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Les consultations prénatales pour prévenir l’alcoolisation fœtale sont insuffisantes au Manitoba

Une femme enceinte, un verre de vin rouge à la main
Un rapport de chercheurs au Manitoba souligne l’importance de fournir un soutien plus important aux femmes qui consomment de l’alcool pendant leur grossesse. Photo: iStock
Julien Sahuquillo

Plus de 40 % des mères dont les enfants souffrent d'alcoolisation fœtale dans la province n'ont pas eu un suivi prénatal suffisant, affirme une étude de l'Université du Manitoba. Plus de la moitié de celles qui ont eu un suivi adéquat ont pour autant continué à consommer de l'alcool pendant leur grossesse.

Pour la directrice de l’étude et postdoctorante au Manitoba Centre for Health Policy, Deepa Singal, « les visites et les programmes de soins prénataux pourraient ne pas prendre assez en compte des populations à fort risque de consommer de l’alcool pendant la grossesse ».

D'après elle, si les mères enceintes qui souffrent de dépendance à l’alcool ne se rendent pas chez leur médecin, ou que très rarement, elles ne peuvent pas bénéficier des programmes d’accompagnement.

On a des personnes dans notre étude qui ont leur premier suivi dans le second semestre de leur grossesse.

Deepa Singal, directrice de l'étude à l'Université du Manitoba

En recoupant des données de 700 naissances avec alcoolisation fœtale sur 28 ans, les chercheurs ont pu noter des récurrences dans le profil des mères.

« Dans notre ville, les femmes [dont l’enfant est touché par l’alcoolisation fœtale] ont tendance à avoir un niveau social plus bas. Elles ont plus souvent des problèmes de santé mentale, elles ont plus tendance à être des mères seules et à être impliquées avec les services d’aide à l’enfance », précise la chercheure.

Besoin de contact

Elle ajoute que des efforts supplémentaires pour entrer en contact avec les mères à risque devraient être ajoutés aux campagnes de prévention de l'alcoolisation fœtale.

« Nous avons besoin de programmes interdépartementaux qui prennent en compte les facteurs sociaux de la santé, préconise-t-elle. Il est possible d’intervenir sur cette question à tout moment de la grossesse ».

Elle estime qu’il faudrait à présent mener des recherches pour mieux comprendre les raisons de ce faible suivi.

« Il se peut [que ces mères] n’aient pas eu accès aux soins. Elles n’ont peut-être pas eu de docteur de soins primaires, ou n’ont peut-être pas voulu demander de suivi en raison des préjugés autour de la consommation d’alcool pendant la grossesse », explique la directrice de l’étude en rappelant toutefois que son travail n’a pas pu récolter ce genre d’information.

L’alcoolisation fœtale peut entraîner des déformations faciales, des anomalies dans le développement neuronal, ou des difficultés comportementales et sociales chez l’enfant.

Par ailleurs, Deepa Singal rappelle qu’il est « difficile de savoir quelle quantité d’alcool aura un effet sur le bébé. C’est pourquoi les recommandations sont de ne pas boire du tout pendant la grossesse ».

Manitoba

Santé publique