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YouTube supprime 400 comptes liés à la pornographie juvénile

Des silhouettes de personnes utilisant des ordinateurs portables sont visibles devant un immense logo de l'entreprise YouTube.
L'algorithme de YouTube recommanderait des contenus pouvant relever de la pornographie juvénile, selon un internaute qui dénonce la situation. Photo: Reuters / Dado Ruvic
Radio-Canada

YouTube a supprimé plus de 400 comptes et des dizaines de millions de commentaires depuis qu'un youtubeur a révélé, dimanche, que de présumés pédophiles se servaient de la plateforme pour échanger des images de mineurs.

La réaction de YouTube survient alors que d’importants annonceurs, dont Disney, Nestlé, Epic Games (créateur du jeu vidéo Fortnite) et Dr. August Oetker KG (géant de l’alimentation) ont annoncé qu’ils se retiraient de la plateforme ces derniers jours.

Ces annonceurs craignaient que leurs publicités se retrouvent sur les vidéos utilisées par les pédophiles pour communiquer entre eux dans les commentaires. Certaines de ces vidéos étaient en effet accompagnées de publicités affichées automatiquement par le système de YouTube.

L’origine de la controverse

La controverse actuelle a été soulevée par une vidéo mise en ligne par le youtubeur Matt Watson, alias MattsWhatItIs. Dans cette vidéo, M. Watson accuse YouTube de faciliter le partage de vidéos mettant en scène des enfants dans des situations pouvant relever de la pornographie juvénile.

Il rapporte que de présumés pédophiles s’échangent des numéros WhatsApp par le biais des commentaires situés sous les vidéos. Ces numéros peuvent ensuite être utilisés pour envoyer de la pornographie juvénile explicite à l’aide des communications chiffrées de l’application de messagerie détenue par Facebook.

Les vidéos hébergées sur YouTube ne sont pas explicites, mais dans les commentaires, les internautes indiquent les moments précis où les enfants sont dans des positions sexuellement implicites. L’objectif est de permettre aux autres utilisateurs de retrouver ces images plus facilement.

Dans les jours suivant la mise en ligne de la vidéo de Matt Watson, un mouvement viral appelant YouTube à régler le problème s’est mis en branle, à l’aide du mot-clic #YouTubeWakeUp (« YouTube réveille-toi »).

Réaction de YouTube

Mercredi, YouTube a réagi dans un commentaire envoyé à Philip DeFranco, une personnalité influente sur la plateforme qui s’était exprimée au sujet de la controverse dans une de ses vidéos.

« Au cours des dernières 48 heures, en plus de nos protections habituelles, nous avons désactivé les commentaires sous des dizaines de millions de vidéos, a indiqué YouTube. Nous avons également supprimé plus de 400 chaînes en raison des commentaires laissés sous des vidéos, et nous avons rapporté les commentaires illégaux aux forces de l’ordre. Il y a encore fort à faire, et nous continuons à agrandir notre équipe afin de nous assurer que les gens sont en sécurité [sur notre plateforme]. »

L’entreprise avait déjà réagi dans les médias, plus tôt cette semaine. Elle avait par exemple indiqué à The Verge qu’elle avait « immédiatement supprimé des comptes et des chaînes, dénoncé les activités illégales aux autorités et désactivé les commentaires inappropriés ».

Crainte d’une nouvelle « adpocalypse »

Le retrait des annonceurs fait craindre une nouvelle vague de pertes de revenus pour les créateurs de vidéos sur YouTube, comme c’était arrivé en 2017.

À l’époque, d’importants annonceurs avaient boudé la plateforme parce que leurs publicités avaient été associées à des vidéos présentant des contenus extrémistes et violents. De nombreux youtubeurs avaient été des victimes collatérales de ce mouvement de retrait, qui avait été surnommé l’« adpocalypse ».

Le terme « adpocalypse » a été inventé pour désigner une controverse survenue en 2016, lorsque YouTube a choisi de permettre les publicités uniquement sur les vidéos convenant à tous les publics. Un très grand nombre de youtubeurs avaient été touchés par cette nouvelle politique, voyant leurs revenus s’évaporer du jour au lendemain.

Le terme a été réutilisé à plusieurs reprises, depuis, pour parler d’autres changements touchant les créateurs de contenu.

Avec les informations de The Verge, Bloomberg, et CNN

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