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  • Archives
  • Les débuts de l’Université de Sherbrooke il y a 65 ans

    La journaliste Judith Jasmin interviewe à l'automne 1955 l'abbé Roger Maltais sur l'évolution de l'Université de Sherbrooke.
    La Loi permettant la création de l'Université de Sherbrooke a été adoptée par l'Assemblée législative du Québec le 23 février 1954. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    C'est le 23 février 1954 que le gouvernement du Québec adoptait la Loi créant l'Université de Sherbrooke. Nos archives possèdent plusieurs témoignages de l'évolution de cette importante institution d'enseignement du Québec née officiellement quelques mois plus tard, le 4 mai 1954.

    Un correctif nécessaire

    Au début des années 1950, la région des Cantons-de-l’Est vivait un grave déséquilibre.

    La population anglophone disposait d’un réseau d'enseignement qui comprenait une université. Ce n’était pas le cas pour la population francophone.

    L’idée de créer une université catholique et francophone à Sherbrooke est initialement avancée pour corriger cette lacune.

    C’est ainsi que le 23 février 1954, le gouvernement de Maurice Duplessis adopte à l’Assemblée législative la Loi qui crée l’Université de Sherbrooke.

    Le lieutenant-gouverneur du Québec, Gaspard Fauteux, sanctionne la Loi le 5 mars 1954. Les premiers cours sont donnés dès septembre 1954.

    Une université qui se construit

    Carrefour, 28 novembre 1955

    À l’automne 1955, la journaliste Judith Jasmin s’entretient avec le doyen de la Faculté des arts de l’Université de Sherbrooke Roger Maltais sur l’évolution de l’institution. Cet entretien est diffusé à l’émission Carrefour le 28 novembre 1955.

    Dans cet entretien, l’abbé Maltais décrit à Judith Jasmin les différents programmes et facultés qui composent l’Université.

    Dès la première année, 2000 étudiants à temps complet sont inscrits à l’Université de Sherbrooke. Ceux-ci sont distribués au sein des Facultés de droit, de commerce et des sciences.

    Quant au personnel enseignant, les professeurs sont surtout recrutés sur place.

    On parle de personnel ecclésiastique, mais aussi de professionnels laïques qui sont des spécialistes dans leur domaine.

    L’abbé Maltais parle aussi de plans d’avenir pour son université. Il anticipe notamment la création d’une Faculté de médecine.

    L'établissement de cette dernière serait d’autant plus le bienvenu que les universités de Montréal et Laval refusent chaque année plusieurs candidats à leurs propres facultés.

    Judith Jasmin termine son reportage en discutant avec un étudiant de l’Université.

    Robert Malouin étudie le génie. Il a choisi l’Université de Sherbrooke par goût.

    Il se dit par ailleurs très content des rapports humains qu’il a pu établir avec les professeurs, surtout les plus jeunes, qui comprennent bien les problèmes de la jeunesse.

    L'opinion de Robert Malouin contraste cependant beaucoup avec celles d’autres étudiants recueillies 10 ans plus tard par le journaliste Normand Cloutier.

    Celles-ci sont présentées dans un reportage à l’émission 20 ans Express le 7 mars 1964.

    Express, 7 mars 1964

    Plusieurs estiment moche l’ambiance du campus de l’Université. Il y manquerait aussi des caractéristiques d’une véritable vie universitaire.

    La vie étudiante semble aussi éprouver des difficultés et les rencontres entre garçons et filles apparaissent être trop strictement encadrées.

    Par contre, d’autres étudiants trouvent la qualité des cours égale, voire supérieure, à ce qui est offert par l’Université de Montréal par exemple.

    Le système coopératif

    Une des particularités de l’Université de Sherbrooke est d’avoir instauré en 1966 un système de coopérative.

    Ce système, initialement établi à l’Université de Cincinnati dès 1906, est une première au Québec.

    Il permet aux étudiants de faire des stages en entreprise, créant ainsi un maillage innovateur entre le monde théorique de l’enseignement et celui pratique du travail.

    Reflets d’un pays, 29 juin 1979

    Un extrait d’un reportage présenté à Reflets d’un pays le 29 juin 1979 et animé par Jan Hayden à l’occasion du 25e anniversaire de l’Université explique bien le programme.

    Les premiers participants à l’expérience de système coopératif sont des étudiants en administration des affaires et en sciences appliquées.

    L’expérience s’est révélée si probante que l’Université de Sherbrooke a décidé d’offrir le système coopératif dès 1971 aux étudiants en informatique et en mathématiques appliquées.

    En 1973, l’offre a été étendue aux étudiants en physique.

    L’ancien recteur de l’Université, Gilles Joncas, explique dans le reportage les nombreux avantages à la mise en place d’un système coopératif.

    Des dirigeants d’entreprises expliquent aussi pourquoi ils ont adhéré au système coopératif proposé par l’Université de Sherbrooke.

    Ils y détaillent les avantages que procure ce programme en matière d’insertion professionnelle.

    En 1955, l’Université de Sherbrooke comptait 2000 étudiants. À la fin de 2018, on y recensait 42 545 étudiants dont 11 353 à l’Université des aînés.

    L’Université de Sherbrooke est composée de 120 chaires, instituts et centres de recherche. On y offre 393 programmes de formation.

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