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Non, le lait de vache n’est pas l’agent cancérigène le plus important jamais identifié

Capture d’écran d’un article intitulé « Le lait de vache est l’agent cancérigène le plus important jamais identifié »
Un article prétend que le lait serait « l’agent cancérigène le plus important jamais identifié » Photo: Capture d'écran
Bouchra Ouatik

Un article publié sur le site Exoportail prétend que la caséine, une protéine contenue dans le lait, serait la plus importante substance cancérigène connue. Cette affirmation est largement contredite par la littérature scientifique.

Cette thèse provient d’un livre publié en 2005 par un biochimiste américain du nom de Colin Campbell. Dans ce livre, intitulé The China Study, ou en version française L’Enquête Campbell, l’auteur trace des liens entre la consommation de produits d’origines animales et plusieurs maladies. Il pointe notamment du doigt la caséine, une protéine contenue dans le lait de vache, mais aussi dans le lait maternel.

L’auteur explique avoir analysé les données d’une étude (Nouvelle fenêtre) qu’il a menée avec un groupe de chercheurs sur des milliers d’habitants de la Chine rurale durant les années 1980.

En entrevue avec le journal Libération (Nouvelle fenêtre), le chercheur britannique Richard Peto, qui a collaboré à l’étude de Colin Campbell, réfute les affirmations de ce dernier. Il explique que la consommation de lait en Chine durant cette période était trop faible pour pouvoir en tirer des conclusions.

Du lait, du beurre, du fromage, de la crème et du yogourt.Le prochain Guide alimentaire canadien ne recommandera plus de quantité minimales quotidiennes de produits laitiers. Photo : iStock

Un risque plus faible de cancer colorectal

Un grand nombre de chercheurs se sont intéressés aux liens entre la consommation de produits laitiers et la prévalence de certains cancers (Nouvelle fenêtre).

Plusieurs de ces études concluent que les consommateurs de produits laitiers ont un risque plus faible de souffrir de cancer colorectal (Nouvelle fenêtre) et de cancer de la vessie.

Des chercheurs qui se sont penchés sur le risque de cancer du sein et de l’estomac n’ont, quant à eux, pas trouvé de corrélation claire.

Ce n’est que pour le cancer de la prostate (Nouvelle fenêtre) que les études démontrent que le lait est un facteur de risque. Ce n’est cependant pas la caséine qui en serait en cause, mais plutôt le calcium qui provient du lait.

Quel est l’agent le plus cancérigène?

Le terme « cancer » est utilisé pour décrire une centaine de maladies dont les causes sont diverses. Il est donc impossible d’établir un seul facteur de risque.

Plusieurs cancers sont influencés par des habitudes de vie telles que la consommation de tabac. D’autres sont causés par des radiations, comme les rayons ultraviolets. Finalement, certains cancers se développent à la suite d’infections comme celle du virus du papillome humain.

Toutefois, plus de 60 % des cancers ne peuvent être attribués ni à des causes héréditaires ni à des causes environnementales, et seraient causés par des mutations génétiques imprévisibles (Nouvelle fenêtre).

Une main tient une cigarette alluméeUne cigarette allumée Photo : iStock

En ce qui concerne les cancers influencés par des facteurs environnementaux, l’Oganisation mondiale de la santé (OMS) est catégorique : le tabac est de loin le facteur de risque le plus important (Nouvelle fenêtre), et plus de 50 composants de la fumée de cigarette sont cancérigènes.

L’alcool et divers polluants environnementaux sont aussi dans la liste des substances cancérigènes identifiées par l’OMS (Nouvelle fenêtre). La caséine et le calcium n’en font toutefois pas partie.

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