•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'adolescent au centre d'une confrontation avec un Autochtone poursuit le Washington Post pour diffamation

Dans la vidéo, un adolescent arborait ce qui semblait être un sourire narquois en faisant face à un vétéran autochtone.
Dans la vidéo, Nicholas Sandmann arborait ce qui semblait être un sourire narquois en faisant face à Nathan Phillips, un vétéran autochtone. Photo: YouTube
Radio-Canada

Un élève d'une école secondaire, personnage principal involontaire d'une vidéo devenue virale, réclame des dommages de 250 millions de dollars au Washington Post. Il argue que le quotidien l'a faussement accusé d'avoir fait preuve de racisme et d'avoir été l'instigateur d'une confrontation avec un militant autochtone, le mois dernier.

La poursuite intentée par Nicholas Sandmann, un jeune de 16 ans fréquentant une école catholique de Covington, au Kentucky, a été déposée devant un tribunal de district de cet État.

Son avocat soutient que le quotidien a « erronément ciblé et intimidé » l'adolescent pour véhiculer ses préjugés politiques.

Dans la poursuite, il accuse le journal d'avoir « ignoré les normes journalistiques de base parce qu'il voulait véhiculer ses préjugés bien connus et documentés contre le président Donald J. Trump en attaquant des individus perçus comme étant des partisans du président ».

Citant cet extrait sur Twitter, le président américain a encouragé le jeune plaignant : « Vas-y, Nick, tu vas les avoir. Fausses nouvelles! », a-t-il écrit.

Lors de l'altercation entre Nicholas Sandmann et Nathan Phillips, un Autochtone d'une soixantaine d'années, le jeune homme et plusieurs des camarades qui l'accompagnaient portaient une casquette arborant le message « Make America Great Again », un accessoire de la campagne présidentielle de Donald Trump.

Le Post s'est engagé dans une forme moderne de maccarthysme en faisant concurrence à CNN et à NBC, entre autres pour assumer le leadership d'une foule de brutes du grand public et des médias sociaux qui ont attaqué, dénigré et menacé Nicholas Sandmann, un élève innocent du secondaire.

Extrait de la poursuite

La somme réclamée équivaut au montant déboursé par le propriétaire du Washington Post, Jeff Bezos, aussi le grand patron d'Amazone, pour l'acquisition du quotidien, en 2013.

La vice-présidente aux communications du Washington Post a indiqué que le quotidien prenait connaissance de la poursuite et comptait « assurer une défense vigoureuse ».

Dans un communiqué, l'avocat du jeune homme a déclaré qu'il intenterait d'autres poursuites au cours des prochaines semaines.

Un incident qui a semé la controverse

L'événement à l'origine du litige est survenu le 18 janvier au Lincoln Memorial, à Washington.

Un extrait de l'incident, qui a été filmé, montre le vétéran et militant autochtone Nathan Phillips, qui chante et joue du tambour, devant un Nicholas Sandmann semblant afficher un sourire narquois.

L'adolescent faisait partie d'un groupe composé de dizaines d'élèves catholiques blancs, en visite dans la capitale fédérale pour participer à une manifestation contre l'avortement.

Celle-ci coïncidait avec la Marche des peuples autochtones. Était aussi présent un groupe de cinq hommes noirs s'appelant les Black Hebrew Israelites (Hébreux noirs israélites), qui protestaient contre des siècles d'oppression.

Pendant la durée de la scène, les camarades de Nicholas Sandmann rient, chantent et miment le mouvement de tomahawk – un geste que les Autochtones jugent offensant – au son du tambour.

Devenue virale, la scène a rapidement enflammé les réseaux sociaux.

M. Philipps a affirmé qu'il s'était interposé pour calmer les tensions entre les deux groupes.

La couverture médiatique avait lancé un débat national sur le comportement des participants.

Dans une déclaration commune, le diocèse catholique de Covington et l'école secondaire catholique de Covington avaient même présenté leurs excuses au sexagénaire autochtone.

Nicholas Sandmann a lui-même assuré qu'il avait voulu apaiser les tensions.

Une vidéo diffusée ultérieurement montrait le groupe d'Afro-Américains invectiver les jeunes Blancs et les Autochtones.

Un rapport commandé par l'école qui blanchit les élèves

Dans un rapport publié la semaine dernière, une firme d'enquête privée retenue par le diocèse de Covington disait n'avoir trouvé aucune preuve démontrant que les adolescents étaient à l'origine de la confrontation.

Les étudiants ont plutôt été accueillis au Lincoln Memorial par des commentaires offensants d'un groupe de cinq hommes noirs, selon le rapport.

Les enquêteurs concluaient que les élèves n'ont pas tenu des propos racistes ou offensants à l'endroit de Nathan Phillips.

Le militant autochtone avait par ailleurs affirmé avoir entendu des élèves scander « construisons ce mur » au cours de la confrontation, allusion à la volonté du président Trump d'édifier un mur à la frontière américano-mexicaine.

Les enquêteurs ont dit n'avoir trouvé aucune preuve en ce sens.

Avec des informations de Reuters, du Washington Post et de The Hill

Justice

International