•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un prince et un astronaute en expédition électrique dans les Rocheuses

Petit véhicule à la forme hexagonale devant l'hôtel MacDonald.
La pile électrique du véhicule Antarctica doit résister à des températures allant jusqu’à -50 degrés Celsius. Photo: Radio-Canada
Simon-Pierre Poulin

Une entreprise monégasque a présenté jeudi à Edmonton un prototype de véhicule électrique tout-terrain qui sera mis à l'épreuve dans les Rocheuses au mois de mars par nul autre que le prince Albert II de Monaco et l'astronaute canadien Chris Hadfield. Pourquoi choisir Edmonton? L'explication commence dans les années 1930.

À l’époque, aucune route ne traversait les sommets des Rocheuses canadiennes. Seul le train permettait aux voyageurs européens d’atteindre la côte du Pacifique. Mais qu’à cela ne tienne, le millionnaire français Charles Eugène Bedaux s'impose le défi de trouver une route à travers les montagnes.

André Citroën, père de l’entreprise du même nom, embarque dans le projet. Il fournit à l’aventurier une flotte de P 17, le plus récent modèle du constructeur automobile, dans l’espoir d’en prouver la fiabilité et la robustesse.

En juillet 1934, devant l’hôtel Macdonald, le plus chic de la jeune capitale albertaine, M. Bedaux lance enfin sa périlleuse entreprise baptisée « croisière blanche. » Son expédition le mène aussi loin que Dease Lake dans le nord de la Colombie-Britannique, à plus de 1000 km à vol d’oiseau d’Edmonton.

Or, l’expédition est particulièrement difficile : les conditions météorologiques obligent la caravane à rebrousser chemin. La mine basse, le millionnaire est contraint de revenir à l'hôtel Macdonald à cheval.

Le projet du prince de Monaco

Le 19 février 2019, plus de 80 ans après la croisière blanche, un petit véhicule électrique tout-terrain est stationné devant les grandes portes de l'hôtel. Il s’appelle Antarctica. Ce prototype à la forme hexagonale muni d’une chenille est le travail de l’entreprise Venturi Automobile basée à Monaco.

La firme a été approchée par le prince Albert II pour concevoir et construire un véhicule résistant au froid et pouvant naviguer sur les reliefs inhospitaliers de l’Antarctique. Le but est d’y utiliser le véhicule pour mener des recherches scientifiques. Le prototype est maintenant prêt pour sa première mission. Pour tester ses piles et ses pièces mécaniques, il s’engagera sur le trajet de la croisière blanche.

Durant la première semaine du mois de mars, le prince de Monaco, l’astronaute canadien Chris Hadfield et le président du constructeur du véhicule, Xavier Chevrin, espèrent parcourir les 42 km qui séparent Dease Lake de Telegraph Creek dans le nord de la Colombie-Britannique, précisément où Charles Bedaux avait fait demi-tour.

« Malheureusement pour lui, il a échoué, relate Xavier Chevrin, mais nous espérons aujourd’hui compléter la toute dernière partie de son voyage. » La pile d’Antarctica doit résister à des températures allant jusqu’à -50 degrés Celsius. Si c’est une réussite dans les Rocheuses, le véhicule prendra enfin la route de l'Antarctique.

L’entreprise reconnaît ne pas encore avoir conclu de vente avec les groupes de recherche en Antarctique. « Il y a encore du travail à faire, explique Xavier Chevrin, mais peut-être que, dans quelques années, ces avancées techniques se retrouveront dans des voitures vendues à Edmonton, des véhicules électriques qui résistent aux -20 degrés Celsius. »

Avec les informations de Travis MacEwan, CBC News

Innovation technologique

Science