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Le gouvernement du Manitoba réclame l'abandon d'une poursuite de 50 millions de dollars

Des femmes à côté de lits dans une photo noir et blanc.
Des employés dans un dortoir du Centre de développement du Manitoba. Photo: Archives du Manitoba
Radio-Canada

Le gouvernement du Manitoba réclame l'abandon d'une poursuite de 50 millions de dollars déposée contre lui par une victime présumée alléguant que de nombreux sévices auraient été perpétrés au Centre de développement du Manitoba (CDM), un institut psychiatrique de la province à Portage-la-Prairie.

Attention : Cet article contient des détails qui pourraient déranger certains lecteurs.

Dans le document de la défense, déposée le 8 février, le gouvernement du Manitoba a déclaré qu'il incombait à David Weremy, le plaignant âgé de 74 ans, de prouver les allégations formulées dans la poursuite.

« Les activités du CDM ont toujours été raisonnables et appropriées, affirme le gouvernement dans sa réponse. Les compétences, la formation et la supervision du personnel du CDM étaient conformes aux normes. »

Dans une déclaration sous serment formulée en décembre, M. Weremy décrit plusieurs mauvais traitements. Selon lui, des patients auraient été violés par d’autres résidents.

M. Weremy affirme par ailleurs que des patients ont été obligés de se déshabiller à titre de punition, tandis que d’autres ont été placés en isolement ou privés de nourriture.

Les allégations remontant à plus de 40 ans, la province dit que cela rend difficile la défense ou la confirmation de ces allégations en raison de la détérioration des preuves.

Plus de résidents se manifestent

Depuis que David Weremy a fait sa déclaration sous serment, quatre personnes en ont déposé d'autres, parlant de cas similaires.

Aucune de ces allégations n'a été prouvée devant les tribunaux.

Deux femmes qui ont fréquenté le Centre de développement du Manitoba dans les années 1960 et 1970 quand elles étaient jeunes racontent des histoires similaires.

Avril Chartrand, âgée de 63 ans, a été envoyée au CDM en 1966, alors qu'elle avait 10 ans. Elle se souvient qu'on l'a déshabillée et laissée dans une pièce sans matelas comme punition pour avoir tenté de s'enfuir.

« J'étais parfois obligée de rester dans cette chambre plusieurs semaines de suite, raconte-t-elle dans sa déclaration sous serment. Dans cette pièce, j'étais nue, et les membres du personnel m'obligeaient à me tenir debout, les bras au-dessus de la tête. Si je baissais les bras, ils me fouetteraient avec une corde. »

On m'a volé mon enfance et mon innocence.

Avril Chartrand

Margaret Goudreau, une autre femme qui a fait une déclaration sous serment, dit avoir été agressée sexuellement par le personnel du Centre de développement du Manitoba. Elle affirme avoir été violée par un médecin.

« Le personnel me disait que personne ne me croirait. Je me sentais impuissante », renchérit-elle. Elle aussi dit avoir été placée en isolement nue.

Le gouvernement du Manitoba rejette catégoriquement l'affirmation selon laquelle des résidents du CDM auraient été placés en isolement à titre de punition.

« Dans certains cas, un résident peut avoir été placé dans une pièce séparée pour assurer la sécurité de ce résident et d'autres personnes du centre », indique la défense du gouvernement.

Un vieux bâtiment sur une photo noir et blanc.Ouvert en 1890, le Centre de développement du Manitoba a porté plusieurs noms depuis sa création. Photo : Archives du Manitoba

Thomas Saunders, la seule personne de sexe masculin à avoir signé une déclaration sous serment, affirme que tout le monde au CDM était maltraité.

Dans les années 1960 et 1970, le centre accueillait des enfants âgés de 6 ans. L'institut est toujours en activité à Portage-la-Prairie. Cette année, le CDM compte environ 160 résidents, selon la province. Les résidents ont entre 18 et 86 ans.

Manitoba

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