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Toujours en déficit, le CISSS-AT assure ne pas pouvoir en faire plus

Des membres de l'organisme discutent autour d'une longue table de travail.
Les membres du conseil d'administration du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) Photo: Radio-Canada / Tanya Neveu
Jean-Marc Belzile

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue, le CISSS-AT, n'arrive toujours pas à atteindre l'équilibre budgétaire et demande maintenant l'aide du gouvernement du Québec.

L'organisation a réclamé un rehaussement budgétaire au ministère de la Santé et des services sociaux de l'ordre de 10,6 millions $ annuellement. Le président du conseil d'administration du CISSS-AT, Claude Morin avait d'ailleurs envoyé une lettre à tous les candidats de la région lors de la dernière campagne électorale afin de les sensibiliser à la situation.

Dans cette lettre, Claude Morin est catégorique. Son organisation a tout fait pour diminuer les dépenses, mais il est très difficile de couper davantage sans en ressentir des conséquences.

Il mentionne que sans l'aide du gouvernement, son organisation pourrait présenter un déficit annuel variant entre 17 et 22 millions $.

En 2017-2018, Québec avait d'ailleurs épongé le déficit de 22 millions $ du CISSS-AT.

Je pense que ces chiffres parlent d'eux-mêmes, le conseil d'administration, je pense avec sagesse, croit bien qu'on va obtenir l'aide nécessaire pour y arriver.

Claude Morin croit que le gouvernement doit tenir compte de la situation particulière de la région. Il cite en exemple le fait que le transport des usagers vers les grands centres a coûté plus de 6 millions $ en 2017-2018 alors que le budget du ministère de la Santé et des services sociaux prévoit uniquement 1,4 millions $.

Les frais de formation à l'extérieur de la région, ça représente un demi million, le recrutement quand on va recruter des médecins dans différents domaines, il faut aller dans les universités. Ces universités ne sont pas en région alors ce sont des dépenses, encore là on parle de près d'un demi-million par année. La main-d'oeuvre indépendante qu'on utilise, on souhaite l'utiliser de moins en moins, mais avec la pénurie de main-d'oeuvre qu'on connait en Abitibi-Témiscamingue, il faut utiliser un peu de main-d'oeuvre indépendante alors c'est un montant appréciable, tout ça ça représente environ une dizaine de millions par année.

Dans une réponse écrite, le ministère de la santé et des services sociaux ne semble pas très ouvert à l'idée d'augmenter leur budget. Le ministère a réitéré que des sommes supplémentaires avaient déjà été accordées à l'établissement en avril 2018.

Le ministre responsable de la région, Pierre Dufour, compte tout de même sensibiliser la ministre de la Santé, Danielle McCan, à la situation.

Pierre DufourPierre Dufour Photo : tirée du site web de la CAQ

Avec ce que monsieur Desjardins et monsieur Morin ont fait depuis le début du CISSS, d'essayer de revoir tous les chemins de passage pour maximiser les budgets, je pense qu'il y a un gros travail qui a été fait et on arrive à un point où un moment donné on se dit, on es-tu capable de baisser plus sans affecter les services et ça semblerait que non, donc par rapport à ça, oui il y aurait besoin d'avoir une hausse de budget selon la lettre qui m'a été présentée lors de la campagne.

À lire aussi :Le CISSS-AT a le feu vert pour embaucher autant de médecins de famille qu'il le souhaite 

À la Fédération interprofessionnelle de la santé de l'Abitibi-Témiscamingue, le président, Michaël Bouchard, souhaiterait que le budget soit augmenté, mais il croit que le gouvernement doit s'assurer d'où ira cet argent.

Quand on a pris connaissances de la lettre, on trouvait que c'était beaucoup des éléments au niveau administratif. Je vous donne en exemple, la flotte automobile, la formation des gestionnaires, donc c'est vraiment un aspect administratif où les requêtes ont été motivées, mais on retrouve rien au niveau du personnel.

Le budget du CISSS sera donc à nouveau déficitaire en 2018-2019 à moins que le gouvernement provincial intervienne.

Abitibi–Témiscamingue

Santé