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Un Montréalais conteste une contravention reçue pour avoir marché dans la rue

Lateef Martin devant le trottoir glacé.
Lateef Martin croit que le fait qu'il est noir a quelque chose à voir avec sa contravention. Photo: Isaac Olson/CBC
Radio-Canada

Un Montréalais compte contester la contravention qu'il a reçue après avoir marché dans la rue pour éviter un trottoir glacé. Il croit que le fait qu'il est noir et qu'il portait un capuchon ont influencé l'issue de sa conversation avec un agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

L’incident est survenu vers 1 h 30 samedi matin. Lateef Martin marchait sur la rue Messier, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, lorsqu’il a reçu une contravention de 48 $ en vertu de l’article 452 du Code de la sécurité routière du Québec, qui statue que « lorsqu’un trottoir borde la chaussée, un piéton est tenu de l’utiliser ».

M. Martin affirme qu’il a décidé de faire particulièrement attention parce qu’il sortait de chez l’une de ses amies. Cette dernière s’était blessée au genou après être tombée sur le même trottoir plus tôt cette journée-là, dit-il.

Lorsque la voiture de police s’est approchée, il s’est rangé sur le côté, poursuit-il. Le policier lui a demandé si tout allait bien, ce à quoi il a répondu par l’affirmative.

« Il m’a demandé où j’allais », raconte M. Martin. « J’ai répondu que ce n’était pas de ses affaires. […] Il avait l’air complètement abasourdi que je refuse de lui dire où j’allais. » Le policier lui aurait alors dit qu’il recevrait une contravention et qu’il serait arrêté s’il refusait de fournir une pièce d’identité.

Je pense honnêtement que c’est parce je ne lui ai pas dit où j’allais et que je n’étais pas poli qu’il s’est mis en colère et qu’il a décidé de me donner une contravention.

Lateef Martin

M. Martin a filmé une partie de cette conversation et a partagé la vidéo sur Facebook. Selon lui, la couleur de sa peau a joué un rôle dans l’issue de son échange avec le policier.

Le SPVM a refusé la demande d’entrevue de CBC, lui envoyant plutôt l’article du Code de la sécurité routière qui figure sur la contravention.

De bonnes chances de gagner, selon un avocat

Avi Levy, un avocat spécialisé dans les infractions au Code de la sécurité routière, croit que M. Martin a de bonnes chances de gagner.

Selon lui, la loi est claire. « En cas d’impossibilité d’utiliser le trottoir, le piéton peut longer celui-ci sur le bord de la chaussée, en s’assurant qu’il peut le faire sans danger », peut-on lire dans l’article 452 du  Code.

« Je ne vois pas en quoi la contravention peut être justifiée si c'est ce qu'il utilise pour sa défense », souligne M.Levy, qui est le cofondateur de Ticket99.ca, un cabinet d’avocats qui représente des clients accusés d'infractions routières et d’accusations criminelles liées à la conduite en Ontario, au Québec et dans l’État de New York.

Il recommande à M. Martin d’apporter des photos du trottoir et des copies des bulletins météo de la semaine lors de son audience.

De son côté, M. Martin affirme qu’il conteste sa contravention dans le but d’amener des changements dans les pratiques policières.

« On doit se tenir debout et dire que c’est inacceptable », dit-il.

Avec les informations de Colin Harris, de Laura Marchand et de Daybreak

Grand Montréal

Justice et faits divers