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Énergie Saguenay veut construire l’usine de gaz liquéfié la plus verte au monde

Carte illustrant un tracé partant de Rouyn-Noranda à Saguenay, où GNL Québec veut construire une usine de liquéfaction de gaz naturel et un terminal maritime.
Le corridor à l'étude pour le projet d'implantation d'un gazoduc par GNL Québec s'étend sur 750 kilomètres. Photo: Radio-Canada
Mélissa Savoie-Soulières

Selon GNL Québec, le projet Énergie Saguenay pourrait être le plus vert au monde.

Le projet de 9 milliards de dollars vise la construction d’une usine de gaz naturel liquéfié à Saguenay. Le gaz serait transporté jusque chez nous par gazoduc à partir de l’Ouest canadien. Il serait transformé ici puis exporté partout dans le monde.

Dans son étude d’impact environnemental dévoilée mercredi, la compagnie explique que, pour réduire au maximum sa production de gaz à effet de serre, l'usine serait alimentée avec de l'hydroélectricité plutôt qu’avec son propre gaz naturel.

Étant donné qu'elle fonctionne à l'hydroélectricité, notre usine est nettement moins émettrice qu'une usine qui fonctionne au gaz naturel. Elle émettrait 84 % de plus de gaz à effet de serre [si elle était au gaz naturel], explique la directrice environnement de GNL Québec, Caroline Hardy.

Si GNL obtient le feu vert du Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE), la construction de l'usine pourrait commencer en 2021. Les activités quant à elles démarreraient en 2025.

Moins polluant

GNL Québec veut mettre en place plusieurs mesures afin que son projet soit moins polluant.

Trois à quatre bateaux circuleraient sur les eaux du Saguenay chaque semaine. La compagnie a l’intention d’utiliser des navires à deux coques, ce qui réduirait les risques de déversement.

Le bruit des installations d'Énergie Saguenay serait aussi réduit. Sur le plan des décibels, l'usine serait comparable à un restaurant paisible. L'éclairage serait limité à ce qui est sécuritaire.

La compagnie a aussi choisi d’opter pour des installations horizontales plutôt que verticales afin de rendre le complexe d’Énergie Saguenay le plus discret possible.

Le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) a calculé la quantité totale de gaz à effet de serre du projet.

Si on a la totalité du cycle de vie, des travaux préliminaires à l'utilisation du gaz, on parlerait d'un chiffre tournant autour de 35 000 kilotonnes par année.

Pierre-Olivier Roy, analyste au CIRAIG

L’étude d’impact environnemental, qui fait 5000 pages avec les annexes, a été déposée à l'Agence d'évaluation environnementale du Canada et au ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec aujourd’hui. Les deux instances devront juger si l’étude est recevable ou si la compagnie doit refaire ses devoirs.

Québec ne veut pas commenter les prétentions de GNL Québec, selon lesquelles l'usine serait la plus verte de la planète. Le gouvernement préfère laisser le processus suivre son cours.

Reste à voir si ce sera démontré tout au long du processus environnemental. À ce moment-ci, on ne peut certainement pas présumer du résultat, a affirmé le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, lors d’une mêlée de presse à Québec.

Les opposants ne veulent pas non plus tirer de conclusions hâtives et souhaitent prendre connaissance de l’étude d’impact. Ils réclament toutefois une étude globale sur les projets gaziers et leurs répercussions dans le fjord du Saguenay.

Il faut qu’il y ait un examen conjoint Canada-Québec sur la question pour qu’ensemble on décide si oui ou non on veut ce projet-là et qu’on fasse un processus de consultation clair et complet avec la population, indique le porte-parole de la Coalition Fjord, Adrien Guibert-Barthez.

Des contrats en négociation

En plein processus environnemental, l’entreprise s'active pour vendre son gaz naturel. La quasi-totalité des 11 millions de tonnes qui seraient produites à Saguenay fait l'objet de négociations pour des contrats d’exportation aux quatre coins du globe.

La majorité des clients se trouvent en Asie et en Europe. Pour de nombreux acheteurs potentiels, le gaz naturel servirait surtout à remplacer le nucléaire et le charbon.

Ce sont des contrats de 20 ans qui impliquent des sommes considérables pour les contreparties, donc ça prend du temps, mais on avance bien, conclut le vice-président au développement de GNL Québec, Tony Leverger.

Saguenay–Lac-St-Jean

Environnement