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La cour ordonne à Roger Stone, ex-conseiller de Trump, de restreindre ses interventions publiques

Roger Stone serre des dents.

Roger Stone ne peut plus parler publiquement de l'enquête Mueller sur l'affaire russe.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Radio-Canada

Parce qu'il a publié sur Instagram une photo de la juge fédérale américaine Amy Berman Jackson avec, derrière la tête, une image ressemblant à un viseur de fusil, Roger Stone, ancien conseiller politique du président Donald Trump, n'a maintenant plus du tout le droit de parler en public des accusations criminelles auxquelles il doit faire face en lien avec l'interférence russe lors de la dernière présidentielle.

Il perd aussi le droit de discuter en public de l’enquête à ce sujet ou de ceux qui sont concernés par celle-ci. Il ne peut pas non plus laisser des porte-parole ou des membres de sa famille parler en son nom.

Cet ordre judiciaire frappe notamment ses collaborations avec le site d'extrême droite Infowars et prive cet homme habitué des médias d'une source importante de revenus, selon ses avocats.

Il risque la prison s’il contrevient à l'interdiction prononcée jeudi.

La juge Jackson a pris cette décision à l'issue d'une audience qui visait à déterminer si Roger Stone avait violé ses conditions de liberté sous caution en publiant ladite photo sur Instagram et s’il devait se voir imposer des restrictions plus importantes que celles auxquelles la magistrate l’avait déjà soumis la semaine dernière, soit l'interdiction de parler de son cas à l’intérieur ou près du palais de justice.

Au cours de l’audience de jeudi, Roger Stone a affirmé qu'il n'avait pas choisi l'image avec le viseur pour une raison particulière et qu’il n’avait pas pensé à ce que l’image pouvait signifier avant de la publier.

Il a soutenu que la photo lui avait été fournie par un bénévole travaillant pour lui, qu’il a dit ne pas pouvoir identifier, et que ce dernier croyait que le viseur était en fait un symbole celte.

M. Stone a souligné son propre manque de jugement et a offert ses excuses à la juge, lui demandant de lui pardonner et de lui donner une deuxième chance.

Cette dernière, visiblement en colère, a jugé ses explications peu crédibles. La juge Jackson a souligné que ses excuses sonnaient faux et a dit croire que M. Stone savait très bien à quel point l'image qu'il avait publiée était incendiaire, surtout parmi ses partisans.

« Roger Stone comprend parfaitement le pouvoir des mots et le pouvoir des symboles », a-t-elle lancé.

Publication retirée deux fois

Sur Instagram, la photo de la juge Jackson accompagnée de l’image du viseur d’un fusil était coiffée d’une légende qui qualifiait le procureur spécial Robert Mueller, chargé de l'enquête sur les soupçons de collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle de 2016, de « tueur à gages » à la solde du « Deep State », un réseau de fonctionnaires qui œuvrerait à la déstabilisation de Donald Trump, selon lui.

Il y affirmait aussi que son affaire était un « simulacre de procès » et laissait entendre que la juge Jackson était partiale.

Il avait ensuite remplacé la publication par une image recadrée de la juge, cette fois sans viseur, en modifiant légèrement le texte sur M. Mueller. Cette deuxième publication a aussi été effacée.

Après son arrestation, le 25 janvier, Roger Stone a plaidé non coupable à l'accusation d'avoir fait de fausses déclarations au Congrès, ainsi qu’à celles d’avoir tenté de manipuler des témoins et de faire obstruction à l'enquête du procureur Mueller.

L’une des conditions de liberté sous caution de Roger Stone est qu'il ne peut pas tenter d'intimider d'autres personnes, y compris les juges et les autres intervenants juridiques.

Avec les informations de CNN, et AFP

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