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À la canne blanche : le projet de vie d'un couple non-voyant

Daniel et Maryse Bonin dans leur entreprise de Stukely-Sud. Maryse tient une cane dans ses bras.
Daniel et Maryse Bonin se lancent dans la production d''oeufs de cane. Photo: Radio-Canada / Guylaine Charette
Radio-Canada

Ils ne voient pas, mais leur handicap est loin d'être un frein. Daniel Bonin et Maryse Sauvé se lancent dans la production d'oeufs de cane à Stukely-Sud. L'entreprise baptisée À la canne blanche, jeu de mots volontaire, en dit long sur la détermination des deux entrepreneurs.

Daniel et Maryse, atteint de maladies oculaires dégénératives, ont progressivement perdu la vue à partir de l'âge de 20 ans. Ces jours-ci, ils complètent le futur abri de 3600 pieds carrés où 660 canes pondeuses de race coureur indien trouveront refuge. Il va y avoir 22 enclos, 30 oiseaux par enclos. Pour nous, c'est plus facile : petit enclos, petit espace, on se perd pas, lance Daniel Boivin.

La toute première cane que le couple a eue était de couleur blanche. Le nom de l'entreprise allait de soi.

C'est notre handicap, on a chacun une canne blanche. On trouvait le lien tellement drôle. On aime bien ça mettre de l'humour dans tout ce qu'on fait.

Daniel Boivin, cofondateur, À la canne blanche

Pour réaliser son projet, le couple a dû convaincre le ministère de l'Agriculture et des prêteurs. On a vraiment défriché le chemin. Mes recherches pour le plan d'affaires, je les ai faites sur le côté de la France parce qu'ils en ont plus qu'ici, explique Maryse Sauvé.

Jocelyn Sadorge se joint au duo dans cette aventure. Lorsque les premiers oiseaux sont arrivés, le jeune menuisier a rapidement vu une belle occasion d'affaires. Quand ils m'ont parlé de bâtir un bâtiment comme celui-là, ça me tentait en tabarouette!, se souvient-il.

Maryse et Daniel Bonin accompagnés de Jocelyn Sadorge, leur futur associé.  Les deux fondateurs de À la canne Blanche Maryse et Daniel Bonin accompagnés de et leur futur associé Jocelyn Sadorge. Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Daniel et Maryse sont des inspirations incroyables! Quand j'ai connu Daniel, il était en rain de poser du gyproc pendant que je posais ses escaliers. Je n'avais jamais vu une personne aveugle travailler de ses mains. Le voir aller je me disais, il n'y a rien qui l'arrête cet homme-là.

Jocelyn Sadorge, futur associé, À la canne blanche

Pour les personnes non voyantes, l'employabilité demeure un défi de taille. Bien que Daniel ait étudié en droit et que Maryse ait une formation en massothérapie, ils n'arrivaient pas à trouver du travail dans leur domaine. Ensemble, ils ont décidé de se créer leur emploi de rêve.

On n'est pas plus courageux que quelqu'un d'autre, c'est juste qu'on veut. On est tannés d'attendre à la maison d'avoir un chèque d'aide sociale. On veut gagner notre vie, on veut s'accomplir. On veut remplir nos semaines, nos journées, être fatigués pour quelque chose le soir. Ça part juste de ça, simple comme ça!

Maryse Bonin, cofondatrice, À la canne blanche

Dès le printemps 2019, les oeufs de cane seront vendus dans certains marchés publics. Des épiceries sont aussi intéressées. On a déjà des lettres d'entente avec Épicia qui sont les Végétariens à Sherbrooke et le Jardin du Mont à Granby pour l'été 2019. Mais au printemps, on sera dans les marchés fermiers. On va aller présenter notre histoire. C'est pas seulement un oeuf, il y a tellement une belle histoire derrière ça, renchérit Daniel Bonin.

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