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La chef de cabinet de Trudeau poursuivie par une ex-ambassadrice pour harcèlement psychologique

Katie Telford, chef de cabinet du premier ministre, et Gerald Butts, conseiller politique principal de Justin Trudeau

Les allégations contre Katie Telford n'ont pas été prouvées devant les tribunaux.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La Presse canadienne

Une semaine après le départ du secrétaire principal Gerald Butts, une autre proche collaboratrice du premier ministre fédéral Justin Trudeau pourrait se retrouver dans une tourmente politico-judiciaire.

La chef de cabinet de M. Trudeau, Katie Telford, fait face à des allégations selon lesquelles elle aurait infligé des souffrances psychologiques à une ancienne ambassadrice.

Vivian Bercovici, nommée ambassadrice en Israël par le précédent premier ministre Stephen Harper avant d'être limogée par M. Trudeau, a intenté des poursuites contre le gouvernement fédéral.

Elle soutient avoir été remerciée de ses services sans avoir été correctement indemnisée, ajoutant que le gouvernement libéral l'avait maltraitée et harcelée.

Lundi, son avocat demandera à la Cour de justice de l'Ontario d'ajouter à la poursuite les noms de Mme Telford et de quatre cadres supérieurs d'Affaires mondiales Canada.

Les allégations n'ont pas été prouvées devant les tribunaux. Le cabinet du premier ministre n'a pas immédiatement répondu à une demande d'entrevue.

Dans son droit de réponse déposé au tribunal, le mois dernier, le ministère fédéral de la Justice demande que la requête « audacieuse » de Mme Bercovici soit rejetée.

Mme Bercovici a été une figure controversée depuis sa nomination au poste d'ambassadrice du Canada en Israël. Elle n'est pas une diplomate de carrière – ce qui n'est pas inhabituel pour des postes d'ambassadeur de haut rang. Elle a rencontré une forte opposition au sein du ministère des Affaires étrangères où on la jugeait trop favorable à l'État hébreu.

Dans sa poursuite, Mme Bercovici soutient qu'elle n'a pas bien été accueillie par la bureaucratie fédérale. « Non seulement on ne l'a pas appuyée dans son rôle, mais les individus nommés à titre de défenseurs, ainsi que de nombreux autres fonctionnaires, ont intentionnellement et malicieusement mené une campagne de dénigrement ''contre elle'' », peut-on lire dans le document judiciaire.

Après l'avoir limogée en 2016, le gouvernement fédéral l'aurait privée de presque 32 000 $ auxquels elle prétend avoir droit à titre d'indemnité de retraite. Elle réclame donc cette somme et plusieurs millions de dollars à titre de dommages moraux et exemplaires.

Elle soutient avoir tenté de discuter à de nombreuses reprises avec Mme Telford au sujet de l'indemnité de retraite, mais la chef de cabinet de M. Trudeau l'a ignorée.

Mme Bercovici réclame 250 000 $ à Mme Telford pour « lui avoir infligé des souffrances psychologiques ».

Selon le ministère de la Justice, il n'existe aucun argument justifiant l'ajout de cinq noms dans la poursuite intentée au gouvernement fédéral. « Les arguments de la plaignante contre les cinq individus sont frivoles. Il n'y a là aucun motif révélant une cause de litige raisonnable », peut-on lire dans son mémoire présenté au tribunal.

Pour l'avocate de Mme Bercovici, la récente controverse entourant le cabinet du premier ministre trouve un écho dans le sort réservé à sa cliente.

« Ma cliente n'a pas eu d'autre choix que d'intenter des poursuites, a déclaré Natalie MacDonald. À la lumière des récentes révélations des dernières semaines, on se demande si c'est le cabinet du premier ministre qui a ordonné au procureur général de retenir l'argent dû à Mme Bercovici. »

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