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Un ruisseau de l’Ouest-de-l’Île risque de disparaître

Ruisseau du Golf Meadowbrook dans l’ouest de Montréal
Le ruisseau Meadowbrook traverse un golf situé dans l'Ouest-de-l'Île. Photo: Radio-Canada / Alexandre Touchette
Alexandre Touchette

Le ruisseau Meadowbrook, l'un des rares à avoir survécu à l'urbanisation de Montréal, pourrait être privé d'eau 280 jours par année. La Ville de Montréal veut détourner le petit cours d'eau dans les égouts dans l'espoir de mettre fin au litige qui l'oppose au propriétaire du terrain où il s'écoule.

Le Meadowbrook est le dernier vestige de l’ancienne rivière Saint-Pierre, qui coulait autrefois du mont Royal jusqu’au qu’au Vieux-Port, en alimentant au passage le lac à la Loutre au pied de la falaise Saint-Jacques. Au fil des ans, cette rivière a été canalisée et elle ne coule plus à l’air libre que sur quelques centaines de mètres dans un golf situé entre Montréal-Ouest, Côte-Saint-Luc et Lachine.

Ce petit bout de ruisseau est menacé parce que la canalisation pluviale qui l'alimente est contaminée par des édifices des villes défusionnées de Côte-Saint-Luc et de Montréal-Ouest qui y déversent illégalement leurs eaux usées. Ces raccordements inversés sont connus depuis une vingtaine d’années par la Ville de Montréal, mais n’ont pas encore été corrigés.

L’été dernier, la Cour supérieure a donné raison à Meadowbrook Groupe Pacifique, la compagnie propriétaire du golf qui poursuivait la Ville de Montréal pour faire cesser la contamination de son terrain. La juge avait alors donné 18 mois à la Ville pour faire les travaux nécessaires pour mettre fin à la contamination du ruisseau.

Arguant qu’elle manquait de temps pour corriger les raccordements inversés à l’origine du problème, Montréal a déposé une demande de certificat d’autorisation au ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour détourner le flot du ruisseau dans l’égout. Une solution qui constitue un dangereux précédent selon Daniel Green de la Société pour vaincre la pollution.

La Ville va dans une direction opposée [à celle] des grandes villes nord-américaines et européennes où l'on tente de conserver les ruisseaux urbains. À Montréal, on les condamne.

Daniel Green, de la Société pour vaincre la pollution

Une solution qui doit être temporaire

Si le ministère autorise les travaux prévus à l'automne, la Ville estime que le ruisseau serait asséché 280 jours par année. Il ne coulerait plus qu'en temps de forte pluie et servirait de déversoir pour le trop-plein de l’égout pluvial contaminé.

La Ville affirme que le ruisseau serait détourné pour une période de trois à cinq ans, le temps d’identifier les édifices à la source de la pollution et de faire les travaux correctifs. Mais la directrice des Amis du parc Meadowbrook, Louise Legault craint que cette solution temporaire ne devienne permanente.

« Une fois que c'est détourné à l'égout, c'est invisible. Alors le problème est en quelque sorte réglé et ce n’est certainement pas un incitatif pour le corriger », indique-t-elle.

L’administration Plante dit chercher une solution pour éviter d’avoir à détruire définitivement le ruisseau en le faisant disparaître dans une canalisation, comme le demande la compagnie propriétaire du golf.

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