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Pas d'enquête publique sur Bruce McArthur

Un sketch de cour d'un homme
Bruce McArthur a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans. Photo: Radio-Canada / Pam Davies
Radio-Canada

Malgré les critiques entourant le travail de la police dans l'affaire Bruce McArthur, le gouvernement de Doug Ford ne « planifie pas » de tenir une enquête publique sur le tueur en série et les ratés possibles dans l'investigation des policiers, indique le bureau de la procureure générale.

McArthur a plaidé coupable à huit chefs d'accusation de meurtre prémédité et a été condamné au début février à la prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans.

Les huit victimes avaient disparu de 2010 à 2017 dans la région torontoise. Elles fréquentaient le quartier gai de la métropole. Leurs restes démembrés ont été trouvés dans des pots de fleurs et dans un ravin derrière la propriété où McArthur, un jardinier paysagiste, travaillait.

Des documents de cour révélaient cette semaine que la police savait en 2013 que le sexagénaire connaissait trois des hommes disparus. Nombreux sont ceux dans la communauté LGBTQ qui ont accusé la police d'avoir tardé à prendre au sérieux ces disparitions et qui ont réclamé une enquête publique.

Photo d'une femme debout aux cheveux longs portant un tailleur noir devant une effigie de la policeLa procureure générale de l'Ontario, Caroline Mulroney, et la ministre de la Sécurité communautaire, Sylvia Jones, lors d'un point de presse, mardi. Photo : Radio-Canada

Or, Brian Gray, un porte-parole de la procureure générale Caroline Mulroney, dit faire confiance à l'enquête déjà lancée par la commission des services de police de Toronto.

Nous espérons que l'examen de la juge Epstein sera assez large pour aider le service de police de Toronto à améliorer ses pratiques et ses procédures en matière d'enquête sur les cas de personnes disparues, particulièrement celles qui appartiennent à des communautés marginalisées, affirme M. Gray.

Il ajoute qu'il revient à la commission des services de police de déterminer l'ampleur de cet examen.

Les avis sont partagés sur la décision de la procureure générale, Caroline Mulroney, de ne pas ouvrir une enquête publique à ce sujet.

L’avocat Ari GoldkindL’avocat Ari Goldkind Photo : Radio-Canada

L'avocat-criminaliste Ari Goldkind affirme qu'une enquête publique n'est pas nécessaire, parce qu'elles sont souvent longues et coûteuses. Elles ne donnent pas toujours non plus les résultats escomptés comme l'a montré, selon lui, celle sur l’infirmière Elizabeth Wettlaufer. Maintenant que Bruce McArthur a été condamné, la juge Gloria Epstein pourra se concentrer sur tous les aspects de l'enquête policière, dit-il.

M. Goldkind ajoute que le chef de police, Mark Saunders, s'est par ailleurs dit ouvert à collaborer avec la magistrate et que tout indique que l'enquête indépendante sera transparente.

Le centre communautaire 519 dans le village gai de Toronto s'est refusé à tout commentaire.

L'Alliance gaie ASAAP, qui représente des membres de la communauté LGBTQ d'Asie du Sud, précise pour sa part qu'une enquête publique est moins primordiale depuis que la juge Epstein a récemment élargi le mandat de son enquête à la lumière des développements dans la cause judiciaire du tueur en série.

Le directeur général de l'Alliance, Haran Vijayanathan, explique qu'il ne sera toutefois pas trop tard pour exiger une enquête publique, si jamais la magistrate ne répond pas à certaines de nos préoccupations.

On voit le directeur général de l'Alliance for South Asian AIDS Prevention, Haran Vijayanathan.Haran Vijayanathan de l'Alliance for South Asian AIDS Prevention Photo : Radio-Canada

L’avocate Suzan Fraser, qui se spécialise dans les enquêtes du coroner et les enquêtes publiques, ajoute que la communauté gaie a de bonnes raisons de remettre en question le travail de la police. Une enquête publique aurait pu, selon elle, donner des réponses immédiates aux doléances des membres de la communauté LGBTQ.

Cela aurait permis de contre-interroger en public les détectives qui ont pris des décisions dans l’enquête policière sur Bruce McArthur plutôt que seulement prendre en compte leurs témoignages, souligne-t-elle.

La juge Epstein rendra son rapport en avril 2020 après avoir rencontré d’ici l’automne et de façon individuelle les différents intervenants dans cette affaire.

Les consultations, qui n’ont pas encore débuté, seront publiques, mais elles ne se feront pas dans l’enceinte d’un tribunal comme c’est le cas en général pour les enquêtes publiques ou du coroner.

Des sketches de 8 personnes, côte-à-côteLes victimes de Bruce McArthur. De gauche à droite, haut en bas : Skandaraj Navaratnam, Andrew Kinsman, Selim Esen et Abdulbasir Faizi; Kirushna Kumar Kanagaratnam, Dean Lisowick, Soroush Mahmudi et Majeed Kayhan Photo : Radio-Canada / John Fraser/CBC News

Dans un communiqué, le bureau du Dr Dirk Huyer, le coroner en chef de l'Ontario, soutient par ailleurs qu'une enquête du coroner sur la mort des huit victimes de Bruce McArthur n'est pas appropriée à ce stade-ci, étant donné que l'enquête indépendante de la Commission des services de police est en cours.

Avec les informations de Jean-Philippe Nadeau et de La Presse canadienne

Avec les informations de La Presse canadienne

Toronto

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