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Québec promet 13 500 places supplémentaires dans les CPE, d'ici deux ans

Le système a notamment été implanté au CPE La Cajolerie de Chicoutimi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

D'ici « deux ans, top chrono », le ministre québécois de la Famille, Mathieu Lacombe, promet d'ajouter 13 500 places supplémentaires dans le réseau des services de garde du Québec. De ce nombre, 11 000 avaient été approuvées et provisionnées par le gouvernement précédent, sans toutefois être effectivement créées.

Ce sont donc 2500 places subventionnées qui doivent être créées, dans les installations existantes. Ces nouvelles places seront destinées en priorité aux poupons.

Mathieu Lacombe affirme qu'une place en centre à la petite enfance (CPE) coûte environ 16 000 $ par an à l'État. Ces toutes nouvelles places nécessiteront donc l'injection de 40 millions de dollars par Québec dans le réseau. Pour l'ensemble des places, soit 13 500, il faudra compter au moins 200 millions de dollars.

Le ministre de la Famille a mobilisé une équipe de 40 personnes qui se consacreront à plein temps au bon déroulement de ce plan d'action.

Que les places prévues soient restées en plan pendant huit ans est « inconcevable, inacceptable » aux yeux de Mathieu Lacombe, qui a accordé une entrevue à l'émission Midi info, sur les ondes d'ICI Première, mercredi. Histoire de rectifier le tir, il suggère que son ministère soit « plus rigoureux dans ses suivis » et qu'il contrôle de manière plus « stricte » les échéanciers.

Le ministre reconnaît qu'il y a des enjeux pécuniaires quand vient le temps de créer des places en CPE. Pour y remédier, M. Lacombe dit qu'il faudra « faciliter les mesures pour le financement tout en restant à l’intérieur de budgets ».

Mathieu Lacombe dit avoir donné la directive à ses troupes de faire preuve « du gros bon sens » lorsque des « technicalités » s'érigent en obstacle.

Le ministre de la Famille Mathieu Lacombe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, compte créer rapidement 13 500 nouvelles places en garderies au cours des deux prochaines années.

Photo : Radio-Canada

Un geste concret

Pour Geneviève Bélisle, directrice générale de l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), le gouvernement pose un geste concret en déployant 40 personnes pour concrétiser cet ajout de places dans les services de garde.

On est contents de voir que le ministère, le gouvernement, continue d’investir dans le développement de places.

Geneviève Bélisle, AQCPE, en entrevue au micro de Michel C. Auger de Midi info

Et si 11 000 places sont restées en plan, dit la DG de l'AQCPE, c'est notamment parce que le gouvernement avait réclamé des corporations qu'elles investissent la moitié de la somme nécessaire au développement du projet. Or, les CPE, des organismes à but non lucratif, sont limités quant aux surplus qu'ils peuvent accumuler, fait remarquer Mme Bélisle.

De plus, rappelle Geneviève Bélisle, le ministère de la Famille « valorisait la location » plutôt que d'encourager les CPE à posséder leurs installations.

Mais, quand vient le temps de créer de nouvelles places, le locateur doit aménager les locaux en respectant les règles gouvernementales et en se pliant « aux paramètres de financement » fixés par Québec. Sans compter les « dédales administratifs qui viennent complexifier la chose », dit la DG de l'AQCPE.

« Ce qu'on attend du ministère de la Famille [...] c'est de lever ces barrières administratives et que le financement suive pour offrir rapidement aux parents ces places-là », affirme-t-elle.

Où seront créées les nouvelles places?

Jusqu'à 2009, avec l'apport de l'Institut de la Statistique du Québec, les CPE pouvaient identifier les besoins selon les régions. Quand le réseau a perdu cet apport de l'Institut de la statistique, ces précieuses informations n'ont pu être fournies, explique Mme Bélisle. « Il faut mettre à jour les cartes qui, aux dires du ministre, ne représentent pas bien les besoins des parents », dit-elle.

Le ministère de la Famille évalue à 42 000 le nombre d'enfants dans la province qui sont inscrits sur la liste d'attente des CPE.

Selon l'AQCPE, le manque de places dans le réseau est si criant qu'il s'agit d'une « crise » dans les régions suivantes : l'Outaouais, la Montérégie, Laval, Montréal et la ville de Québec.

Une femme et un homme assis dans un studio de radio devant des micros.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La directrice générale de l'AQCPE, Geneviève Bélisle, dans les studios de Radio-Canada avec l'animateur Michel C. Auger.

Photo : Radio-Canada

On manque d'éducatrices

Par ailleurs, en Outaouais, sur la Côte-Nord, à Québec et en Estrie, le manque de main-d'œuvre se fait sentir. D'autres régions sont sur le point de manquer d'éducatrices... Et de moins en moins d'étudiants choisissent ce champ d'études, constate Geneviève Bélisle, qui déplore qu'on ait peu valorisé les métiers liés à la petite enfance et à l'enseignement au primaire.

L'AQCPE, dit Genevière Bélisle, souhaite toujours que le réseau de CPE puisse répondre aux besoins de l'ensemble des tout-petits de la province. Elle envoie le message suivant à Mathieu Lacombe : « Il faut qu’on retrouve l’universalité dans les services de garde éducatifs et nous, on rêve encore d’un grand réseau universel pour les 0-5 ans ».

Ultimement, les gens veulent que les enfants aillent bien et qu'on n'affaiblisse pas le réseau des CPE au profit de l'école publique.

Geneviève Bélisle, AQCPE, en entrevue au micro de Michel C. Auger de Midi info

Relativement au projet de loi visant à offrir la maternelle à tous les enfants de 4 ans au Québec, l'AQCPE rencontrera jeudi le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge. « Il s'agit d'une première prise de contact », a affirmé Geneviève Bélisle à Radio-Canada.

L'opposition dénonce « un exercice de relations publiques »

Le Parti québécois voit cette annonce des 13 500 places supplémentaires un exercice de relations publiques, au moment où le gouvernement se voit reprocher de déployer la maternelle 4 ans aux dépens des garderies.

Pour le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, ces places qui sont annoncées ne pourront suffire à la demande. Et le plan, dit-il, « sent l'improvisation à plein nez ».

Mathieu Lacombe ne cache pas son désir de « calmer le jeu ». « Mais en même temps [...] qu’est-ce qu’il y a de mal à ça? Mon rôle comme ministre à la Famille est de dire : "On croit aux services de garde à l’enfance, on veut continuer à les développer". »

Les CPE n'ont pas de raison de s'inquiéter, assure Legault

François Legault s'adresse aux journalistes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre François Legault assure que les CPE n'ont pas à être inquiets face à l'arrivée des maternelles 4 ans.

Photo : Radio-Canada

Interrogé par les journalistes sur cette inquiétude des services de garde, le premier ministre François Legault a expliqué que la demande est suffisamment importante au Québec pour que les services de garde subventionnés et les maternelles 4 ans puissent cohabiter sans se nuire.

« Il y a beaucoup de gens qui attendent après des places pour des enfants de 0-1-2-3 ans. À 4 ans, il y en a 30 % qui sont dans les CPE et 6 % seulement dans les maternelles 4 ans. On l’a dit, on veut développer les deux réseaux, on va offrir le choix aux parents », a répété François Legault.

Peut-être que les garderies privées pourraient être inquiètes, mais pas les CPE.

François Legault, premier ministre du Québec

« Sauf exception, on ne s'attend pas à ce qu'il y ait des fermetures de CPE », a ajouté le premier ministre.

Avec les informations d’Alex Boissonneault, correspondant parlementaire à Québec

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