 manifestants propipelines attendaient la décision à quelques minutes de son dévoilement.

Pascal St-Onge était l’un d’eux. « Ce pipeline-là existe déjà, a-t-il dit, on veut simplement l’agrandir. » Il avoue ne pas comprendre « pourquoi ce projet fait face à autant de barrières ».

Aucun contre-manifestant n’était présent à ce moment-là à Calgary pour lui donner la réplique.

Cette scène témoigne du discours ambiant en Alberta, une province toujours dépendante des revenus de l’industrie pétrolière. À quelques semaines des élections provinciales, des politiciens albertains de toutes les couleurs appuient la construction de ce pipeline.

La première ministre albertaine Rachel Notley s'est adressée aux médias en début d'après-midi, martelant de nouveau l'importance du projet pour l'économie albertaine et canadienne.

Je me réjouis de la décision de l’ONE, mais aussi du fait qu’elle a été prise dans l’échéancier prévu. C’est une bonne nouvelle.

Rachel Notley, première ministre de l'Alberta

« Malgré les obstacles, je demeure optimiste. Nous pouvons réaliser de grands projets pour ce pays. »

La première ministre en conférence de presse.Selon Rachel Notley, la décision de l'ONE est un « développement positif », mais pas encore une victoire. Photo : Radio-Canada

Dans les derniers mois, la première ministre a multiplié les annonces et les apparitions publiques où elle répétait que le projet Trans Mountain se réaliserait, allant même jusqu’à bénir un site de construction avec des Autochtones, pelle à la main.

Le gouvernement fédéral, lui, continue de dire qu'il s'engage à respecter le processus de consultation avec les peuples autochtones, peu importe le temps que cela prendra.

« Le gouverneur en conseil prendra une décision concernant Trans Mountain dès que nous serons convaincus que la Couronne s’est acquittée de son devoir de consulter. Nous espérons que le travail que nous accomplissons nous placera dans une position de force pour prendre une décision dans les délais prescrits par l'ONÉ », a déclaré le ministre fédéral des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi.

Pour Jason Kenney, le chef de l’opposition conservatrice provinciale, la décision de l'ONE « ne change pas grand-chose ». « Les libéraux fédéraux ont tué Énergie Est et Northern Gateway, ce qui nous rend complètement dépendants de ce seul projet » a-t-il expliqué, reprochant du même souffle à Justin Trudeau de ne pas avoir assez mis de pression sur la Colombie-Britannique.

De l'autre côté des Rocheuses, des communautés autochtones opposées au projet ont réagi à l'annonce. La chef Judy Wilson est convaincue que le feu vert de l'ONE encouragera encore davantage de mobilisation. « Peu importe ce qu'en dit l'ONE, ce projet ne verra pas le jour », a-t-elle lancé en conférence de presse.

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