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Identité noire : un éventail de réalités

9 personnes sont autour d'une table et discutent
Autour d’un café, les participants ont discuté des sujets et des enjeux qui leur tiennent à cœur, notamment d’identité, d’intégration et d’éducation. Photo: Radio-Canada / Rose St-Pierre
Radio-Canada

Y a-t-il une identité noire et afro-canadienne? Onze résidents du Sud-Ouest de l’Ontario discutent d’identité, d’intégration et de réconciliation. Portrait de communautés en mutation.

Notre identité passe par notre couleur [...] Mais nous n’arrivons pas à nous mettre ensemble et dire qui nous sommes avec force, déclare d’emblée Claude Saizonou, résident de Windsor.

Réunis autour d’un café, ces membres des communautés noires réfléchissent à l’idée d’une identité noire, discutent des étiquettes qu’on leur accole et de leur sentiment d’appartenance.

Lana Talbot est descendante des survivants du chemin de fer clandestin. Elle préfère qu’on l’identifie comme une Africaine-Canadienne. Mais pour cette militante, ce qui unit la communauté, c’est notre couleur. Il faut prendre conscience de qui nous sommes. Nous sommes des survivants.

Colin Grimmoun, qui réside dans le Sud-Ouest de l’Ontario, croit quant à lui qu’à l’origine, être Noir, c’était péjoratif, ça revenait à accepter une vision colonialiste. Nous sommes multiples. Personne ne regarde un Irlandais, un Français, un Anglais et se dit ''ils sont tous les mêmes''.

Un avis partagé par Kayes Johnson, résidente de Windsor, et Irene Moore, porte-parole d’un groupe de recherche historique sur les Noirs du comté d’Essex. Selon elles, regrouper la multiplicité des identités africaines et caribéennes en un groupe, c’est aussi risquer de nier leur diversité.

Peter Ijeh, qui a fondé l’association communautaire africaine de Windsor, considère pour sa part qu’il devrait toujours revenir à une personne de se définir. Il ne faut pas compter sur les autres pour nous identifier, dit-il. C’est à nous de savoir avec quoi on est à l’aise.

Des questionnements et débats hérités du colonialisme, croit Kaitlyn Ellsworth, engagée dans le domaine de l’éducation. Si nous avons cette conversation, explique-t-elle, c’est un résultat du colonialisme. Notre histoire a été interrompue en Afrique.

Et l’identité, c’est d’abord connaître son histoire et ses origines, croit Albert Saba Nsabiyumva, conseiller en emploi et organisateur communautaire. Dans les 400 dernières années, on a essayé de cacher l’histoire africaine aux ressortissants africains qui vivent sur le continent nord-américain.

Le défi, c’est donc de rassembler ces communautés et cet éventail d’identités. C’est essentiel, croit Blandine Lesage, gestionnaire du Réseau femmes de Windsor, pour organiser, se battre dans l’espace public et parler d’une seule voix, pour tous les Canadiens noirs.

D’une certaine façon on peut dire qu’on veut tous se revendiquer comme étant Noir, ou comme étant Africain. C’est bien parce que ça nous permet d’être soudés pour se battre. Pour se définir un peu plus, pour prendre un peu plus de place dans la sphère publique, pour parler des problèmes des Noirs en général, affirme-t-elle.

Mike Akpata, conseiller municipal à LaSalle et ancien policier, et Teajai Travis, artiste, considèrent pour leur part que l’essentiel, et le plus important, c’est ce qui unit toutes les communautés noires. On est tous dans le même bateau, explique M. Akpata. Peu importe comment les membres des communautés noires sont identifiés notre connexion est profonde, ajoute-t-il.

Windsor

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