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ABI : Legault accusé de ne pas tenir sa parole

Gens rassemblés en face de l'aluminerie l'hiver, près de la pancarte ABI extérieure
Les syndiqués ont appris le 11 janvier 2018 que la direction de l'ABI les mettait en lock-out. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La pression se fait de plus en plus sentir sur le gouvernement Legault dans le dossier de l'Aluminerie de Bécancour Inc. (ABI). Québec solidaire et le Syndicat des métallos accusent le premier ministre du Québec et son ministre du Travail de ne pas respecter leur promesse électorale de renégocier le contrat entre Hydro-Québec et Alcoa.

Alors que les deux parties auraient réitéré leur volonté de négocier, même si la partie patronale a quitté la table de négociation la semaine dernière, voilà que le député d’Hochelaga-Maisonneuve et critique solidaire en matière de travail, Alexandre Leduc, demande au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, d’intervenir.

Il estime qu’Hydro-Québec doit revoir l’entente conclue avec l'ABI et doit retirer la clause de « force majeure », qui suspend les obligations contractuelles de l’aluminerie vis-à-vis de la société d’État.

Depuis le déclenchement du lock-out d’ABI à Bécancour en janvier 2018, le conflit a coûté 165 millions de dollars aux contribuables québécois et le compteur continue de tourner. Un demi-million de dollars par jour, c'est complètement indécent, dénonce-t-il.

Selon lui, Hydro-Québec subventionne un lock-out qui met à la rue 1030 familles et, pendant ce temps, l’ABI n’aurait aucun intérêt à régler le conflit. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour comprendre que le rapport de force est complètement débalancé, ajoute M. Leduc.

Legault a-t-il tenu sa parole?

Les Métallos abondent dans le même sens.

Lors d’une visite à Trois-Rivières le 1er septembre dernier en pleine campagne électorale, François Legault aurait laissé entendre, alors qu'il était à bord de son autocar en compagnie de représentants syndicaux de l’ABI, qu’un règlement était possible.

L'adjoint au directeur québécois des métallos, Dominic LemieuxL'adjoint au directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux, accuse le gouvernement Legault de ne pas tenir ses promesses. Photo : Radio-Canada

Selon Dominic Lemieux, adjoint au directeur québécois du Syndicat des métallos, Jean Boulet n’a pas interrompu son chef lors de cette déclaration.

Je sais de source sûre que lors d'une rencontre privée avec des représentants syndicaux à Bécancour, M. Legault a déclaré, au sujet des pseudo-clauses de force majeure : "Des contrats, ça se brise, des contrats, ça se renégocie''. Le ministre du Travail était témoin, assure M. Lemieux.

Il déplore que le conflit se prolonge. Tout semblait possible pendant la campagne électorale. Maintenant, on dirait que tout est impossible. Il est impossible de rejouer dans ces contrats-là. Pourtant, le gouvernement libéral l'a fait avec Rio Tinto Alcan avant les élections.

Jeudi, lors de la période de questions, Alexandre Leduc a d'ailleurs questionné le premier ministre Legault sur le sujet. Cinq mois plus tard et 165 millions de dollars plus tard, le premier ministre aura-t-il le courage de répéter ici, dans cette Chambre, ce qu'il a dit en privé?, a demandé le député d’Hochelaga-Maisonneuve.

Le premier ministre a donné sa parole en campagne électorale, il a donné de l'espoir à une région qui souffre depuis 13 mois d'un long lock-out et force est de constater que les espoirs sont déçus, a-t-il ajouté. Le gouvernement ne peut pas se cacher derrière le bilan du Parti libéral. C'est lui qui est aux commandes et c’est lui qui s’est engagé à bouger sur ce dossier.

Un délai pour une hypothèse de règlement

Pendant ce temps, le ministre Jean Boulet, qui a rencontré les deux parties jeudi, s’est défendu en alléguant que cet échange était sujet à interprétation.

Le ministre Jean Boulet pose devant un drapeau du Québec.Le ministre Boulet a rencontré les deux parties jeudi. Photo : Radio-Canada

Ce qu’on a dit en campagne, c’est que le conflit à l’ABI allait devenir une priorité en cas d’élection, affirme-t-il. Dès mon assermentation le 18 octobre, j’ai rencontré les parties, j’ai fait un déplacement à Pittsburgh, on a créé un conseil de médiation, on a créé un groupe d’experts pour aider à mettre beaucoup d’énergie sur les objectifs de négociation. Ça, c’était très clair.

Le ministre se donne d’ailleurs un délai maximal de 10 jours pour déposer une hypothèse de règlement.

Mauricie et Centre du Québec

Relations de travail