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Des superinfirmières pourraient pratiquer sans passer leur examen final

Les bureaux de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec qui veut changer les règles pour obtenir le statut d'infirmière praticienne spécialisée

Les bureaux de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que le gouvernement Legault s'apprête à donner plus de responsabilités aux infirmières praticiennes, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) prend des mesures pour éliminer l'examen d'autorisation requis pour exercer.

Dans un courriel envoyé à ses membres la semaine dernière et obtenu par CBC News, l'OIIQ dit avoir demandé une modification qui permettrait aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) de recevoir leur certification à l'obtention de leur diplôme, au lieu de passer un examen.

Si l'amendement est accepté, « les examens des [infirmières praticiennes] comme condition d'obtention du certificat de spécialiste seraient abolis », peut-on lire dans le courriel.

Pour le président de l'OIIQ, Luc Mathieu, il y a une logique derrière l'abrogation de cet examen. « C’est comme si on faisait une double évaluation des connaissances avec l’examen de certification. De notre point de vue à l’Ordre, c’est redondant de faire ça. Avec les 950 heures de stages cliniques qui sont faits et supervisés par des IPS et des médecins, c’est là qu'on voit la compétence de l’infirmière pour savoir si elle peut entrer sur le marché du travail », explique-t-il.

Le projet de règlement a été remis à l'Office des professions et l'OIIQ attend son avis.

La démarche ne date pas d'hier et Luc Mathieu assure qu'il n'y a pas de liens avec le projet de la ministre de la Santé Danielle McCann, qui veut donner plus de responsabilités aux infirmières praticiennes, communément appelées superifirmières.

« Nous, notre mission, c’est de protéger le public. Vous pouvez être sûr que, si on avait des doutes que la décision qu’on prend vient menacer la protection du public, on n'irait pas là, c’est certain », affirme le président de l'OIIQ.

Des réserves

Mais à l'Université McGill, Yannick Mélançon Laître, qui enseigne à l'École des sciences infirmières Ingram, ne comprend pas la volonté de l’OIIQ de supprimer l’examen, qu'il voit d’un bon œil pour le professionnel, pour l’employeur et pour le public.

« La raison pour laquelle l’examen de OIIQ est extrêmement important, c’est que, comme n’importe quel examen d’ordre professionnel, il est fait pour assurer les standards minimums de la profession. On veut garder une bonne qualité, on veut une méthode d’évaluation indépendante pour être certain que l’étudiant est qualifié pour avoir le minimum requis par la profession. Cela permet aussi de garder les normes de chaque université », dit-il.

Sans cet examen, il estime que ces infirmières pourraient ne pas pouvoir travailler dans une autre province ou aux États-Unis.

Les superinfimières au secours d'un système engorgé

Plus tôt cette semaine, la ministre McCann a annoncé qu'elle voulait donner aux infirmières praticiennes spécialisées le pouvoir de diagnostiquer certaines maladies chroniques dans le but de réduire l'arriéré du système de santé de la province.

Mme McCann a déclaré que le changement permettrait aux infirmières praticiennes d'utiliser l'ensemble de leurs compétences tout en libérant les médecins pour qu'ils puissent effectuer d'autres tâches.

Dans l'état actuel des choses, dit-elle, les infirmières praticiennes doivent être supervisées par un médecin de famille, et les patients sont tenus de consulter un médecin 30 jours après avoir consulté une infirmière praticienne.

Mme McCann a dit qu'elle a discuté de la question avec le Collège des médecins du Québec et qu'elle souhaite apporter le changement, qui nécessitera la modification de la législation provinciale, au cours de la prochaine année.

Plus de 400 infirmières praticiennes travaillent dans les cliniques et les hôpitaux de la province.

Le gouvernement libéral précédent a également cherché à donner plus de pouvoirs aux infirmières praticiennes.

Avec les informations de Sarah Leavitt, de CBC News

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