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Faire travailler les bénéficiaires de l’aide sociale : pas si simple, selon des intervenants

Gros plan sur les mains d'une femme
Le premier ministre Blaine Higgs propose notamment d'encourager les bénéficiaires de l'aide sociale à travailler en utilisant une portion des prestations pour financer un salaire plus élevé que le minimum. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, souhaite trouver des moyens de mettre au travail 10 000 bénéficiaires de l'aide sociale, mais ce but semble difficile à atteindre selon des intervenants.

Je cherche et je cherche, mais ce n'est pas évident, affirme Sharon Dumont, une bénéficiaire qui veut travailler.

Ayant connu plusieurs problèmes de santé et vivant aujourd'hui avec une douleur permanente à la jambe, Mme Dumont n'a jamais occupé un emploi et elle ne connaît pas les rouages du marché du travail.

Moi, je n'ai vraiment pas travaillé. Je ne sais pas vraiment ce que c'est, dit-elle.

Sharon Dumont examine des étalages de vêtementsLa bénéficiaire de l'aide sociale Sharon Dumont, ci-dessus dans l'atelier RADO à Edmundston, explique qu'elle n'arrive pas à trouver de l'emploi malgré ses efforts. Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

À 45 ans, Sharon Dumont peine à trouver un emploi. Entre-temps, elle dépend des 547 $ qui lui sont versés par l'aide sociale chaque mois.

J'ai [vérifié] sur l'ordinateur, j'ai [cherché] partout, et je n'ai pas trouvé, ajoute-t-elle.

En janvier, le premier ministre Blaine Higgs a mentionné la possibilité de prendre des fonds dans le budget de l'aide sociale pour subventionner de meilleurs salaires aux bénéficiaires qui décident de commencer à travailler.

Le gouvernement Higgs a aussi lancé jeudi une invitation au public pour lui soumettre des idées afin de renouveler la stratégie intitulée Ensemble pour vaincre la pauvreté : le plan d’inclusion économique et sociale du Nouveau-Brunswick. Ce plan doit être renouvelé tous les cinq ans, et sa version actuelle va expirer à la fin de 2019.

Une photo rapprochée de Blaine Higgs.Le premier ministre Blaine Higgs veut briser ce qu'il appelle « le cycle de la dépendance envers l'aide publique et encourager les bénéficiaires de l'aide sociale aptes au travail à intégrer le marché de l'emploi ». Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Même s'il attend de voir ce que le gouvernement va proposer, Maxime Dubé, du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick, exprime des réserves quant à l’idée du premier ministre Higgs. Il estime qu'un grand nombre de personnes jugées aptes à travailler ne le sont pas réellement.

Ce n'est pas toujours si facile de les catégoriser ainsi parce qu’évidemment ces gens-là, des fois, n'ont juste pas leur invalidité reconnue. Il y a toute une procédure pour arriver à se faire reconnaître son handicap, explique Maxime Dubé.

Maxime Dubé en entrevueLes personnes que le gouvernement juge aptes à travailler n'en sont pas nécessairement toutes capables, selon Maxime Dubé, du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Les employés et bénévoles de l'atelier RADO, à Edmundston, connaissent très bien la clientèle de l'aide sociale. La responsable de la banque alimentaire de l'organisme, Charline Breton, compte bien des facteurs qui empêchent des personnes comme Sharon Dumont d’entrer dans le marché du travail.

Ici, on a eu plein de bénévoles que, lorsqu'ils viennent en tant que bénévoles, ça marche, mais si tu essaies de les encadrer dans un emploi de 40 heures par semaine, là, tu vois des obstacles, indique Charline Breton.

Charline Breton en entrevue devant un étalage de nourriture non périssableCharline Breton, responsable de la banque alimentaire de l'atelier RADO à Edmundston, conseille au gouvernement d'offrir de la formation aux bénéficiaires de l'aide sociale pour faciliter leur transition au marché du travail. Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Charline Breton croit que le gouvernement devrait plutôt appuyer des initiatives visant la formation des bénéficiaires, pour qu'ils soient mieux préparés à exercer un emploi.

C'est de les encadrer avant de les envoyer dans un emploi à 40 heures par semaine. Ça fait trop longtemps qu'ils ne sont pas allés travailler. Ça fait qu'il faut qu'ils se réadaptent à ça, affirme Mme Breton.

La formation est une possibilité qui enthousiasme Sharon Dumont. Elle qui a très peu, voire aucune expérience de travail, y voit l’occasion d'une transition plus en douceur vers le marché du travail.

D’après un reportage de Kassandra Nadeau

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale