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Le PDG du CISSS de l'Outaouais est congédié

Jean Hébert porte des lunettes et regarde le sol.

Jean Hébert a été nommé président-directeur général du CISSS de l'Outaouais en mars 2015 par le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Photo : Radio-Canada

Antoine Trépanier
Laurie Trudel

Radio-Canada a appris que le président-directeur général du Centre intégré de Santé et des services sociaux (CISSS) de l'Outaouais, Jean Hébert, a été démis de ses fonctions par le gouvernement du Québec.

Mercredi, le Conseil des ministres a adopté un décret mettant fin au contrat de travail de M. Hébert. La ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Danielle McCann, a confirmé par voie de communiqué que Josée Filion le remplacera sur une base intérimaire. Cette dernière était jusqu'à maintenant présidente-directrice générale adjointe de l'établissement.

La ministre McCann a également désigné Martine Couture à titre d'accompagnatrice à la nouvelle présidente-directrice générale par intérim. Le mandat de Mme Couture se terminera le 28 juin.

Notre objectif à tous est d'apporter des correctifs efficaces et durables qui permettront d'offrir les meilleurs soins et services de la population, a déclaré la ministre McCann.

Nous avons décidé de prendre les mesures qui s'imposent afin de rectifier la situation et de soutenir l'équipe de direction du CISSS.

Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Jean Hébert avait été nommé à la tête du CISSS en mars 2015 par le ministre de la Santé de l'époque, Gaétan Barrette. Depuis sa nomination, ses méthodes de gestion étaient contestées par divers groupes et intervenants du milieu de la santé en Outaouais.

Les relations entre les infirmières et la direction du CISSS de l'Outaouais se sont détériorées dans les dernières années. Les deux parties sont présentement en médiation pour en venir à un nouveau contrat de travail. Des préposés aux bénéficiaires et infirmières ont également manifesté leur mécontentement relativement aux conditions de travail dans le réseau de la santé.

Des inquiétudes ont également été soulevées au ministère de la Santé en raison du déficit anticipé de 12,7 millions de dollars que devrait encourir le CISSS de l'Outaouais cette année.

Congédiement de Jean Hébert : la ministre de la Santé s'explique

Qui plus est, le manque de services dans la région de la Haute-Gatineau, en particulier à l'Hôpital de Maniwaki, a plongé M. Hébert dans une tempête médiatique et une situation difficile sur le plan politique.

Des élus locaux réclamaient d'ailleurs sa destitution depuis décembre 2018. Dans une lettre adressée à la ministre McCann — et partagée avec le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, et le député de Gatineau, Robert Bussière —, la préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, dénonçait des services de santé insuffisants sur son territoire.

Nous craignons pour la santé et la sécurité de nos citoyens, écrivait-elle tout en accusant Jean Hébert de n’avoir aucune écoute ni sensibilité [à] l’égard [de] la réalité des milieux ruraux inclus dans le territoire de son organisation.

On demande à la ministre de la Santé de remplacer M. Hébert. C'est clair, c'est ça qu'on veut, avait déclaré Mme Lamarche lors d'une rencontre du conseil d'administration du CISSS de l'Outaouais, le 13 décembre dernier.

M. Hébert avait alors déclaré en entrevue à Radio-Canada qu'il ne comptait pas démissionner de sitôt. Je ne vois pas pourquoi je démissionnerais, avait-il tranché.

Le mandataire conclut son rapport

En décembre, la ministre Danielle McCann a réagi aux plaintes des élus de la région en nommant Sylvain Gagnon à titre de mandataire spécial pour le CISSS de l'Outaouais.

Le but de cette démarche visait alors à rétablir le lien de confiance entre la population et le système de santé, avait-elle dit à l'époque.

M. Gagnon a récemment remis son rapport au gouvernement du Québec et il recommande notamment d'établir des liens de communication efficaces et soutenus avec les autorités régionales et les partenaires locaux, de mieux coordonner les actions sur le territoire et d'élaborer un plan de consolidation et de développement des services de proximité. Le gouvernement a nommé Martine Couture comme accompagnatrice pour assurer la mise en oeuvre des recommandations de M. Gagnon.

Le gouvernement ne disait toutefois pas que les jours de M. Hébert étaient comptés au CISSS de l'Outaouais. Le ministre Mathieu Lacombe disait alors que M. Hébert avait la confiance du gouvernement de François Legault, mais qu'il restait beaucoup à faire pour rétablir la confiance du public et des élus.

Une nomination libérale

Jean Hébert répond aux questions des journalistes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président directeur-général du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais, Jean Hébert.

Photo : Radio-Canada

Le 6 mars 2015, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, nommait Jean Hébert dans les fonctions de PDG du nouveau CISSS de l'Outaouais.

Il s'agissait alors d'une nomination logique selon plusieurs observateurs, puisque M. Hébert coordonnait à ce moment-là la mise en tutelle du CISSS de Gatineau.

Cette nomination du gouvernement libéral s'inscrivait dans la foulée de la restructuration du système de santé où la gestion du réseau serait dorénavant confiée aux centres intégrés de santé et de services sociaux.

Auparavant, il occupait les fonctions de président-directeur général de l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Outaouais. Le ministre Barrette n'avait pas tari d'éloges à l'égard de M. Hébert au moment de sa nomination.

Nul doute qu'avec ses compétences remarquables et sa grande expérience en gestion, M. Hébert saura relever les défis importants auxquels il est appelé à faire face dans ce contexte de changements majeurs au sein du réseau de la santé et des services sociaux, avait-il dit.

Le règne de M. Hébert aura finalement duré un peu moins de quatre ans.

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale