•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Émeute de Shippagan : visionnement des bandes vidéo au 2e jour du procès

Émeute de Shippagan : visionnement des bandes vidéo au 2e jour du procès
Jean-Philippe Hughes

Les avocats ont tenté d'établir au deuxième jour du procès si l'émeute de Shippagan de mai 2003 était prévisible ou non. L'ancien propriétaire de Daley Brothers, Terry Daley, a été le premier témoin appelé à la barre mercredi.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a-t-elle fait preuve de négligence dans son intervention le 2 mai 2003, la veille de l’émeute qui allait réduire en cendres l’usine Daley Brothers, quatre bateaux de pêche amarrés au quai de Shippagan et des centaines de casiers de pêche ?

L’avocat du syndic de faillite Deloitte, Michel St-Pierre, a plaidé mercredi que les policiers savaient en 2003 que Shippagan serait un des points chauds de la crise.

Rappel des faits selon le plaignant

Le matin du 2 mai 2003 un agent de Pêches et Océans reçoit de l’information à savoir que des bateaux et l’usine de Daley Brothers seront incendiés. Le MPO ferme son bureau de Tracadie ce jour-là. Le soir du 2 mai, 150 casiers de Daley Brothers sont incendiés. Des casiers de pêcheurs autochtones brûlent ensuite.

Le gérant de l’usine est agressé et son véhicule est vandalisé. Malgré les trois actes criminels, la GRC ne déploie toujours pas d’escouade tactique.

Vous allez voir en regardant la vidéo qu’il n’y avait rien de spontané et qu’il y aurait eu moyen de contrôler la situation en mettant les bonnes personnes.

Michel St-Pierre, avocat du syndic de faillite Deloitte

La GRC décide finalement d’autoriser l’intervention de l’escouade tactique, mais il faut attendre entre quatre et six heures avant qu’elle entre en fonction.

Un événement sans précédent selon la défense

L'avocat du procureur général du Canada, Toni Abi Nasr, rejette l’assertion du plaignant voulant que l'émeute de Shippagan était prévisible. Selon lui, l’incident de 2003 est sans précédent.

On va essayer de se placer dans la tête des gens qui n’avaient pas le bénéfice du recul, recommande Toni Abi Nasr.

La situation pouvait être considérée sous contrôle.

Toni Abi Nasr, avocat du procureur général du Canada

On peut provoquer, empirer une situation par une intervention , met en garde Me Abi Nasr. Il estime que deux troupes antiémeutes auraient été nécessaires pour protéger l’usine. Ça ne sert à rien de mettre de l’huile sur le feu.

L’usine n’était pas assurée

L’usine Daley Brothers n’était pas assurée en raison d’un oubli d’un courtier. Le syndic de faillite Deloitte estime que l’émeute de 2003 a forcé Daley Brothers à vendre ses usines les unes après les autres.

Si on avait arrêté les leaders, peut-être que les bateaux n’auraient pas été brûlés, affirme l’avocat de Deloitte.

Les avocats de la défense appelleront deux experts en contrôle de foules et en gestion de crise. Me Abi Nasr a qualifié de grossièrement exagérés les dommages réclamés par le syndic de faillite.

S’ils étaient bien assurés, on ne serait pas devant vous aujourd’hui, indique Me Abi Nasr. L’avocat de la défense doute aussi que les incendies de 2003 aient provoqué la faillite de Daley Brothers.

Les contribuables canadiens ne sont pas une compagnie d’assurance et la GRCn’est pas une compagnie de sécurité, illustre l’avocat de la défense. Il affirme que Daley Brothers a versé des dividendes de 3,4 millions $ à ses actionnaires en 2003. Malheureusement les demandeurs se trompent de cible, conclut-il.

Daley témoigne

Terry Daley, 64 ans, a été appelé à la barre des témoins mercredi. L’homme d’affaires de Saint-Jean, Terre-Neuve-et-Labrador, a visionné les bandes vidéo.

Ce n’est pas Daley qui demande de l’argent, a précisé l’homme d’affaires. On ne veut pas attaquer laGRC.

Le syndic de faillite Deloitte a récupéré les affaires de la défunte Daley Brothers et poursuit la GRC pour 38 millions$ pour avoir failli à protéger l’usine.

Avec les informations de Michel Nogue

Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches