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La situation des sans-abri à Winnipeg ne s’est pas améliorée en dix ans

Un sans-abri dormant sur le sol, en plein hiver.
Le rapport 2018 de l’organisation End Homelessness Winnipeg sur la santé des sans-abri signale que le profil des sondés ne connaît pas de variation depuis 10 ans. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Un rapport de l'organisme End Homelessness Winnipeg montre qu'en 2018, la majorité des sans-abri de la ville sont des Autochtones et que plus de la moitié des sondés souffrent de problèmes de santé mentale.

L'organisation déplore dans son rapport que le profil des personnes sans abri n’ait pas changé dans les dix dernières années.

Pour le président du Conseil autochtone de Winnipeg, Damon Johnston, ce n’est pas vraiment une surprise.

« On sait depuis longtemps que nous avons un grand nombre d’Autochtones qui sont sans abri. C’est lié à notre histoire. Maintenant, nous devons gérer les traumatismes du passé et travailler avec les personnes touchées pour améliorer leur santé », explique-t-il.

Le rapport de End Homelessness note que près de 65 % des sondés en 2018 souffrent de problèmes de santé mentale.

« On sait très bien qu’on a une pénurie de services de soins en santé mentale », affirme d’ailleurs le président directeur général de l’Office régional de la santé de Winnipeg, Réal Cloutier.

Pour résoudre ce problème, le rapport préconise une meilleure collaboration des services de santé avec les services sociaux.

Réal Cloutier, qui est du même avis, soutient que cette coopération se met en place.

« Le gouvernement a demandé aux services régionaux de santé, aux départements de famille et de logement, de travailler ensemble pour voir comment on peut offrir plus de services dans les communautés », précise-t-il.

Parmi ses recommandations, End Homelessness Winnipeg insiste sur l’importance d’améliorer les mesures de prévention pour s’attaquer aux racines de l’itinérance.

Vivre dans la rue est, pour beaucoup de sans-abri, lié à des stigmates de leur passé, explique l'organisme.

« Le gouvernement a joué le rôle de mes parents. J’ai été placé dans d’innombrables familles d'accueil. Je n’ai jamais démontré d'aptitude pour avoir et garder une maison, et on ne m'a jamais appris comment faire », témoigne Stephen King, un ancien sans-abri hébergé depuis un an.

Il affirme qu’être un sans-abri a un impact destructeur sur la santé psychique.

Vivre dans la rue, c’est de la douleur et une apathie complète.

Stephen King, ancien sans-abri

« Le plus dur, c’est de demeurer déterminé, lorsque tout est contre vous. Vous êtes toujours à la merci des autres, parce que vous n’avez pas ce dont vous avez besoin et ce sont les autres qui l’ont », rapporte-t-il.

Stephen King, ancien sans-abri.Stephen King estime que le manque d'entourage est l'une des choses les plus dures à vivre dans son expérience de sans-abri. Photo : Radio-Canada

Stephen King ajoute que l’éducation est l'une des clés pour garantir un avenir stable. Il confie qu'il a toujours une crainte du lendemain.

« Je n’en suis toujours pas sorti, je peux me retrouver à la rue à n’importe quel moment », conclut-il.

Méthodologie

End Homelessness Winnipeg a mené 406 entrevues individuelles de 45 à 75 minutes avec des sans-abri de 18 ans et plus issus de 30 centres d'hébergement de la ville entre juillet et octobre 2018.

Avec des informations de Patrick Foucault et Mathilde Monteyne

Manitoba

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