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Déneigement : « On sert un peu de punching bag », regrette Valérie Plante

La mairesse en point de presse. À ses côtés, Luc Ferrandez.

Le service de déneigement de la Ville de Montréal n'est pas pire que celui des villes de banlieue, soutient la mairesse Valérie Plante.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Jérôme Labbé

La mairesse Valérie Plante estime que la Ville de Montréal sert injustement de défouloir à ceux qui en ont marre de l'hiver. Elle soutient que le service de déneigement de la Ville de Montréal n'est ni pire ni meilleur que celui des villes de la banlieue.

« Je pense qu'on sert un peu de punching bag pour l'entièreté des pratiques de déneigement », a lâché la mairesse jeudi matin, en réponse aux nombreuses critiques faites à l'endroit de son administration depuis le début de l'hiver.

L'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, par exemple, lui reproche de ne pas avoir prévu assez d'argent pour le déneigement, notamment pour financer les croque-glaces et les drones promis pour affronter l'hiver.

Mais ce n'est pas une question d'argent, soutient Mme Plante, mais plutôt une question de... météo. Les précipitations de pluie, par exemple, ont été deux fois plus importantes que la normale depuis le début de l'hiver, a-t-elle illustré.

De plus, la grogne ne se limite pas à Montréal, estime la mairesse; elle s'exprime dans toute la région. C'est seulement que Montréal bénéficie d'une plus grande couverture médiatique, a-t-elle fait valoir.

« J'étais avec les maires de la couronne, de la Rive-Sud et de la Rive-Nord, la semaine dernière, et un peu à la blague, ils disaient : "Heureusement qu'il y a Montréal, qui est un peu le paratonnerre de toutes les critiques" », a raconté Mme Plante.

Cela dit, la mairesse de Montréal dit comprendre l'exaspération de certains résidents. « Je comprends que s'ils sortent de chez eux et qu'ils trouvent que leur trottoir est mal déglacé, je comprends la frustration », a-t-elle répété.

Mme Plante soutient toutefois que le réseau artériel, « de façon générale », « est en très, très bon état ». « Le réseau local est plus difficile », a-t-elle admis, sans toutefois nommer un arrondissement en particulier.

La mairesse répondait aux questions de la presse en marge d'une annonce concernant la création de deux nouveaux programmes municipaux destinés à améliorer l'accès aux plans d'eau et à verdir les parcs locaux – un investissement de 75 millions de dollars sur trois ans déjà prévu au programme triennal d'immobilisations (PTI).

Des souffleuses arrêtées à un feu rouge, la nuit.

Montréal amorcera jeudi soir sa cinquième opération de chargement de la neige de l'hiver.

Photo : Radio-Canada / Alain Béland

La Ville de Montréal a par ailleurs décrété jeudi une cinquième opération de chargement pour ramasser les 12 centimètres de neige tombés la nuit dernière. Les déneigeurs commenceront leur travail à compter de 19 h sur les 10 000 kilomètres de rues et de trottoirs que compte la municipalité. Quelque 2200 véhicules de déneigement seront déployés sur le terrain.

Le lancement de cette nouvelle opération survient alors qu'on apprenait mercredi que le budget annuel de la Ville de Montréal en matière de déneigement allait probablement être dépassé pour une deuxième année consécutive.

C'est que les mois de janvier et de février ont été particulièrement neigeux. Depuis le début du mois de janvier, la ville a déjà reçu 191 centimètres de neige. Ainsi, du 1er janvier à la fin de l’opération de ramassage de la dernière bordée de neige, jeudi, 12 millions de mètres cubes ont été ramassés, soit « l’équivalent d’un hiver moyen complet condensé en un mois et demi », a souligné l'administration dans un communiqué transmis jeudi.

« La métropole connaît un hiver particulièrement difficile et atypique », écrit-elle, rappelant, comme pour faire écho aux propos de la mairesse, que cet hiver est « caractérisé par d'importantes quantités de pluie (163 millimètres à ce jour) et de nombreux épisodes de variations importantes de températures qui complexifient les opérations de déneigement et de déglaçage ».

La Ville de Montréal avait prévu un peu plus de 165 millions de dollars pour ses opérations de déneigement cet hiver, mais tout indique maintenant que les coûts pourraient, comme l'an dernier, dépasser les 200 millions de dollars.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine

Grand Montréal

Politique municipale