•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des chercheurs de l'Okanagan découvrent une source « étonnante » d’émissions de CO2

Des pommiers avec une montagne à l'arrière sous un ciel bleu.
Un verger dans la vallée de l'Okanagan Photo: Radio-Canada / Frédéric Gagnon
Michaële Perron-Langlais

En analysant les gaz à effet de serre rejetés par le sol lors de l'irrigation des terres, des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique dans l'Okanagan (UBCO) ont remarqué que l'eau du lac Okanagan émet du dioxyde de carbone lorsqu'elle sert à l'irrigation des vergers.

« En mesurant les quantités de CO2 relâchées par le sol, nous avons découvert un flux provenant de l’eau d’irrigation dont nous ignorions l’existence », raconte le spécialiste des sciences du sol de l’UBCO Andrew Midwood.

Dans une étude publiée dans la revue Geoderma, lui et son équipe de recherche révèlent que le bicarbonate contenu naturellement dans l’eau du lac Okanagan se transforme en dioxyde de carbone après avoir été absorbé par le sol.

Selon leur analyse, les émissions liées à l’utilisation de l’eau du lac Okanagan pour l’irrigation des vergers représentent environ plus ou moins 46 000 kg de CO2 par année. « C’est l’équivalent de brûler environ 17 000 litres d’essence », illustre Andrew Midwood.

Le chercheur souligne toutefois que cette découverte ne signifie pas qu’il faut cesser d’irriguer les terres pour éliminer cette source de gaz à effet de serre. « L’irrigation favorise la croissance des plantes, qui absorbent le carbone dans l’atmosphère, rappelle Andrew Midwood. L’irrigation est donc essentiellement une bonne chose. »

Il précise que l’eau du lac Okanagan est une source d’eau importante pour les agriculteurs de la région, qui dépendent de l’irrigation pour faire pousser leurs récoltes.

Le scientifique ajoute que cette pratique est de plus en plus importante à plusieurs endroits. « La demande de nourriture est de plus en plus forte, et les changements climatiques font en sorte que le temps est de plus en plus chaud et sec dans certaines régions », explique-t-il.

Un morceau du casse-tête

Selon Andrew Midwood, l’objectif de nombreuses recherches portant sur les sols est de mieux comprendre comment ceux-ci gèrent le carbone. « Les sols retiennent énormément de carbone, dit-il. En trouvant des façons de faire en sorte qu’ils en retiennent encore un peu plus, cela peut avoir un effet important [dans la lutte contre les changements climatiques]. »

La découverte des scientifiques de l’UBCO représente donc un pas de plus dans cette direction, croit le scientifique. « C’est comme si nous avions trouvé un morceau dans le casse-tête du cycle du carbone, affirme-t-il. C’est une source d’émissions de CO2 à laquelle personne ne portait vraiment attention et dont nous sommes maintenant conscients. »

Les données obtenues par les chercheurs pourront être utilisées pour développer des modèles, qui serviront ensuite à mettre en place des modèles de réduction des gaz à effet de serre, indique Andrew Midwood. L’étude porte sur la région de l’Okanagan, mais le phénomène s’applique dans toutes les régions arides ou semi-arides où il y a de l’agriculture, surtout lorsque la principale source d’eau d’irrigation provient d’un lac alcalin.

Colombie-Britannique et Yukon

Changements climatiques