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Vers une première école primaire internationale en Abitibi-Témiscamingue

Une école nommée Sacré Coeur, en hiver.
L'école primaire Sacré-Coeur, de Rouyn-Noranda Photo: Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard
Émilie Parent Bouchard

L'école Sacré-Coeur de Rouyn-Noranda pourrait commencer à déployer le programme international dès la rentrée de septembre prochain aux élèves de la première à la sixième année, une initiative dont on anticipe déjà que les retombées rayonnent bien au-delà des murs de cette école de quartier.

Décembre 2018. L’enseignante Karine Lauzon, alors en congé maladie, est approchée par les leaders de la démarche « Rêvons l’école ». Mon corps était en convalescence, mais ma tête fonctionnait très bien et j’avais du temps!, illustre-t-elle.

Le programme d’école internationale, le point de départ c’est à Genève en Suisse. Il a été construit après la Deuxième Guerre mondiale. On souhaitait former des citoyens du monde, ouverts, pacifiques. Le but ultime, c’était qu’il n’y ait plus jamais de guerre mondiale. J’ai allumé vraiment beaucoup là-dessus parce que dans le monde d’aujourd’hui, c’est important. L’ouverture sur le monde est cruciale, poursuit l’enseignante, qui ne compte plus les heures investies dans le projet depuis plus d’un an.

Ma mère trouve que c’est cool, parce qu’elle est déjà allée, lance Samuelle, précisant que la question a fait l’objet d’une discussion enthousiaste en famille la veille, en raison de la missive transmise à tous les parents d’élèves.

Qu’est-ce que l’école internationale?

Mon ancienne école, c'était aussi une école internationale, j'avais aimé ça, renchérit Léon, qui indique avoir particulièrement apprécié le module d’enseignement sur l’Homme de Cro-Magnon, où il a notamment pu approfondir des notions de mathématiques, d’art et de français.

Des élèves dans une classe sourient à la caméra, pendant que l'enseignante marche entre les bureaux.La classe de 4e année de Mme Karine Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

L’approche pédagogique du programme international repose en effet sur l’apprentissage par modules et s’imbrique dans le programme ministériel. Pour la directrice de l’école Sacré-Coeur, c’est un peu l’esprit de la réforme qui respire dans cette approche par projet, si on y ajoute l’ouverture sur le monde, sur l’autre.

C’est la façon d’enseigner, la philosophie qui est différente, fait valoir Maryse Demontigny, dont l’enthousiasme a été décuplé par une formation sur le sujet suivie cet automne et où elle a pu échanger avec des enseignantes et des directions d’écoles du Québec qui appliquent déjà la programme international. Les enseignants devront monter six modules d’enseignement avec des thèmes qui ne se répèteront pas de la première à la sixième année.

Ces six thèmes transdisciplinaires d’importance mondiale doivent permettre aux élèves de développer tant leurs connaissances que leurs compétences, ajoute-t-on sur le site web de l’International Baccalaureate (IB), qui peut se targuer d’être présent dans 109 pays.

Former des citoyens du monde

Je crois que le monde dans lequel on vit, l’idée de faire de nos enfants de futurs citoyens avertis est pour moi une priorité, plaide le président du conseil d’établissement de l’école Sacré-Coeur, Louis-Paul Willis, soulignant au passage que le projet a été entériné à l’unanimité. Je crois que le programme international ajoute ce petit volet que je trouve crucial, c’est-à-dire la formation de nos futurs citoyens.

L’idée, c’est d’arrêter d’entretenir la peur de l’autre, finalement. C’est en devenant des citoyens plus avertis, ouverts sur le monde, qu’on comprend l’autre plutôt que d’avoir peur. Et je pense que c’est le fil conducteur qui sous-tend tout le truc.

Louis-Paul Willis, président du conseil d’établissement de l’école Sacré-Coeur

Pour l’enseignante Karine Lauzon, si l’élève s’ouvre vers le monde, c’est aussi une invitation à mieux comprendre son pouvoir d’action sur le monde. En d’autres termes, le programme international vise aussi à stimuler l’implication communautaire, d’abord dans son milieu, dans son école, dans sa communauté, mais aussi un encouragement à faire tomber les frontières.

On va chercher aussi les ressources de notre communauté, donc ça va devenir vraiment gagnant à tous les niveaux : pour les enfants, les enseignants, les parents et la communauté de notre quartier, et même quartier élargi, plaide-t-elle, insistant sur le développement de partenariats à réaliser avec des organisations ou des entreprises de la région.

Trois femmes et un homme posent pour la caméra autour d'une table.Le noyau dur du projet d’implantation du programme international à l’école primaire Sacré-Coeur : l’enseignante de 4e année Karine Lauzon, le président du conseil d’établissement de l’école Sacré-Coeur, Louis-Paul Willis, la co-instigatrice de la démarche « Rêvons l’école », Émilie Auclair, et la directrice de l’école Sacré-Coeur, Maryse Demontigny. Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Facteur d’attraction?

Sa directrice croit que non seulement le projet devrait ainsi faire l’objet de convoitise de la part des élèves de Rouyn-Noranda et de leurs parents, mais aussi du personnel enseignant.

Je ne peux pas confirmer que ça va être plus attrayant de venir enseigner ici, parce que c'est sûr que les premières années, on a tout à apprendre. Mais on espère que oui, on va être une école recherchée par les enseignants pour venir enseigner chez nous!, anticipe Mme Demontigny.

La co-instigatrice de la démarche « Rêvons l’école », membre du conseil d’établissement de l’école Sacré-Coeur et maman du petit Léon, Émilie Auclair, va même plus loin. L'attraction et la rétention de main-d'oeuvre en Abitibi-Témiscamingue, c'est l'enjeu de l'heure, rappelle-t-elle. Si on veut faire venir les gens et les garder en région, ça passe nécessairement par l'emploi, mais vraiment rapidement ensuite, ça passe par l'école.

Il faut aller vers ça, sinon on va manquer le bateau. Que ce soit ceux de l'emploi, de l'attraction ou de l'école, tous les enjeux convergent, alors allons-y!

Émilie Auclair, co-instigatrice de Rêvons l’école

Une mobilisation initiée par « Rêvons l'école » est d’ailleurs déjà en cours pour l'implantation du programme international au niveau secondaire à Rouyn-Noranda. Dans la région, seule la Polyvalente Le Carrefour de Val-d'Or dispense actuellement ce programme. Je vois l’école Sacré-Coeur comme une première école. La deuxième, on veut une école secondaire et on vise le Cégep ensuite, conclut-elle.

Pour écouter le reportage d'Émilie Parent-Bouchard à Région zéro 8, cliquez ici.

Abitibi–Témiscamingue

Éducation