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  • Archives
  • Pourquoi la maternelle?

    Un garçon, masque de papier sur les yeux, s'amuse avec des blocs dans une classe de maternelle.
    Au Québec, les classes de maternelles ont été instaurées dans le système d'éducation public au début des années 60. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le projet du gouvernement de François Legault d'offrir la maternelle à tous les enfants de quatre ans fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps. Pour mieux comprendre le débat actuel, nos archives des années 60 nous rappellent les motivations qui ont conduit à l'instauration de la maternelle dans le système d'éducation québécois.

    Les classes de maternelle dans les écoles publiques du Québec ont été instituées par le gouvernement libéral de Jean Lesage en pleine Révolution tranquille.

    C’est sous le gouvernement Lesage qu’ont vu le jour la Commission Parent (1961) et le premier ministère de l’Éducation du Québec (1964) donnant tout son élan à la grande réforme du système d’enseignement.

    Droit de cité, 20 février 1963

    Dès 1961, le gouvernement Lesage encourage et subventionne la création de classes de maternelle dans les écoles publiques.

    C’est ce que nous apprend ce reportage de l’émission Droit de cité du 20 février 1963.

    Le journaliste Paul-Émile Tremblay visite les classes de maternelle des écoles Sacré-Cœur et Pierre-Boucher à Boucherville.

    Il y recueille des témoignages de mères, toutes ravies de pouvoir envoyer leurs enfants à la maternelle afin de les socialiser et de « couper le cordon ombilical ».

    Et qu’apprend-on à la maternelle?

    Une jardinière (nom donné aux enseignantes de maternelle) en explique le programme.

    La maternelle permet aux enfants de s’adapter à la vie en société, de s’éloigner de leur milieu familial et de se préparer à la première année de l’école primaire.

    À l’époque, la majorité des maternelles au Québec sont privées.

    Thérèse Bourget, présidente de l’Association des jardinières d’enfants, se réjouit que la maternelle devienne graduellement accessible à tous.

    Elle insiste aussi sur l’importance de recruter des titulaires qualifiés pour l’enseignement préscolaire, pour lequel trois institutions offrent la formation au Québec.

    Que devient l'école?, 24 avril 1966

    Le 24 avril 1966, la série Que devient l’école? réfléchit à son tour sur la mission de la maternelle.

    La réforme de l’enseignement est à présent bien entamée par le nouveau ministère de l’Éducation. L’instauration des classes de maternelle se généralise dans toute la province.

    J’aimerais que nous puissions nous arrêter quelques minutes et nous demander ce que peut accomplir la classe maternelle.

    L’animateur Léo Dorais

    En studio avec l’intervieweuse Françoise Faucher, la psychologue Élisabeth Bellemare décrit les objectifs et les activités d’une classe de maternelle.

    Des activités qui ne sont pas à proprement dit scolaires, mais qui tendent plutôt à exploiter les possibilités de l'enfant, ses goûts, ses intérêts spontanés.

    La psychologue commente des images tournées dans une classe de maternelle à l’école Saint-Paul-de-la-Croix de Montréal.

    On y voit des enfants peindre à la gouache, manier des blocs de différentes formes et couleurs et danser en rondes. Autant d’activités qui leur permettront d’améliorer leur motricité, de travailler leur concentration ou simplement d’apprendre à attendre leur tour.

    L’enfant, spontanément, est curieux. Il aime apprendre. Et l’enfant aime travailler aussi.

    La psychologue Élisabeth Bellemare

    Le climat d’apprentissage créé par la maternelle permet aussi de déceler si l’enfant est prêt à entreprendre la première année, puis de mieux l’accompagner le cas échéant.

    L’intervieweuse Françoise Faucher se demande en conclusion si la maternelle ne pourrait pas commencer un an plus tôt, soit à quatre ans.

    « On pourrait sûrement penser une maternelle qui s'adresse à des enfants plus jeunes, à des enfants de quatre ans », assure la psychologue Élisabeth Bellemare en 1966 « et dont le programme et les activités seraient beaucoup plus souples ».

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