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Québec tiendra un forum d'une journée sur la santé mentale des jeunes

Un jeune assis, la tête sur les genoux, dans un corridor

Un élève du secondaire sur cinq dit avoir reçu un diagnostic de trouble anxieux, de dépression ou de trouble alimentaire.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

La ministre québécoise de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a annoncé, mardi, la tenue prochaine d'un forum consultatif d'une journée sur le thème Jeunes et santé mentale, auquel sont conviés les partis d'opposition. Un geste insatisfaisant aux yeux du Parti libéral, qui réclamait une réflexion plus approfondie.

Le forum, qui se tiendra au printemps, réunira 200 personnes, dont « des jeunes et des familles touchés par des problèmes de santé mentale, des experts du milieu communautaire, des proches aidants, des infirmières, des travailleurs sociaux et des médecins », a précisé la ministre McCann, qui a aussi invité les autres formations à se joindre à l'exercice.

L'endroit où il se déroulera ainsi que la date seront précisés ultérieurement.

Les professionnels de la santé sont compétents, mais « n'ont malheureusement pas tous les outils et les ressources nécessaires », a affirmé la ministre McCann à l'Assemblée nationale, disant vouloir « combler [le] vide » existant en santé mentale.

Je suis très sensible aux problèmes vécus par trop de patients en détresse, abandonnés, qui sortent des urgences avec des pamphlets sans avoir l'accompagnement nécessaire.

Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Les principes qui guideront la consultation seront « l'écoute, la transpartisanerie et l'efficacité », a-t-elle déclaré, disant vouloir des « résultats concrets, rapides et réalistes ».

Elle a dit « [tendre] la main » aux partis de l'opposition, les conviant à une séance de travail.

Le Plan d'action québécois en santé mentale 2015-2020 arrive à échéance, et il faut « mettre à jour le plan d'action en santé mentale pour la période 2020-2025 », a-t-elle indiqué.

Une initiative trop timide au goût des libéraux

Pendant son annonce, la ministre McCann a évoqué la proposition de la députée libérale Hélène David, qui réclame depuis décembre dernier une vaste réflexion sur la santé mentale qui pourrait prendre la forme d'une commission parlementaire itinérante.

C'est le modèle qui avait été retenu pour les soins de fin de vie. La commission itinérante Mourir dans la dignité est passée aux annales, il y a une dizaine d'années, pour son travail rigoureux de consultation non partisane.

La députée libérale de Marguerite-Bourgeoys, porte-parole de l’opposition officielle en matière de services sociaux, n'a pas caché sa « grande, grande, grande déception ».

Les problèmes de santé mentale ne sont pas un sujet dont on peut traiter « en un après-midi », a affirmé Mme David, qui a exercé comme psychologue.

On avait là une occasion d'aller à la rencontre de tous nos concitoyens et concitoyennes du Québec. On rate cette occasion. On leur demande de venir de façon formelle chez nous, dans un local, dans un hôtel, parler pendant 10 minutes.

Hélène David, députée libérale

« Les gens les plus stigmatisés de la société, les plus fragiles, vont devoir se lever puis venir témoigner » dans ce contexte, a-t-elle critiqué. « Impossible, impensable. »

Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire ont pour leur part accueilli positivement l'initiative gouvernementale, tout en exprimant certaines réserves. Les deux formations ont souligné l'importance d'une participation des Québécois de toutes les régions.

Sylvain Gaudreault, porte-parole du PQ en matière de santé, a cependant prévenu que le parti ne voulait pas être cantonné dans « un simple rôle » d'observateur et a réclamé de la part du gouvernement caquiste des « engagements [...] pour améliorer l'accès aux soins en santé mentale partout ».

« C'est à la fois, sur le fond et sur l'intention, une excellente nouvelle et, en même temps, sur la forme on sent que ce ne sera pas suffisant », a pour sa part commenté le solidaire Sol Zanetti, porte-parole de son parti en matière de santé et services sociaux. « Il faut qu'on traite ça en profondeur. Ça va prendre du temps », a-t-il soutenu.

Cibler les jeunes d'abord

Ce forum ciblera la santé mentale des jeunes, « parce qu'ils sont les premiers touchés », a indiqué la ministre McCann.

Environ 20 % des élèves du secondaire disent avoir reçu un diagnostic du médecin pour un trouble anxieux, une dépression ou un trouble alimentaire, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

« Les premiers signes apparaissent, chez 75 % des personnes touchées, avant l'âge de 25 ans, dont 50 % avant l'âge de 14 ans », a souligné la ministre McCann.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, responsable des dossiers qui touchent la jeunesse et la petite enfance au ministère, participera lui aussi au forum.

Avec les informations de La Presse canadienne

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