•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Toronto pourrait s’inspirer de Montréal pour sa gouvernance

Les deux hôtels de ville en hiver
Hôtel de ville de Toronto (à gauche) et de Montréal (à droite) Photo: Radio-Canada / et David Donnelly/CBC
Katherine Brulotte

Le comité spécial mis en place pour réviser le mode de gouvernance de la Ville de Toronto a entrepris ses travaux. Le groupe de travail doit évaluer les meilleurs moyens pour les élus de faire le travail dans la nouvelle réalité du conseil à 25 conseillers.

Le gouvernement de Doug Ford a forcé, dans la controverse, la réduction de la taille du conseil municipal de 47 à 25 à l’aube des plus récentes élections municipales. Pour s’adapter à cette nouvelle réalité, les élus ont mis en place un comité pour évaluer les changements qui pourraient être apportés à la gestion du conseil.

Des conseillers de Toronto participent à une rencontre dans une salle de comités de l'hôtel de ville. Première rencontre du comité spécial sur la gouvernance de la ville de Toronto Photo : Radio-Canada

Lors de leur première rencontre, les membres du comité ont écouté une vingtaine de suggestions citoyennes et recommandé aux fonctionnaires de se pencher sur les solutions proposées pour évaluer leur faisabilité.

Parmi celles-ci, l’exemple des conseils de quartier, ou des conseils d’arrondissement, comme ceux en place à Montréal a été à maintes reprises soulevé.

Dave Meslin, qui est également l’auteur d’un livre sur la gestion municipale, affirme que la mise en place de conseils de proximité est le seul moyen de permettre aux citoyens de tout le territoire d’accéder aux lieux de décision.

Tableau des anciennes localités aujourd'hui sur le territoire de TorontoDave Meslin a présenté ce résumé des anciennes localités qui composent aujourd'hui Toronto pour démontrer la perte de proximité du gouvernement municipal avec les citoyens Photo : Radio-Canada

L’hôtel de ville est bien loin, physiquement, de la plupart des citoyens de Toronto.

Dave Meslin, résident de Toronto

Le conseiller Gord Perks, qui copréside le comité, affirme que de tels conseils pourraient aussi alléger la tâche des conseillers devenue, selon lui, presque ingérable depuis la réduction de la taille du conseil.

Il affirme que la moitié de son temps est consacré à la gestion des affaires globales de la ville, comme le développement économique et le logement par exemple, alors que l’autre moitié est consacrée à la gestion d’enjeux très locaux à son quartier de Parkdale-High Park.

J’ai l’impression d’avoir été laissé au milieu de l’océan avec rien pour revenir au bord.

Gord Perks, conseiller, ville de Toronto

Selon le conseiller, des décisions locales, comme la mise en place de pistes cyclables ou de services communautaires, pourraient être déléguées à d’éventuels conseils de quartiers.

La Ville compte déjà quatre conseils communautaires, un pour chacune des quatre anciennes municipalités qui forment aujourd’hui Toronto :

  • Etobicoke
  • North York
  • Scarborough
  • Toronto (centre)

Les conseillers siègent déjà à ces instances qui s’occupent de questions très locales. Cela s’ajoute à leur charge de travail, qui est devenue un enjeu important depuis la réduction de la taille du conseil municipal.

La professeure associée à l’Université du Québec à Montréal, Danielle Pilette, doute que le modèle de Montréal puisse être efficace dans une ville comme Toronto.

Elle affirme que la trop grande proximité comporte également des risques. Elle note par exemple un risque, pour les élus municipaux, d’être « happés par des décisions qui devraient être administratives ». Elle souligne également qu’il peut être très difficile de rapatrier des pouvoirs qui auraient été délégués aux conseils locaux.

Elle souligne toutefois que la participation citoyenne devrait toujours être favorisée dans les conseils municipaux. Ceux qui le souhaitent devraient, selon elle, être autorisés à s’adresser aux élus en personne ou encore en utilisant les médias sociaux.

À Toronto, aucun temps de parole n’est accordé aux citoyens lors des réunions du conseil municipal. Ceux qui le souhaitent peuvent toutefois faire des présentations lors des réunions des différents comités de la Ville.

Affaires municipales

Politique