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Place de choix pour les très petites entreprises dans les Comtés unis de Prescott et Russell

Deux hommes font des travaux.
Les serruriers Mathieu Bougie et Paul St-Denis ont fondé leur entreprise il y a environ trois ans. Photo: Radio-Canada / Denis Babin
Denis Babin

Les très petites entreprises continuent d'occuper une place importante dans le paysage économique des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR), indique le rapport Opportunités Prescott et Russell (OPRO) écrit par le Bureau de développement économique et touristique des CUPR.

Selon ce document, 41 % des 563 des compagnies consultées comptent entre un et quatre employés.

L’entreprise fondée il y a environ trois ans par les serruriers Paul St-Denis et Mathieu Bougie correspond en tous points à cette description.

Lentement, mais sûrement, les deux jeunes entrepreneurs de Saint-Eugène, à la fois propriétaires et employés, se sont mis à accumuler les contrats, que ce soit dans les secteurs résidentiel, commercial ou institutionnel.

La demande était là. On se faisait achaler par le monde : "pourquoi ne faites-vous pas de l’ouvrage dans les alentours de Hawkesbury?" […] On commence à avoir des clients toutes les semaines, raconte Mathieu Bougie qui, avec son partenaire, travaille aussi à temps plein pour une commission scolaire québécoise.

Un nombre insuffisant de candidats

Le rapport OPRO est le fruit d’un sondage mené au cours des deux dernières années auprès d’entreprises des CUPR œuvrant dans les secteurs commercial, industriel, agricole et touristique.

L’exercice a permis de dégager plusieurs constats. Le sondage a confirmé entre autres les difficultés vécues par bon nombre d’employeurs au chapitre de l’embauche : 45 % des entreprises ont indiqué devoir composer avec cette réalité en raison notamment de l’insuffisance de candidats.

Parallèlement, la moitié d’entre elles qualifie la capacité de leur collectivité respective à attirer et maintenir de nouveaux employés de passable à médiocre.

C’est sûr qu’au niveau de la main-d’œuvre, nous avons de grands défis à relever. […] Il va falloir développer une stratégie pour voir ce qui pourrait être fait, indique Olivier Berthiaume, l’employé du Bureau du développement économique et touristique des CUPR, qui a coordonné le projet.

Un homme avec un rapport à la main.Agrandir l’imageLe coordonnateur du projet OPPRO, Olivier Berthiaume. Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Accès à Internet haute vitesse : un autre cheval de bataille

Dans certains secteurs ruraux, l’absence d’un service Internet haute vitesse fiable et abordable constitue aussi un frein à la croissance des entreprises.

Près de la moitié des entrepreneurs qui ont répondu au sondage disent avoir éprouvé des problèmes avec la vitesse, la connexion ou le coût des services Internet.

On peut toujours avoir des services, mais quand nous sommes rendus que l’on dépense 200 $ ou 300 $ par mois dans l’Internet […] ça peut être un obstacle, pense le maire d’Alfred-Plantagenet, Stéphane Sarrazin, lui-même propriétaire d’une petite entreprise.

Un autre élément du rapport : 13 des 15 organismes ou services d’aide aux entreprises ne sont pas consultés.

On a un réseau de soutien aux entreprises, mais malheureusement, ce n’est pas utilisé. Donc, les entreprises nous ont soulevé notamment que le mandat de ces organismes-là se dédoublait [que ce] n’était pas clair. Nous allons avoir du travail à faire là-dessus, ajoute Olivier Berthiaume.

Après les faiblesses, les forces

Le rapport souligne aussi les forces de la région en matière de développement économique. Selon le sondage, la qualité de vie offerte aux résidents et le climat des affaires font peser la balance en faveur des CUPR.

L’emplacement géographique du territoire doit aussi être pris en considération.

Les intervenants économiques locaux se plaisent à rappeler à quiconque veut l’entendre que les CUPR sont avantageusement situés à mi-chemin entre les régions métropolitaines de Montréal et d’Ottawa.

[L’emplacement géographique favorable], ce n’était peut-être pas la plus grande des surprises, mais nous sommes quand même fiers que ce soit ressorti, souligne Olivier Berthiaume.

Réfléchir à son avenir

Les serruriers Mathieu Bougie et Paul St-Denis ont certainement su tirer profit de cet avantage géographique pour faire croître leur entreprise. Les deux complices réfléchissent actuellement à leur avenir.

On fait encore nos clients résidentiels, mais nos clients institutionnels, on commence à avoir une grosse demande de leur part. […] On regarde nos options. On a beaucoup d’ouvrage. Le temps commence à être difficile à trouver. Éventuellement, on va peut-être devoir engager des employés, confie Paul St-Denis.

D’après le document, les propriétaires d'entreprise des CUPR qui souhaitent prendre de l’expansion prévoient créer tout près de 600 emplois d’ici les 18 prochains mois.

Encore faut-il que ces derniers puissent compter sur une main-d’œuvre qualifiée, ce qui est un défi pour Mathieu Bougie et Paul St-Denis.

On ne fait pas juste couper des clés, conclut en riant M. Bougie.

Ottawa-Gatineau

Entrepreneuriat