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Les associations de circonscriptions péquistes devront se serrer la ceinture

Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois
Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, se veut rassurant quant à la situation financière de son organisation. Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Catherine Poisson

Les associations de circonscriptions du Parti québécois (PQ) risquent de devoir partager plus de 60 % de leur cagnotte avec le conseil exécutif national du parti qui se trouve dans une situation financière délicate, selon la présidente du conseil exécutif du PQ aux Îles-de-la-Madeleine, Jeannine Richard

C'est ce que Mme Richard retient de la conférence téléphonique qui a eu lieu lundi soir entre le conseil exécutif national du parti et les circonscriptions de Gaspé, de Bonaventure, et des Îles-de-la-Madeleine.

La discussion est amorcée, il y a des propositions sur la table, affirme-t-elle, précisant que le pourcentage exact de cette contribution sera déterminé lors du conseil national du PQ qui aura lieu les 23 et 24 mars à Trois-Rivières.

L'argent proviendrait donc essentiellement de l'Est-du-Québec, où se trouvent sept des dix circonscriptions obtenues par le parti aux dernières élections.

Je pense qu'il faut désigner un montant plus élevé que 60 % qui irait au national et on est d'accord avec ça.

Jeannine Richard, présidente du conseil exécutif du Parti québécois aux Îles-de-la-Madeleine

Mme Richard explique que chaque année, les associations de circonscription envoient entre 40 et 60 % de l'argent amassé au conseil exécutif national et qu'il lui semble normal que ce pourcentage soit augmenté le temps d'une année ou deux.

Elle précise toutefois qu'il serait ridicule de penser que 100 % de l'argent amassé par les circonscriptions sera rapatrié.

C'est pourtant ce qui a été annoncé par le journal La Presse jeudi, dans un article faisant état de la situation financière du PQ, qui semble plus fragile que jamais.

Pas de gouffre en vue, mais des priorités à revoir

Mme Richard admet que la dette du parti est maintenant trop élevée pour avoir une bonne santé financière.

Dire qu'on est au bord du gouffre, c'est exagéré, mais c'est une situation financière difficile et on en est conscients.

Jeannine Richard, présidente du conseil exécutif du Parti québécois aux Îles-de-la-Madeleine

Il faut dire que les deux courses à la chefferie depuis 2014 ont coûté cher, et le faible pourcentage de votes obtenus aux dernières élections provinciales (17,1 %) a fait fondre les revenus du parti.

De 30 députés élus en 2014, le PQ est passé à 10 députés élus en 2018, ce qui lui fait perdre environ 500 000 $ annuellement de la part du gouvernement.

Les députés du PQ lors de l'assermentationLes 10 députés péquistes élus aux dernières élections Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

On a moins de budget à l'Assemblée nationale, moins d'argent qui va rentrer chaque année en remboursement. On s'organise en conséquence, on aura des décisions à prendre, admet le chef intérimaire du parti et député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé.

Il n'envisage cependant pas de demander une révision des règles de financement des partis politiques et nie l'information selon laquelle une réunion spéciale de l'exécutif du parti doit se tenir vendredi.

Il n'y a pas de réunion d'urgence vendredi, on n'est pas au bord du gouffre, insiste le chef.

La situation n'est pas préoccupante, mais elle nous incite à prioriser un certain nombre de choses.

Pascal Bérubé, chef intérimaire du Parti québécois

Le parti pourrait notamment déménager sa permanence située sur l'avenue Papineau à Montréal, suggère M. Bérubé.

Il assure par ailleurs que le parti sera en mesure de poursuivre ses activités différemment grâce aux contributions de ses militants et aux remboursements des dépenses électorales.

Le Directeur général des élections rembourse en effet 50 % des dépenses électorales lorsqu'un candidat est proclamé élu ou a obtenu au moins 15 % des votes valides.

Or, le PQ a obtenu moins de 15 % des votes dans 64 circonscriptions, ce qui signifie que la moitié des candidats du parti n'auront droit à aucun remboursement de leurs dépenses électorales.

Malgré tout, Mme Richard et M. Bérubé ont confiance en la capacité de l'organisation à se relever financièrement.

On n'a jamais été un parti qui avait les forces de l'argent avec lui, mais on a la force du nombre, affirme le chef.

Un plan d'action pour redynamiser le PQ sera aussi déposé lors du conseil national qui aura lieu en mars prochain, selon Mme Richard.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Politique provinciale