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  • Exclusif
  • G7 : des centaines de policiers de la SQ en vacances rappelés au travail à « taux et demi »

    Des policiers en uniforme vêtus de masques à gaz

    Plus de 230 policiers de la SQ en vacances lors du G7 ont été rappelés au travail en heures supplémentaires à taux et demi, a appris Radio-Canada

    Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

    Maxime Corneau

    La Sûreté du Québec a dû payer des centaines d'agents à salaire majoré pendant le Sommet du G7, puisque ces policiers auraient dû être en vacances, malgré la forte demande en effectifs policiers.

    Radio-Canada a appris que, du 3 au 10 juin, 290 policiers de la Sûreté du Québec (SQ) étaient en vacances. De ce nombre, 232 ont dû interrompre leur repos estival. Ils ont été rappelés au travail pour combler les besoins du Sommet du G7.

    Dans un document obtenu par la Loi sur l’accès aux documents, la Sûreté du Québec précise que ces policiers ont été payés au taux salarial « taux et demi » pour les heures travaillées, conformément au contrat de travail.

    Le montant total que représentent ces heures supplémentaires, lui, n'a pas encore été rendu public.

    SQ, G7 et temps supplémentaire : les explications de Maxime Corneau

    Repousser le problème

    Questionné sur ces données, le lieutenant Jason Allard de Sûreté du Québec explique qu’il aurait été possible d’annuler ces vacances un mois avant le G7.

    Toutefois, la mesure aurait simplement déplacé le problème à plus tard, précise-t-il.

    « Pendant la période estivale, on a une demande croissante. C’est l’une des périodes où l’on demande le plus de policiers sur le terrain. »

    La problématique était donc moins grande de garder les vacances durant le G7 au début du mois de juin et rappeler les policiers.

    Le lieutenant rappelle que la tenue du G7 a nécessité la mobilisation de centaines de policiers supplémentaires et qu’il s’agissait de mesures exceptionnelles.

    « En termes d’efficience, on avait les bonnes équipes aux bons endroits », assure-t-il.

    Un nombre significatif

    Le policier à la retraite et ex-directeur adjoint de la Sûreté du Québec, Marcel Savard, estime que le nombre de 232 policiers rappelés est loin d’être anodin.

    « Ce qui m’interpelle là-dedans, c’est que les vacances ont été cédulées [sic] en février. On savait à ce moment que le G7 était pour avoir lieu au mois de juin », souligne l’ex-policier.

    M. Savard indique par ailleurs par expérience que le fait de rappeler des employés en vacances n’est pas une situation idéale en termes de relations de travail. Il ajoute aussi que le fait que les coûts du G7 soient remboursés par le fédéral a pu jouer dans la balance.

    « Tu sais d’avance si ce poste budgétaire là va être remboursé par le budget global fédéral. […] Ça va donc avoir moins d’incidence négative à dire si je les fais rentrer ou non », précise-t-il.

    Sur cet aspect, la Sûreté du Québec assure que la décision a été prise pour assurer un nombre suffisant de policiers lors des opérations.

    Vacances impossibles au SPVQ

    Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a pour sa part fait les choses différemment.

    Le corps policier a été lui aussi grandement sollicité lors du Sommet du G7. En prévision des besoins de main-d’œuvre du sommet annoncé près d’un an à l’avance, les gestionnaires du SPVQ ont interdit la prise de vacances pendant cette période.

    Le relationniste du SPVQ, David Poitras, explique que cette planification a permis de « maximiser les effectifs », sans toutefois vouloir commenter le choix de la Sûreté du Québec.

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