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Les nids-de-poule, « symptôme » d'un réseau routier vieillissant

Gros plan d'un nid-de-poule alors que s'approche une minifourgonnette.

Nid-de-poule à Toronto

Photo : Radio-Canada

Camille Feireisen

« C'est une bonne saison pour les nids-de-poule », indique Guy Doré, professeur en géotechnique routière au département de génie civil de l'Université Laval à Québec. Et pour cause : ces petits cratères sont associés à la circulation, mais aussi au climat. Or les grandes variations de température des dernières semaines ont eu un impact important sur la chaussée à Toronto où les nids-de-poule se multiplient.

Un nid-de-poule ça prend d'abord un réseau qui a des brèches, c'est-à-dire que les routes commencent à être fissurées et cela donne à l'eau la possibilité de pénétrer dans la chaussée. C'est le cas dans un réseau vieillissant, explique M. Doré.

Les dégels successifs, l'eau qui s'infiltre dans les fissures et soulève le pavage favorisent aussi la formation de nids-de-poule.

La Ville a relancé ses opérations de colmatage de ces trous qui causent des crevaisons, brisent la suspension des véhicules et provoquent des accidents.

Nous avons des équipes dans chaque district qui répondent aux nids-de-poule signalés au 3-1-1 et une autre équipe qui patrouille dans chaque district à la recherche de nids-de-poule, précise le surintendant municipal Mark Mills.

Coûts et budget des nids-de-poule à Toronto :

  • Chaque réparation coûte environ 25 $
  • La Ville prévoit de 4 à 5 millions de dollars pour la réparation annuelle des nids-de-poule
  • Les chauffeurs peuvent remplir une réclamation pour demander à être remboursés
  • La Ville répare environ 200 000 nids-de-poule chaque année

Il ajoute que le délai de réparation est de quatre jours avant qu'il ne soit comblé une fois l'appel passé.

Mark Mills, surintendant municipal, est dehors, a les cheveux courts et blanc, il a les yeux bleus, il porte un manteau noir avec le logo de la Ville de Toronto et il parle au micro de Radio-Canada

Mark Mills, surintendant municipal, explique que la Ville dépense entre 4 et 5 millions de dollars chaque année pour réparer les nids-de-poule dans la ville.

Photo : Radio-Canada

De bonnes pratiques de construction et d'entretien

Pour réparer ces petits cratères, les équipes placent de l'asphalte et le ratissent dans le nid-de-poule. Ensuite, ils tassent l'asphalte et le lissent jusqu'à ce que la surface de la route soit améliorée. Un travail qui prend entre 15 à 20 minutes, mais ne répare pas sur le long terme, rappelle M. Doré. 

Selon lui, seul l’entretien à long terme pourrait permettre une chaussée durable. Il y a deux interventions : celle d'urgence lorsque les nids-de-poule apparaissent et celle après, lorsque les conditions météorologiques sont meilleures, souligne M. Doré.

D'abord, on met de l'asphalte froid, mais ce n'est pas un très bon produit et souvent placé dans des conditions exécrables donc cette intervention ne peut pas durer plus que quelques semaines. Ensuite on doit revenir pour scier le pavage autour du nid-de-poule, excaver et s'assurer que la fondation est bonne et replacer un nouveau revêtement. Encore là c'est un rapiéçage, mais qui peut durer quelques années, précise-t-il.

Un nid-de-poule

Un nid-de-poule

Photo : Radio-Canada / Conrad Fournier

Éventuellement il faut prendre la bonne décision et refaire la route en la rendant très résistante à ces phénomènes-là.

Guy Doré, professeur en géotechnique routière au département de génie civil de l'Université Laval

Mike Mills explique que la Ville de Toronto procède en mettant d'abord de l'asphalte froid de façon urgente, avant de revenir durant l'été et y mettre de l'asphalte chaud, qui est plus durable. Il ajoute que la Ville dépense 171 millions dollars chaque année pour restructurer et rénover certaines routes. Mais, malheureusement, cela ne comprend pas toutes les routes, alors pour les autres on répare les nids-de-poule au fur et à mesure, c'est plus économique, dit-il.

M. Doré rappelle pour sa part que peu importe le matériau ou la main-d'œuvre, remplir un nid-de-poule n'est qu'une solution temporaire.

Les nids-de-poule sont un symptôme d'une fin de vie. Il suffit de bien gérer en amont et on les évite. Si on commence à avoir une épidémie de nids-de-poule, c'est parce que quelque chose ne marche pas au niveau de la gestion de la route, considère Guy Doré. 

D'autant qu'avec les changements climatiques, les gels et dégels seront beaucoup plus nombreux et avec ça, le problème des nids-de-poule risque de s'aggraver, pense le professeur.

Vue aérienne du trou dans la chaussée.

L'énorme trou sur la rue Yonge, près de l'artère York Mills.

Photo : Radio-Canada / Mike Heenan

Un problème à l'échelle du pays

Les gouvernements municipaux et provinciaux du Canada cherchent tous de meilleurs moyens pour faire face à leurs problèmes croissants de nids-de-poule, mais aucun d'entre eux n'est en mesure de déterminer si les réparations qu'ils effectuent actuellement sont efficaces dans le temps, a constaté l'auteur d'une étude sur les dangers sur la route.

Un ingénieur principal de l'entreprise Applied Research Associates, Dave Hein, a été mandaté par l'Association des transports du Canada afin de trouver de meilleures solutions pour réparer les nids-de-poule. L'association étudie des enjeux techniques liés aux routes, autoroutes et au transport urbain. Le rapport final de ce dernier est attendu au mois d'avril.

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