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Préparer l’avenir de l’agriculture, sans pesticides

Une personne tient un vaporisateur dans ses mains et un masque sur le visage.

Selon Christy Morrissey, professeure associée au département de biologie de l’Université de la Saskatchewan, l'utilisation de pesticides dérègle l'équilibre naturel des écosystèmes des Prairies.

Photo : Getty images/iStock / Narongcp

Radio-Canada

Une centaine de fermiers, d'éleveurs et chercheurs se sont réunis à Winnipeg, jeudi, pour discuter notamment des effets environnementaux des pesticides et de l'avenir du modèle agricole. Cette rencontre a eu lieu à l'occasion de la douzième conférence sur la conservation et les espèces en voie de disparition dans les Prairies.

Pour l’une des participantes, la professeure associée au département de biologie de l’Université de la Saskatchewan Christy Morrissey, ce type de conférence est plutôt rare.

« Il faut que les fermiers fassent partie du processus de changement, affirme-t-elle. Habituellement, on fait nos recherches de notre côté et on publie les résultats. »

Elle estime qu’il est primordial de créer un système où tous les acteurs de la production agricole travaillent de concert pour réellement changer la façon de produire.

Selon elle, il s’agit du bon moment, puisque beaucoup de fermiers se posent des questions.

« Beaucoup de producteurs s'intéressent à ces changements, surtout au vu de l’augmentation de prix des produits phytosanitaires. Cela peut représenter près de 60 % des coûts de production », affirme la chercheuse.

Christy Morrissey, professeure associée au département de biologie de l’Université de la Saskatchewan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour Christy Morrissey, professeure associée au département de biologie de l’Université de la Saskatchewan, l'industrie agricole doit cesser de ne penser qu'en termes de quantité de récolte.

Photo : Radio-Canada / Abdoulaye Cissoko

Ryan Boyd est fermier à Forrest, au Manitoba. Même s’il ne pense pas que le changement puisse se faire dès demain, il commence à réfléchir à une nouvelle façon de travailler.

« Je ne crois pas que l'utilisation de pesticides soit fondamentalement essentielle à nos systèmes de production, explique-t-il. Il faut réduire notre dépendance à ces produits. Cela passe par l'ajout de la diversité dans nos systèmes de productions. »

Les limites de la monoculture

Selon le gestionnaire des programmes pour le Manitoba de l'organisme Études d'Oiseaux Canada, Christian Artuso, il est en effet primordial de quitter un modèle de monoculture intensive, qui détruit l’habitat de plusieurs espèces vivantes.

« Au Manitoba, la perte est énorme. Il y a des zones qui ont perdu jusqu’à 90 % de leur population, dont des espèces endémiques », note-t-il.

Christy Morrissey affirme que d’autres méthodes de production existent et ont été documentées dans des pays européens ou aux États-Unis.

« Dans ces pays, il y a eu des recherches qui montrent que, si on garde le sol en bonne santé avec du couvert végétal, de la rotation de culture, on peut améliorer la biodiversité, précise-t-elle. Les oiseaux et les pollinisateurs, qui font office de pesticides, vont permettre d'accroître les récoltes même sans agent chimique. Pour faire de larges étendues de monoculture, nous avons réduit la biodiversité et, en faisant cela, nous avons créé un système écologique instable. »

Nous devons ramener la complexité de la nature.

Christy Morrissey, professeure associée au département de biologie de l’Université de la Saskatchewan

Elle admet cependant que cela nécessite un changement complet de modèle de production agricole qui nécessite un appui politique.

« Il y a un grand rôle que le gouvernement peut jouer pour inciter ces changements. Pour l'instant, il favorise les mauvaises pratiques », affirme-t-elle.

Pour Christian Artuso, la prise de conscience doit même dépasser les frontières.

« Certaines espèces d’oiseaux migrent et sont touchées par les changements d'habitat dans d’autres pays comme au Brésil », cite-t-il en exemple.

« Nous avons bon espoir d'être en mesure de fournir la quantité de nourriture nécessaire même avec moins de pesticides » dit quant à lui Ryan Boyd.

Il ajoute qu’il s’agit aussi d’un changement de société qui ne se réalisera que par l’action des consommateurs, qui devraient se rapprocher de producteurs plus soucieux des questions environnementales.

Avec des informations d'Abdoulaye Cissoko

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