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Meurtre dans un CHSLD : deux verdicts possibles

Michel Cadotte à sa sortir de la salle d'audience, le 19 février.
Michel Cadotte est accusé d'avoir tué sa femme, atteinte de la maladie d'Alzheimer. Photo: The Canadian Press / Ryan Remiorz
La Presse canadienne

Le sort de Michel Cadotte, accusé d'avoir tué sa femme malade, est maintenant entre les mains d'un jury. Les jurés ont été séquestrés mercredi pour déterminer le sort de l'homme de 57 ans, accusé du meurtre non prémédité de son épouse, Jocelyne Lizotte, atteinte de la maladie d'Alzheimer à un stade avancé.

La juge Hélène Di Salvo, de la Cour supérieure du Québec, a expliqué au jury composé de huit hommes et de quatre femmes qu'il devait déclarer Michel Cadotte coupable. Il doit toutefois déterminer s'il a commis un meurtre au deuxième degré ou un homicide involontaire coupable.

Au cours du procès, l'accusé a avoué qu'il avait fait suffoquer son épouse avec un oreiller.

Deux ans jour pour jour après le décès de la femme, la juge a souligné mercredi que la peine potentielle ne devrait pas être prise en compte dans leurs délibérations.

Votre rôle se limite à déterminer si la poursuite a prouvé la culpabilité de M. Cadotte hors de tout doute raisonnable quant au meurtre au deuxième degré ou à l'homicide involontaire coupable.

La juge Hélène Di Salvo

Jocelyne Lizotte, 60 ans, vivait dans un établissement de soins de longue durée, incapable de s'occuper d'elle-même après avoir été frappée par la maladie d'Alzheimer neuf ans plus tôt. Michel Cadotte avait appris que son épouse depuis 19 ans n'était pas admissible à l'aide médicale à mourir, car elle ne pouvait pas donner son consentement et n'était pas considérée comme étant en fin de vie.

Le jury devra évaluer l'état d'esprit de l'époux au moment du décès. Selon la juge Di Salvo, la question centrale des délibérations sera de savoir s'il avait l'« intention requise » de commettre un meurtre. Sinon, une condamnation pour homicide involontaire coupable est la seule option possible, a-t-elle ajouté.

Le procès a débuté le 14 janvier et Hélène Di Salvo a passé plusieurs heures à résumer la preuve, en informant le jury que celle-ci devait être considérée dans son ensemble.

Les avocats de la défense ont affirmé que leur client était déprimé et incapable de s'en sortir après avoir observé Mme Lizotte souffrir pendant neuf ans. La poursuite a rétorqué que Michel Cadotte avait compris l'impact de ses actes et avait l'intention de tuer son épouse lorsqu'il lui tenait l'oreiller sur le visage.

Les instructions finales étant complètes, les jurés ont été séquestrés. Ils se réuniront tous les jours jusqu'à ce qu'ils obtiennent un verdict unanime.

La juge avait auparavant souhaité ajouter une nuance à une déclaration faite mardi par le procureur de la Couronne. Elle a alors demandé aux jurés de ne pas juger l'homme mais l'acte qu'il a commis.

La juge Di Salvo a rappelé aux jurés qu'ils avaient entendu trois experts de la défense et de la Couronne qui avaient émis des opinions divergentes sur l'état d'esprit de l'accusé.

« Il vous sera difficile, voire impossible, de dissocier l'homme, M. Cadotte, de l'action de poser l'oreiller sur le visage de Mme Lizotte, a ajouté Mme Di Salvo. Vous devrez juger l'acte commis par M. Cadotte, mais aussi son état d'esprit à ce moment précis. »

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