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Une amitié au-delà de la mort

De l'accompagnement en fin de vie
Radio-Canada

Patrick Turner est informaticien. Earl Leblanc est un militaire retraité en fin de vie. Les deux hommes ont forgé une amitié à travers un service bénévole qui permet aux patients en soins palliatifs comme Earl d'être accompagnés pour traverser cette dernière étape de leur vie.

Les deux hommes se sont rencontrés grâce à l'organisme Albatros Québec pour lequel Patrick est bénévole depuis deux ans.

Ce dernier a eu la chance d'être jumelé à Earl Leblanc, un homme de 89 ans qui a le double de son âge, mais avec lequel il partage plusieurs points en commun.

Ils viennent tous deux des Maritimes, peuvent échanger tant en français qu’en anglais et sont passionnés de musique.

Une demi-journée par semaine, Patrick rend visite à Earl qui est suivi par l'équipe des soins palliatifs en raison d'un cancer du poumon incurable et d'une insuffisance cardiaque et rénale.

L'informaticien et le militaire à la retraite ont développé à travers leurs rencontres une amitié authentique.

Ce n’est pas un fardeau, j’ai hâte de le voir, c’est devenu un de mes meilleurs amis.

Patrick Turner

Quelques fois, Patrick en profite pour amener Earl dans des magasins de musique et pour aller voir des guitares.

Formation

Le bénévole a suivi une formation de 36 heures donnée par Albatros Québec pour pouvoir accompagner Earl Leblanc.

Les bénévoles apprennent entre autres comment aborder le deuil, mais aussi les moments présents avec la personne en fin de vie.

La plupart du temps, les deux hommes se contentent de se parler et de s’écouter.

On partage nos passions, nos peines et nos peurs. On n’aborde pas souvent le sujet de la mort, on ne l’évite pas, mais on parle beaucoup plus de la vie, de sa vie

Patrick Turner

« Je trouve ça admirable qu’il vienne passer l’après-midi avec moi », se réjouit pour sa part Earl Leblanc.

Aidant-aidant

Malgré le fait qu'il soit en fin de vie, Earl Leblanc ne souffre pas, mais il est mal en point.

« J’ai un cœur faible, une valve qui marche plus ou moins, un cancer du poumon et j’ai juste un rein, énumère-t-il. Le médecin m’a dit que c’est incurable. »

Earl Leblanc bien installé dans son fauteuil.Earl Leblanc a eu une vie bien remplie, il profite de ses rencontres avec Patrick Turner pour lui partager ses histoires et ses expériences. Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Sa fatalité ne l’inquiète pas, il est en paix avec la mort.

J’ai eu une vie extraordinaire. Je ne peux pas demander mieux que ça.

Earl Leblanc

Par contre, son état l’oblige à toujours avoir quelqu’un à ses côtés. La grande majorité du temps, sa femme est celle qui assure cette présence.

Elle a donc un peu de répit quand Patrick vient à la maison et peut quitter quelques heures sans se soucier de laisser Earl seul.

« Ma femme n’est pas toujours prise ici avec moi, elle peut sortir avec ses amis et ça enlève un poids de sur mes épaules », se conforte le militaire à la retraite.

« Quand je viens ici, j’aide deux personnes en même temps », remarque le bénévole.

Contact humain

Patrick Turner profite lui-même beaucoup de l’expérience et de cette rencontre. « Ça m’apporte tellement d’énergie positive que quand je sors d’ici, c’est comme si j’étais allé recharger mes batteries », souligne l’informaticien.

De son côté, Earl Leblanc s’est trouvé un confident hors pair. « Je peux lui dire des choses que je ne peux pas dire à ma femme », rigole-t-il.

Ce sont des relations tellement vraies. Pas de dentelle, pas de lunettes roses, c’est la vraie vie!

Patrick Turner

Le militaire retraité peut parler sans avoir peur d’inquiéter. « Ça me soulage, ça me donne une chance de vider mes peines parce que j’ai quelqu’un qui peut m’écouter », ajoute-t-il.

Patrick Turner recherchait un contact humain et il est difficile de faire mieux, selon lui. Conscient que son soutien est précieux, il est content de donner l’exemple à ses enfants.

« Il faut se trouver une cause pour laquelle on veut s’impliquer pour aider les gens autour de nous », conclut le bénévole.

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